La Direction générale des affaires immobilières de l’Etat (DGAIE) a lancé, le mercredi 4 septembre 2019, à Ouagadougou, une opération d’identification et d’enlèvement des véhicules de l’Etat stationnés pendant plus de six mois, dans les garages privés et dans les structures administratives régionales.

Les véhicules de l’Etat stationnés pendant plus de six mois, dans les garages privés et dans les structures administratives régionales, ne sont plus autorisés par la Direction générale des affaires immobilières de l’Etat (DGAIE). En effet, elle a organisé une opération d’identification et d’enlèvement des véhicules sur cale et dans les administrations publiques du pays, le mercredi 4 septembre 2019, à Ouagadougou. Selon le directeur de la comptabilité matière de la DGAIE, Gislain William Toé, l’objectif poursuivi est d’assainir le parc automo-bile de l’Etat, à travers le recensement de tous les véhicules de l’Etat. M. Toé a expliqué que l’opération consiste à vérifier les délais de stationnement de ces engins, d’identifier les structures auxquelles ils appartiennent et de déterminer la nature de la panne. Après cette étape, a-t-il précisé, il s’agira de les enlever s’il y a lieu et de procéder à la réforme et à leur redéploiement. « Nous constatons qu’il y a des véhicules de l’Etat qui sont stationnés dans des garages pendant plusieurs années», a fait remarquer Gislain William Toé. Et de souligner que l’initiative, deuxième du genre, a permis de répertorier 109 véhicules dans différents garages privés de la ville de Ouagadougou appartenant à diverses structures de l’Etat devant être enlevés. A en croire les responsables de la DGAIE, des dispositions seront prises pour adresser des correspondances aux structures ayant abandonné ces véhicules afin qu’ils produisent des justificatifs de contrat de réparation avec les garagistes, avant la restitution. «Ces véhicules seront reformés et ceux qui ne pourront pas l’être seront vendus aux enchères », a indiqué M. Toé.

Des sanctions aux fautives

Pour ce qui concerne les mobiles liés au stationnement qui dépassent les délais prévus par les textes, les garagistes indexent l’Etat qu’ils jugent fautif.
Pour eux, c’est la lenteur de l’administration financière qui est à l’origine de la situation. Selon Benjamin Kazinga, propriétaire du garage Kazinga et Frères, la longue durée de stationnement des véhicules de l’Etat dans les garages trouve ses explications dans la lenteur des décaissements de fonds. Chez lui, par exemple, fait-il remarquer, ce sont trois véhicules stationnés depuis plus de deux à dix ans et appartenant à des structures de l’Etat, qui y ont été identifiés. « Lorsqu’ils viennent déposer les véhicules pour réparation, quelques temps après, on ne voit plus les intéressés et les engins restent pendant longtemps, occupant inutilement nos lieux de travail», a déploré le garagiste. Or, a-t-il relevé, le plus souvent ce sont des problèmes liés à la pneumatique et d’autres pannes mineures qui conduisent les véhicules dans ces lieux de réparation. Toute chose qu’il dit ne pas comprendre dans la mesure où le matériel roulant occupe une place de choix dans le bon fonctionnement des services. «Je sais qu’ils n’ont pas intérêt à ce que les véhicules durent chez nous», relativise, toutefois, Benjamin Kazinga. Dans le garage de Guiedem Pierre, six engins de l’Etat y ont été identifiés. Il a expliqué que ces véhicules sont arrivés pour réparation, il y a plus de deux à cinq ans, sans qu’une suite ne soit donnée. « Ces véhicules sont ici il y a longtemps, mais on ne sait pas pourquoi les réparations traînent», s’est-il interrogé. Selon le DGAIE, des sanctions sont prévues pour les structures fautives à l’effet de renforcer la gestion et l’assainissement du parc automobile de l’Etat. Quant aux véhicules enlevés, Gislain William Toé a annoncé qu’ils seront expropriés de leurs structures et redéployés, le cas échéant.
« Nous allons suivre désormais leur requête de véhicules et aviser l’autorité», a prévenu M. Toé. L’année dernière, l’opération a permis l’enlèvement et la réforme de 61 véhicules deux roues et 198 de quatre roues sur 212 identifiés.

Soumaïla
BONKOUNGOU
Carine Daramkoum

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