Les deux parents d’élèves qui ont agressé des enseignants de l’école primaire publique de Farakan de la Circonscription d’éducation de base (CEB) Bobo I, ont été jugés, le mardi 19 février 2019 à Bobo-Dioulasso. Au terme du procès, seul le père de l’enfant a été finalement reconnu coupable de faits d’agression. Il a ainsi été condamné à 3 ans de prison ferme, avec une amende de 500 000 F CFA et le remboursement des frais médicaux qui s’élèvent à 50 000 F. Certes, le verdict ne semble pas être du goût de la coordination régionale des syndicats d’enseignants des Hauts-Bassins, mais dans ce cas précis, la justice est à saluer à plus d’un titre.

D’abord, pour la célérité avec laquelle le dossier a été instruit et jugé. En effet, pour un incident qui s’est produit le 22 janvier dernier, boucler l’instruction et procéder au jugement en moins d’un mois, méritent qu’on tire le chapeau aux hommes en toge. Parce que généralement, le reproche fait à la justice est sa lenteur légendaire connue dans la conduite et l’aboutissement des dossiers. Il est évident que les dossiers n’ont pas les mêmes «tailles», mais le jugement rapide de celui de l’agression des enseignants de l’école de Farakan, permettra de donner un nouveau signal aux Burkinabè, pour signifier que la justice a pris un tournant définitif, espérons-le, dans sa manière de faire. Il convient également que les autres juridictions concernées, notamment celle de Ouagadougou, pour le parent d’élève qui a menacé un enseignant avec une machette, passe à la vitesse supérieure pour évacuer le dossier.

Ensuite, la condamnation de ce parent d’élève à trois ans de prison ferme et une amende de 500 000 F CFA, est un signal suffisamment fort pour dissuader les Burkinabè qui, de plus en plus, mus par l’incivisme criant, seront dorénavant tentés de se rendre justice eux-mêmes. Tous les autres parents d’élèves et élèves qui ont essayé cette aventure en portant la main sur les enseignants doivent donc subir le même sort pour que la leçon soit assimilée pour de bon.

Sinon, à cette allure, l’école, censée être un temple de transmission de savoir, de savoir-être et de savoir-faire risque de se transformer en prison civile pour ceux qui devaient pourtant être vénérés comme des dieux. Autrefois craints au sens propre comme au figuré du terme, les enseignants sont devenus aujourd’hui la risée de parents et d’élèves qui leur manquent le minimum de respect et à la considération pourtant indispensables pour créer un climat favorable de transmission du savoir. Pour des élèves plus «connaisseurs» et matériellement plus nantis qui ne vouent aucune considération à leurs enseignants, l’évidence est établie que l’apprentissage prend un coup.

De façon plus globale, les acteurs du système éducatif doivent s’asseoir autour de la même table pour redonner à l’école et à l’enseignant, leur lustre d’antan. Chacun doit connaître sa place, mais surtout jouer son rôle. Autant l’enseignant doit travailler à soigner son image très dégradée (reconnaissons-le) dans la société, autant les élèves ont cette obligation de lui rendre respect et soumission. Les parents, quant à eux, à défaut d’accompagner l’enseignant qui contribue énormément à forger l’avenir de leur progéniture, doivent éviter de contribuer de leur compliquer la tâche. Car c’est l’avenir de toute une nation qui est en jeu et cela mérite qu’on y prête attention. Il n’est jamais tard pour redresser la pente.

Jean-Marie TOE

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