A peine trois mois à la tête de l’Afrique du Sud, que le président Cyril Ramaphosa a maille à partir avec la justice. Ces déboires judiciaires ont démarré en fin juillet 2019, à la suite d’une déclaration de la médiatrice de la République sud-africaine, Busisiwe Mkhwebane, qui l’accuse d’avoir menti à propos des donations reçues lors de son élection à la tête de son parti, le Congrès national africain (ANC) en 2017. Ayant pour mission de contrôler les agissements de l’exécutif, dame Mkhwebane a affirmé que Ramaphosa avait trompé le Parlement de façon «délibérée» sur une donation à sa campagne de 500.000 rands (environ 21 millions de francs CFA) faite par un groupe industriel sulfureux.

Cette annonce a retenti comme un coup de tonnerre dans la nation Arc-en-ciel. Si ce scandale venait à se confirmer, ce serait une douche froide pour le camp présidentiel qui avait axé sa campagne sur la lutte contre la corruption. Elu à la tête de l’Afrique du Sud depuis moins de trois mois, l’actuel chef de l’Etat est présenté comme celui qui allait tourner la page des années noires de Jacob Zuma et de la corruption. Voir ce leader impliqué dans une affaire qui pue la corruption ne ferait que réconforter les partisans de l’ex-président Zuma dans leur position. Eux qui accusent leurs adversaires de cabale politique. Avec ces révélations, l’image d’homme providentiel de Ramaphosa se trouve sérieusement écornée. Il n’est plus un secret que le président sud-africain est très présent dans les milieux d’affaires. Mais pour sa défense, il soutient que l’argent versé en 2017 était un paiement à son fils pour un travail de consultant pour l’entreprise Bosasa, impliquée dans de nombreux contrats publics. La Haute Cour de Pretoria a ouvert, le 12 août 2019, une enquête sur les donations de campagne de Ramaphosa. Depuis lors, des fuites dans la presse ont révélé le nom de certains donateurs et font planer de nouveaux soupçons de népotisme au sommet de l’Etat. Des compagnies minières, des institutions financières, des patrons de médias, la banque Goldman Sachs ou encore la famille Oppenheimer, la plus grande fortune sud-africaine, sont indexés d’avoir financés sa campagne. C’est donc dire que le feuilleton judiciaire est loin d’être terminé. Cyril Ramaphosa subira-t-il le même sort que son prédécesseur Jacob Zuma ? Il est difficile de se prononcer à l’heure actuelle. Seul l’avenir nous situera. Que la lumière soit faite dans cette énième affaire de corruption qui pourrit l’atmosphère politique du pays de Nelson Mandela.

Abdoulaye BALBONE

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