Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré a reçu le vendredi 4 janvier 2019 à Kossyam le rapport  de l’audit n-1 de la gestion 2017, celui du contrôle de 2016 et le rapport annuel d’activités 2017 de l’Autorité supérieur de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE-LC). Il ressort de ces documents que les indicateurs de bonne gouvernance des deniers publics sont en chute.

 Alors que  les indicateurs de bonne gouvernance des deniers publics avaient  connu une nette amélioration entre 2015 et 2016, ils ont baissé en 2017. Ce constat est le résultat de l’analyse comparée des rapports de l’audit n-1 de la gestion 2017,  du contrôle de 2016 et le rapport annuel d’activités 2017 de l’Autorité supérieur de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE-LC).

Dans ces trois documents remis au Président du Faso le vendredi 4 janvier 2019 au palais de Kossyam, il ressort que les montants cumulés des détournements et manquants de caisse, des dépenses sans pièces justificatives et autres malversations sont passés de plus de 31 milliards en 2015 à 7,6 milliards en 2016 et ont grimpé à plus de 10 milliards de F CFA en 2017. 

Pour cette dernière année, l’audit de gestion du gouvernement a permis de mettre à nu des faiblesses dans les  dispositifs  de gestion de la commande publique, des comptes de dépôts, des régies d’avance et du carburant et lubrifiants de même que des irrégularités récurrentes. Cette situation est jugée préoccupante par l’ASCE-LC car « ce laisser-aller à l’inobservance des règles de gestion est la traduction du sentiment, au sein de l’administration que les pratiques de corruption ne sont pas des opérations à risque du fait du manque de sanctions dissuasives et de l’impunité ambiante ». De ce fait, le contrôleur général d’Etat, Luc Marius Ibriga a relevé  que les sanctions et la lutte contre l’impunité doivent se faire  avec rigueur et énergie. Pour se faire, il a soutenu que les conseils de discipline au niveau des administrations et des ministères doivent être opérationnalisés pour rendre opérant le processus de sanctions.

Mettre en œuvre les recommandations

 «  Nous avons également insisté auprès du chef de l’Etat sur la nécessité d’élaborer des manuels de procédures pour encadrer et sous-tendre l’action de l’administration. En effet, leur absence  laisse la porte ouverte à une gestion informelle », a-t-il souligné. En outre, il a indiqué que son institution a fait savoir  au Président du Faso,  la nécessité de mettre en œuvre les recommandations des rapports. «  Nous avons donc proposé qu’il y ait une rencontre semestrielle entre l’ASCE-LC et le gouvernement pour faire l’État de mise en œuvre des recommandations », a-t-il plaidé.

Cela demande à son avis un réarmement éthique de tout un chacun par ce qu’en cette période de crise et d’insécurité,  la lutte contre la corruption doit être redoublée vue que   la corruption et l’insécurité vont de pair. «  Les facilités que l’on donne aux uns et aux autres sont le lit de l’insécurité. Lorsqu’une voiture n’est pas contrôlée ou qu’un marché est mal exécuté, cela peut conduire à la mort de nos forces de défense et de sécurité ou de nos populations. Nous devons donc renforcer la bataille contre la corruption pour permettre au Burkina Faso  d’avoir les ressources nécessaires pour faire face aux défis qui lui sont posés », a-t-il développé. Mais en attendant, l’ASCE-LC a recommandé au gouvernement de privilégier la mise en concurrence pour plus de transparence et de gains socio-économiques dans la commande publique, réduire le nombre de comptes de dépôts de fonds par structure et encadrer leur utilisation, élaborer une procédure plus adéquate pour la réception des services de restauration et de pause-café.

                                                                  Eliane SOME

elianesome4@gmail.com

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.