A la faveur du 6e Rebranding Africa forum (RAF), le chef du gouvernement, Christophe Joseph Marie Dabiré, a échangé le dimanche 6 octobre 2019, à Bruxelles, avec ses compatriotes vivant dans la juridiction de l’Ambassade de Belgique. La situation nationale et les difficultés de la diaspora étaient au cœur des échanges.

L’insécurité au Burkina Faso préoccupe la diaspora de la juridiction de Belgique. Elle a exprimé ses inquiétudes au Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, dimanche 6 octobre 2019, dans l’après-midi, à Bruxelles. Nombre de compatriotes ont déploré la dégradation continue de la situation sécuritaire, avec son corollaire de déplacés internes. Ils ont voulu savoir ce que fait l’exécutif pour endiguer la nébuleuse. Face à ses compatriotes, Christophe Joseph Marie Dabiré a livré un message d’espoir teinté de «vérités» sur l’actualité nationale. «La situation nationale est difficile», a-t-il admis. Toutefois, il a rassuré l’assistance que des efforts sont fournis pour équiper et former les soldats. Il a fait savoir que les Forces de défense et de sécurité (FDS) font face avec bravoure aux djihadistes. Aujourd’hui, la tendance doit être à l’union sacrée autour des FDS, sur le champ de bataille. Dans le contexte actuel d’insécurité, il a appelé la diaspora à se départir des «messages négatifs» et des clivages politiques. Les Burkinabè continuent de vivre sur leur territoire malgré l’adversité. «Il faut faire en sorte que l’espoir renaisse au sein des populations (…). Nous devons donc soutenir, aider et encourager nos FDS qui font un excellent travail. C’est ensemble que nous allons repousser le terrorisme hors de nos frontières», a fait noter le chef du gouvernement. Selon lui, les attaques terroristes auxquelles font face le Burkina Faso nécessitent une «réponse internationale». C’est en cela que le G5 Sahel est une alternative crédible. «Même si nous avons l’une des meilleures armées de l’Afrique, tout seul, nous ne pourrons pas lutter contre le terrorisme», a indiqué le chef du gouvernement. L’autre sujet qui a fait l’objet d’éclairage, ce sont les grognes sociales, notamment dans le secteur de la santé. Christophe Joseph Marie Dabiré ont soutenu que les gouvernements successifs a pris plusieurs engagements vis-à-vis des travailleurs du public depuis 2019 et qui n’ont pas encore été respectés. C’est pourquoi, a-t-il déclaré, son équipe a appelé les syndicats au dialogue. «Nous attendons qu’ils reviennent à la table des négociations», a soutenu le Premier ministre. Pour ce qui est de la grève du SYNTSHA, il a indiqué que le processus de transformation de la fonction publique hospitalière est achevé. C’est le mouvement d’humeur des gestionnaires des ressources humaines qui retarde le paiement des agents. Toutefois, le chef du gouvernement s’est voulu ferme : «Nous sommes pour l’apurement du passif, mais nous n’accepterons plus de nouvelles revendications». En outre, le Burkina doit organiser des élections en 2020. Il a l’obligation aussi, a poursuivi Christophe Joseph Marie Dabiré, de relever le défi du développement, à travers des investissements dans le Sahel et le Nord, afin de restaurer l’Etat.

«Vous devez vous montrer exemplaires»

Les Burkinabè de la juridiction de l’ambassade de Belgique sont confrontés à des problèmes d’ordre administratif liés surtout à l’accès aux documents d’identification, les passeports et cartes nationales d’identité en l’occurrence. Le ministre en charge des Burkinabè de l’extérieur, Robert Tiendrébéogo et l’ambassadrice du Burkina en poste à Bruxelles, Jacqueline Marie Zaba, ont rassuré les uns et les autres que des dispositions sont en train d’être prises pour alléger les conditions d’accès auxdits documents. Nombre d’entre eux ont également eu des problèmes de fonciers. «Nous nous sommes assez fait arnaquer pour des histoires de parcelles», a lâché l’un d’eux. Le ministre Tiendrébéogo a soutenu que c’est pourquoi le gouvernement leur a dédié un espace pour l’érection de «Cité de la diaspora» et aussi a mis en place un programme de 40 000 logements auxquels ils peuvent souscrire. La déléguée du Conseil supérieur des Burkinabè de l’extérieur pour la Belgique et le Luxembourg, Nadège Ilboudo, a salué le format des échanges à bâtons rompus, ce qui a permis à toutes les opinions de s’exprimer. Elle s’est dit satisfaite des réponses et propositions de solutions apportées aux problèmes. Toutefois, le président de l’Association des Burkinabè de Belgique, Daouda Sanon, a plaidé pour la «Maison du Burkina Faso» à Bruxelles. A l’issue de la rencontre, le chef du gouvernement s’est réjoui des observations et critiques formulées sur la gouvernance et a dit prendre bonne note. Christophe Joseph Marie Dabiré a appelé ses compatriotes à être solidaires, unis et respectueux des lois des différents pays d’accueil. «Chacun de vous est un ambassadeur du Burkina Faso et vous devez vous montrer exemplaires, travailleurs et défendre votre pays, là où vous êtes», a-t-il lancé. La circonscription diplomatique de Belgique regroupe la Belgique, la Grande Bretagne, les Pays- Bas, le Grand-Duché de Luxembourg, l’Irlande et l’Irlande du Nord. Environ 2000 Burkinabè y vivent et évoluent dans plusieurs secteurs d’activités dont l’enseignement, les études supérieures, la santé, le commerce…

Djakaridia SIRIBIE
De retour de Bruxelles
(Belgique)

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