Résilience à l’insécurité alimentaire: Des journalistes pour relayer les bonnes pratiques

Le secrétaire exécutif du CILSS, Dr Djimé Adoum (milieu) : « Ce programme va mettre fin à l’insécurité alimentaire ».

Le Comité permanent inter-états de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) a organisé, du 26 au 20 juin 2019 à Ouagadougou, un atelier d’informations, de sensibilisation et de formation sur les activités du Programme de renforcement de la résilience à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel (P2RS) au profit de son réseau des professionnels de médias.

Quinze journalistes issus du Burkina Faso, de la Gambie, du Mali, de la Mauritanie, du Niger, du Sénégal et du Tchad se sont familiarisés, entre autres, avec les activités, les résultats et les défis du Programme de renforcement de la résilience à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel (P2RS) piloté par le Comité permanent inter-états de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS).

C’était au cours d’un atelier d’informations, de sensibilisation et de formation tenu, du 26 au 30 juin 2019 à Ouagadougou. Au cours de la rencontre, plusieurs thèmes ont été abordés. Il s’agit du développement des infrastructures rurales, des chaînes de valeur et des marchés régionaux, de la politique- genre du CILSS. Selon l’expert en suivi-évaluation du P2RS, Adamou Hinsa, par ailleurs, représentant du coordonnateur régional, cette formation est axée sur les hommes de médias parce qu’ils sont les relais de la mise en œuvre des différentes activités du programme.

Il a indiqué que plusieurs réalisations ont été faites par le P2RS. «Il s’agit notamment de la réalisation de 37 barrages dans les différents pays, de l’aménagement de plus de 2000 ha. En outre, plus de 3 000 foyers améliorés ont été distribués aux ménages pour éviter la déforestation», a-t-il noté. Il a fait savoir que le P2RS a prévu un dispositif d’alerte des risques d’inondations dans les pays car ils font face à des inondations qui engendrent des pertes en vies humaines et la destruction des moyens d’existence des ménages affectés.

Les journalistes et acteurs du programme

En sus, un Système d’information 2e génération (SIM2G) qui va révolutionner le marché régional est en train d’être mis en place au Burkina Faso. A ses dires, avec les options inter vocales de système, l’on peut accéder à des informations sur les bonnes pratiques résilientes, la production fourragère et animale, les prix, de même que le stock. «Il permettra de connaître dans quelle zone, il peut y avoir des déficits fourragers, agricoles pour orienter le commerce régional et la transhumance dans la région », a-t-il indiqué.

Pour le secrétaire exécutif du CILSS, Dr Djimé Adoum, la SIM2G sera «édifiante», et doit inspirer les autres pays du Sahel. Des bassins de collecte des eaux de ruissellement De son avis, il faut une politique libérale pour une bonne production, commercialisation et transformation des produits locaux. Il a dit attendre des professionnels de médias, une meilleure appropriation du programme. «Nos défis sont énormes, il faut l’apport de tous», a déclaré Dr Djimé.

A l’issue de la formation, une visite de terrain a été organisée dans la région du Plateau central. Ainsi, une halte a été faite à Laongo, village situé à une vingtaine de kilomètres de Ouagadougou, où des Bassins de collecte des eaux de ruissellement (BCER), ont été aménagés au profit des producteurs. Pour l’expert en développement rural du P2RS Burkina Faso, Marcel Da, les BCER font partie des activités d’appui aux productions végétales et animales. «Il s’agit d’un ouvrage de collecte d’eau de pluies pour compléter l’irrigation en cas de survenue de poches de sécheresse.

Il permettra aux producteurs-bénéficiaires de pratiquer le maraîchage», a-t-il affirmé. Mouni Tapsoba, un bénéficiaire du BCER, a confié que le bassin améliore sa production. «J’ai pu faire du maraîchage et j’ai eu environ 100 000 F CFA dans la production du gombo», a-t-il dit. Le cap a été ensuite mis sur le village de Torodo dans la commune de Zorgho.

Là, un barrage hydraulique de 400 000 m3 est en construction avec un aménagement agricole de 5 ha dédié essentiellement à la production maraîchère pour des groupements de femmes. Ce projet d’un coût d’environ un milliard 500 millions F CFA, va servir cinq autres villages. Toujours à Torodo, une plateforme multifonctionnelle a été réalisée.

Aussi, des femmes sont sensibilisées aux bonnes pratiques nutritionnelles afin d’éviter des cas de malnutrition. A ce niveau, l’expert en genre du P2RS, Lydia Zansé/Tapsoba, a souligné que des Groupes d’appui et de soutien aux pratiques de l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant (GASPA) ont été créés. Lancé en 2016, le P2RS a pour objectif de contribuer à réduire la pauvreté et améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel.

Financé par la Banque africaine de développement (BAD) et les pays- membres sous la coordination du CILSS, sa stratégie de développement de la résilience est axée sur le développement du pastoralisme, de l’irrigation et des marchés régionaux d’intrants et de produits agricoles.

Mariam SOMDA

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