Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a reçu le mardi 9 juillet 2019 au palais de Kosyam, la haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Frederica Mogherini. A l’issue de son tête-à-tête, elle animé un point de presse sur la séance de travail qu’elle a eue auparavant avec les ministres des Affaires étrangères des pays membres du G5 Sahel.

En séjour au Burkina Faso dans le cadre de la 5e réunion ministérielle entre l’Union européenne et les ministres des Affaires étrangères du G5 Sahel, la haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Frederica Mogherini, a eu hier mardi 9 juillet 2019, dans la soirée un entretien avec le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, au palais de Kosyam. Rien n’a filtré des échanges d’une trentaine de minutes qu’elle a eus avec le chef de l’Etat. Néanmoins, l’émissaire européenne a co-animé avec le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Alpha Barry, un point de presse sur la rencontre avec les représentants du G5 Sahel. Le ministre Barry a salué la tenue de la rencontre de Ouagadougou. “Elle traduit la volonté de l’Union européenne et du G5 Sahel de renforcer leur partenariat, après la réunion conjointe des ministres des Affaires étrangères et de la Défense des deux espaces, le 14 mai 2019 à Bruxelles”, a-t-il indiqué. Selon le chef de la diplomatie burkinabè, des décisions importantes sont sorties des échanges devant contribuer à l’amélioration de la situation sécuritaire dans le Sahel. Il ressort du communiqué final que les deux parties ont réaffirmé leur détermination à œuvrer pour l’opérationnalisation de la Force conjointe, y compris sa composante police, et la mise en œuvre du cadre de conformité des droits de l’Homme et du droit international humanitaire. A écouter M. Barry, cela devrait passer par une meilleure coordination entre la Force conjointe, les forces de défense et de sécurité nationales de chaque pays et les partenaires internationaux. La question des groupes d’autodéfense a refait surface dans les discussions. “Considérant que la lutte contre les exactions commises par les groupes d’autodéfense est une condition primordiale pour prévenir l’escalade de la violence, les deux parties ont souligné l’urgence de procéder au démantèlement des milices dans le cadre d’un processus de réforme du secteur de sécurité et de programmes de réduction de la violence communautaire”, précise le communiqué. La haute représentante de l’UE, a réaffirmé la disponibilité de l’Europe à accompagner le G5 Sahel. “Dans ce contexte de dégradation significative de la situation sécuritaire, c’est un devoir pour l’UE de soutenir les pays du Sahel dans la mesure où les conséquences de l’insécurité n’épargneront pas l’Europe”, a-t-elle fait savoir. Pour Mme Mogherini qui quittera ses fonctions d’ici à la fin de cette année, il faut impérativement rétablir la confiance avec les populations qui subissent quotidiennement les conséquences des actes terroristes et autres difficultés liées au manque des services sociaux de base. Selon la vice-présidente de l’UE, plus de quatre milliards d’euros ont été investis dans la région du Sahel durant ces quatre dernières années et des efforts supplémentaires devront être déployés par les partenaires afin d’aider à relever les défis auxquels les pays sont confrontés. D’ores et déjà, la représentante de l’Union européenne a annoncé une enveloppe de 138 millions d’euros (environ 90 milliards F CFA) comme appui supplémentaire pour la Force conjointe, notamment dans sa composante police. Cependant, Frederica Mogherini a relevé qu’il appartient aux pays du G5 Sahel d’organiser leur propre sécurité. L’UE s’est, en outre, engagée à soutenir toutes les initiatives en faveur du dialogue politique et de la réconciliation dans l’espace G5 Sahel, a confié Mme Mogherini.

Beyon Romain NEBIE
nbeyonromain@yahoo.fr

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