Réformes éducatives : le ministre Dingara fait le point avec les acteurs du Guiriko

Le ministre Jacques Sosthène Dingara (droite) a échangé avec les acteurs de l’éducation du Guiriko sur la mise en œuvre des réformes éducatives.

Le ministre de l’Enseignement de base, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales, Jacques Sosthène Dingara, a échangé, le mardi 27 octobre 2026 à Bobo-Dioulasso, avec les acteurs de l’éducation de la région du Guiriko sur la mise en œuvre des réformes éducatives. La généralisation de l’enseignement bilingue, l’inclusion scolaire, la décolonisation des savoirs et la réglementation des frais de scolarité ont été au centre des discussions.

Le Ministère de l’Enseignement de base, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales (MEBAPLN) a engagé une tournée de suivi de la mise en œuvre des réformes éducatives dans les régions du Guiriko, du Bankuy et du Nando, du 27 au 29 octobre 2026. La première étape de cette mission s’est tenue, le mardi 27 octobre à Bobo-Dioulasso, en présence du ministre, Jacques Sosthène Dingara et des acteurs de l’éducation du Guiriko. Cette rencontre a permis de faire le point sur les réformes engagées, d’apprécier leur application sur le terrain et de recueillir les préoccupations des différents intervenants du système éducatif. Elle s’inscrit dans la volonté des autorités de renforcer l’ancrage endogène de l’éducation burkinabè et d’améliorer la qualité des apprentissages.

Pour le ministre, cette concertation constitue un cadre d’échanges avec les acteurs de terrain afin d’identifier les acquis, les difficultés et les ajustements nécessaires à une mise en œuvre efficace des réformes au cours de l’année scolaire 2026-2027. « Depuis deux à trois ans, un certain nombre de réformes ont été entreprises au niveau du système éducatif. Cette année, nous avons quatre réformes
majeures », a-t-il indiqué. A l’en croire, la première réforme concerne la généralisation de l’enseignement bilingue. Selon le ministre, les élèves de première année du Cours préparatoire (CP1) commencent désormais leurs apprentissages en lecture et en écriture dans leur langue maternelle. « Cette orientation vise à rapprocher l’école de l’environnement linguistique et culturel des apprenants afin de favoriser l’acquisition des connaissances dès les premières années de scolarisation », a-t-il indiqué.

Garantir l’accès à l’éducation à tous les enfants

La deuxième réforme porte sur l’inclusion scolaire. L’objectif est de garantir l’accès à l’éducation à tous les enfants, y compris ceux à besoins spécifiques. Le ministre a précisé que le dispositif envisagé prévoit une offre d’apprentissage du braille dans au moins une structure par région et de la langue des signes dans au moins une structure par province. Cette démarche traduit, selon lui, la volonté de ne laisser aucun enfant en marge du système éducatif.

La décolonisation des savoirs constitue le troisième chantier présenté au cours de la rencontre. Elle vise à adapter davantage les contenus pédagogiques aux réalités socioculturelles du Burkina Faso. Dans cette perspective, des programmes et des fiches pédagogiques ont été révisés pour mieux valoriser les pratiques, les connaissances et les références culturelles nationales. Le quatrième chantier concerne la réglementation des frais de scolarité. Alors que sa mise en œuvre entre dans sa première année, le département de l’éducation entend examiner les pratiques sur le terrain, relever les éventuelles dérives et apporter les mesures correctives nécessaires. « Il s’agissait pour nous aussi de voir comment cela se comporte. Quelles sont les leçons à tirer, comment davantage recadrer rapidement ce qui est considéré comme dérive », a expliqué le ministre.

Selon le directeur régional de l’Enseignement de base, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales du Guiriko, Soilliou Karantao, cette rencontre vise à favoriser une meilleure appropriation des orientations ministérielles par les différents acteurs de l’éducation. A l’entendre, les échanges ont réuni notamment des encadreurs pédagogiques, des directeurs d’école, des enseignants ainsi que des responsables des structures déconcentrées et nationales. « Cette rencontre doit permettre de recueillir les difficultés rencontrées dans l’application des mesures, afin d’apporter les ajustements nécessaires et d’améliorer leur efficacité », a-t-il laissé entendre. Le ministre a appelé ces acteurs à harmoniser leurs pratiques et à s’impliquer pleinement dans la mise en œuvre des réformes. Pour lui, leur engagement est déterminant pour traduire les orientations nationales en résultats concrets dans les établissements scolaires.

Noufou NEBIE

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