L’ambassade du Japon au Burkina Faso a organisé du 12 au 14 février 2019 une caravane de presse dans les provinces du Kadiogo et du Houet. Cette tournée a permis de présenter aux hommes de médias les réalisations faites dans le cadre de la coopération entre les deux pays dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’agriculture et des infrastructures.

Le Burkina Faso et le Japon entretiennent des relations bilatérales depuis plusieurs décennies. Pour témoigner de la qualité de ces relations, l’ambassade du Japon au Burkina Faso en collaboration avec l’Agence japonaise de la coopération internationale (JICA) a organisé une caravane de presse du 12 au 14 février 2019 dans les provinces du Kadiogo et du Houet. Cette tournée a permis aux hommes de medias de constater de visu les réalisations dans plusieurs domaines tels que l’éducation, la santé, l’agriculture et les infrastructures et d’être renseignés sur l’expertise nippone au pays des Hommes intègres. Pour l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Japon au Burkina, Tamotsu Ikezaki, son pays a investi au Burkina Faso près de 438 milliards F CFA dans l’agriculture, l’éducation, la santé, l’eau potable et les infrastructures entre 1979 et 2018. Toute chose qui a permis, a-t-il souligné, de réaliser 1410 salles de classe, 48 Centres de santé et de promotion sociale (CSPS), 1131 forages et un château d’eau. Au titre de la coopération technique, le diplomate nippon a indiqué que 428 experts et 400 volontaires japonais ont séjourné au Burkina Faso contre 1289 stagiaires burkinabè au Japon.

Une infrastructure scolaire moderne

Actuellement 18 volontaires japonais interviennent au pays des Hommes intègres dans les domaines tels que le sport, l’environnement et l’éducation préscolaire et primaire, a précisé le chargé de programme du service des volontaires de la coopération japonaise, Adiza Traoré. Dans ce dernier secteur, le collège d’enseignement de Tangzougou au quartier Koulouba de Ouagadougou fait partie des heureux bénéficiaires de la coopération japonaise. Cet établissement fonctionnel depuis 2014 mais dans des conditions difficiles, à entendre son directeur, Souleymane Ouédraogo, présente aujourd’hui un nouveau visage. L’école dispose désormais d’un bloc à niveau de huit nouvelles salles de classe, d’un bâtiment administratif, des toilettes adaptées, d’un réfectoire et d’une cuisine, le tout équipé et électrifié grâce à la coopération japonaise. « Avant, nous disposions de 6 salles de classe vétustes et mal éclairées.

Aujourd’hui, à la faveur du projet de construction d’infrastructures en appui au postprimaire, les conditions ont beaucoup évolué. Les élèves et les enseignants travaillent maintenant dans un climat serein et sécurisé », s’est-il réjoui. Le responsable suivi-évaluation du projet, Alphonse Zerné, a témoigné, pour sa part, sa gratitude aux donateurs pour la qualité du joyau qui a coûté 178 millions F CFA. «Tous les éléments ayant servi à la construction ont fait l’objet d’un contrôle. Il y a un bureau d’études japonais qui a assuré la conception détaillée de l’infrastructure et les stratégies de suivi-évaluation sur le terrain », a-t-il soutenu. A ce propos, M. Zerné a indiqué qu’un guide a été élaboré à l’intention des élèves et des enseignants pour une meilleure utilisation des équipements et de l’infrastructure scolaire.

