Systèmes pénitentiaires en Afrique : Réflexions pour une humanisation des prisons

Le ministre de la Justice, René Bagoro : « Nous espérons que le personnel GSP reprendra le service de sorte que le mouvement d’humeur des avocats, n’ait plus de raison d’être ».

Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Bessolé René Bagoro, a présidé la cérémonie d’ouverture de la 5e conférence biennale de l’Association des services correctionnels d’Afrique (en anglais ACSA), le lundi 27 mai 2019 à Ouagadougou. Les travaux se déroulent jusqu’au 31 mai.

A l’heure où la chaîne pénale burkinabè «négocie» une sortie de crise, Ouagadougou abrite, du lundi 27 au vendredi 31 mai 2019, la 5e conférence biennale de l’Association des services correctionnels d’Afrique (ACSA).

Représentant le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, à la cérémonie d’ouverture de l’atelier, le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, René Bagoro, a traduit tout l’honneur du Burkina d’être le premier pays francophone à organiser une telle rencontre. Placée sous le thème :  «Approfondir les réformes dans les administrations pénitentiaires : un objectif important», la conférence est le lieu d’échanges entre acteurs étatiques, intervenants pénitentiaires, experts nationaux et internationaux ainsi que les acteurs de la société civile intéressés par les questions de détention.

Notant la pertinence du thème, René Bagoro a relevé la nécessité pour les systèmes pénitentiaires d’opérer continuellement des réformes pour s’adapter aux nouveaux défis, notamment institutionnels, normatifs, sécuritaires ainsi que ceux liés au respect des droits de la personne détenue. «En ce qui concerne le Burkina Faso, la Politique sectorielle justice et droits humains 2018-2027 se fixe pour, entre autres objectifs stratégiques, de contribuer à assurer la sécurité publique tout en favorisant la réinsertion sociale des détenus aux fins de l’humanisation des conditions de détention, le renforcement de la réinsertion sociale des détenus et l’amélioration de la gestion de l’administration pénitentiaire», a laissé entendre le ministre de la Justice.

Durant cinq jours, les acteurs étatiques, intervenants pénitentiaires et experts nationaux
et internationaux discuteront des réformes à apporter aux systèmes pénitentiaires en Afrique.

René Bagoro a, en outre, fait remarquer que la problématique liée aux prisons est transversale et qu’à cet égard, il convient de jeter un regard analytique sur tous les compartiments de la société. «Réfléchir à la prison, c’est voir du côté de la santé, de l’alimentation, du logement, de l’éducation, de l’emploi», a-t-il dit.

Le Garde des Sceaux a, par ailleurs, admis que la surpopulation carcérale constitue un défi majeur des systèmes pénitenciers africains. A l’entendre, le Burkina Faso fait des efforts pour élargir les capacités d’accueil de ses centres de détention, avec actuellement 29 maisons d’arrêt et de correction et deux autres en chantier. «Le pays envisage également de développer des peines alternatives pour que l’emprisonnement ne soit pas systématique, ainsi que des activités d’humanisation», a soutenu le ministre pour qui l’insuffisance des moyens empêche la résolution des problèmes d’un trait.

C’est d’ailleurs dans ce sens que les réflexions de cette 5e conférence, notamment les échanges d’expériences, seront très utiles, selon lui, pour envisager des approches nouvelles. De l’avis du directeur général de l’administration pénitentiaire, Eloi Guigma, l’objectif ultime de l’ACSA est de promouvoir le rôle des prisons et des systèmes correctionnels en Afrique pour apporter le plus d’humanité possible aux lieux de détention et préserver les droits des détenus.

En somme, faire des prisons des lieux de socialisation et non de destruction des vies humaines. Le président de l’ACSA, le Mozambicain Jérémias Armando Cumbe et l’officier principal de l’association, Francis Omane Addo ont, chacun, loué l’hospitalité et la capacité d’organisation du Burkina Faso. Le président a rappelé que l’ACSA est une organisation inter gouvernementale de promotion des systèmes pénitentiaires à travers des réformes stratégiques, avec comme principal enjeu, l’érection de justices véritablement correctionnelles. L’association des services correctionnels d’Afrique a été créée en 2008 en Zambie et compte aujourd’hui 30 membres. Le Burkina Faso y a adhéré en 2014.

Fabé Mamadou OUATTARA

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