Un soulagement

Au niveau de la santé, les habitants du village de Bona (province du Houet) qui jadis, parcouraient plus d’une dizaine de kilomètres pour des soins ont vu leur peine soulagée. Ils disposent, en effet, depuis octobre 2014, d’un CSPS constitué d’un dispensaire, d’une maternité, d’un dépôt pharmaceutique, de deux logements et d’une latrine-douche à quatre postes. Financé par le fonds d’appui aux projets locaux de l’ambassade du Japon avec, comme porteur de projet, l’Association pour des petits projets africains (APPA), le centre sanitaire reçoit en moyenne 15 à 20 patients par jour, selon l’Infirmier-chef de poste (ICP), Philipe Somé. Un soulagement pour la présidente de l’APPA, Odile Sawadogo qui a, à l’occasion, loué les efforts du Pays du soleil levant et des partenaires qui ont contribué à équiper le centre. A son avis, ce sont plus de 50 millions F CFA que le bailleur a consenti pour la réalisation de l’infrastructure.
Dans le domaine de l’agriculture, le Japon marque aussi sa présence au pays des Hommes intègres par une coopération scientifique et technique. Dans le cadre du projet pour la mise en place d’un modèle des cultures par l’utilisation du phosphate naturel du Burkina, une équipe de chercheurs de l’Institut national de l’environnement et de la recherche agricole (INERA) de Farako-ba, situé à quelques jets de pierre de Bobo-Dioulasso travaillent en tandem avec leurs collègues du Centre international japonais de recherche en sciences agricoles (JIRCAS) et de l’Université de Tokyo.

De l’engrais made
in Burkina

Selon le coordonnateur du projet, Dr Souleymane Ouédraogo, plusieurs activités sont prévues et organisées en quatre thématiques. Il s’agit de la traite de la solubilisation de Burkina-phosphate pour son utilisation en qualité d’engrais, des travaux de recherche pour la conception de formules d’engrais pour les différentes cultures qui utilisent le Burkina-phosphate et les activités de solubilisation de cette matière par d’autres voies biologiques autres que celles chimiques. La dernière thématique s’intéressera aux évaluations économiques pour la vulgarisation des fruits des recherches d’ici à la fin du projet en 2022. Outre la diplomatie scientifique, le Japon entretient une coopération technique avec son partenaire burkinabè dans le domaine de la production du sésame. A cet effet, un Projet de renforcement de la production du sésame au Burkina Faso (PRPS-BF) a été ficelé par les deux parties.

Le Projet trouve sa justification par le fait que cette denrée est le 3e produit d’exportation pour le Burkina Faso. De plus, au Japon, plus de 99% du sésame consommé est importé. Et pour le directeur régional de l’agriculture des Hauts-Bassins, Julien Ouédraogo, le Burkina Faso qui était le 3e fournisseur du Japon en sésame après le Nigéria et la Tanzanie est en passe de ravir la vedette à ses concurrents. « Sur les 145 000 tonnes que notre pays importe, le Burkina s’en tire avec le gros lot soit 45 000 tonnes. Cette performance est due en partie au Projet qui a pour objectif d’accroître la productivité du sésame dans les zones cibles », a renchéri le chef du PRPS-BF, M. Nakagaki.

Le « Do-noh » qui amoindrit les accidents

A l’entendre, le projet qui a débuté en 2014 forme des producteurs semenciers à la culture de la variété S42 et appuie la filière récolte en familiarisant les acteurs aux techniques de marketing. Le projet ambitionne également de mettre au point de nouvelles variétés à haut rendement. L’écoulement du sésame, tout comme les autres produits agricoles, nécessite des voies d’accès adéquates. Le Japon a pris en compte cette donne. Le pays s’est investi dans l’aménagement des voies en milieu rural à travers la technique « Do-noh » qui utilise des sacs de terres pour aménager les routes dégradées dans les endroits marécageux ou des pistes en terre rouge.

A cet effet, l’ambassade a alloué une aide financière non-remboursable de plus de 330 millions F CFA à l’ONG CORE Burkina pour la mise en œuvre du projet. Le projet qui est à son terme, a permis, selon le représentant de CORE Burkina, Mohamed Gnanou, d’aménager environ 8 km de routes dans les provinces du Houet et de la Comoé, d’associer plus de 21 000 personnes aux travaux de réalisations, de former 27 personnes, leaders membres de l’association « Anka Baara Kè » à la technique « Do-noh ». En sus de cette technique, l’ONG s’est attaquée aux zones inaccessibles comme les falaises en construisant des routes en béton ou en pierre avec l’aide des populations à l’image de celle du village de Mê. Cette nouvelle infrastructure a considérablement réduit les accidents et augmenté le trafic routier sur l’axe si bien que le comité de gestion de l’ouvrage envisage d’entreprendre des démarches auprès des autorités compétentes pour la collecte des taxes pour son entretien.

Abdoulaye BALBONE

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