Décès de l’artiste To Finley La fin d’une tragédie

Surnommé « La bête de scène », l’artiste-musicien burkinabè, To Finley, a tiré sa révérence, le vendredi 17 avril 2020.

Artiste-musicien burkinabè, instrumentaliste multi-dimensionnel, et compositeur de talent, To Finley a passé le micro à gauche, le vendredi 17 avril 2020. Natif de Boromo (province des Balé), il débute sa carrière musicale en 1969 dans le célèbre orchestre Super Volta. Après s’être essayé dans un premier temps à la musique de variété, il s’oriente résolument vers l’afro-soul. Au sein du Super Volta, il s’illustre à travers l’interprétation de tubes à succès d’artistes de la Soul music, de renommée internationale, tels James Brown, Otis Redding et bien d’autres stars. « Sa maîtrise scénique était extraordinaire. Et il imitait à la perfection les stars musicales anglo-saxonnes. Sur scène, on avait l’impression de voir James Brown en personne », se remémore l’artiste-musicien, Abdoulaye Cissé, l’un de ses compagnons du Super Volta. En 1978, le Super Volta interrompt ses activités et To Finley intègre le Club voltaïque du disque (CVD), avec dans ses bagages d’autres transfuges de son ancien orchestre. Auparavant, il tente une incursion en Côte d’Ivoire où il démontre l’étendue de son talent au sein de plusieurs formations musicales, le New System Pop, les Betters, et le Club Méditerranée Assinie. A l’issue de cette aventure ivoirienne, il s’envole pour les Etats-Unis, avant de séjourner en Europe. Dans la foulée, le groupe Yelbouna est créé… « C’était un artiste talentueux aux multiples facettes. Il a régné sur notre musique dans les années 70 – 80. Lors de ses spectacles, il était si apprécié qu’il lui était difficile de se défaire de la foule de ses fans », témoigne Michel Bossofa Somé, ami du chanteur, et ancien réalisateur à la télévision nationale. To Finley se marie à une Américaine, originaire de Boston, capitale de l’Etat du Massachusetts, dans le Nord-Est des Etats-Unis. De leur union naîtront deux filles. Mais, le mariage vole en éclats quelques années plus tard. Divorcé, le chantre du « Jazz de la Savane », en proie à de nombreux déboires, n’est plus que l’ombre de lui-même.
Il mendie, et sombre dans la drogue. De nombreuses bonnes volontés volent à son secours (soutiens multiformes, collaborations musicales, etc.). Mais les initiatives s’avèrent infructueuses. La descente aux enfers de l’artiste semble irréversible. « To Finley avait besoin d’être aidé. Il aurait seulement suffi d’une cure de désintox de trois mois, et mon ami serait tiré d’affaire. Je l’ai soutenu comme je pouvais. Hélas, dans la vie d’un homme, il arrive parfois que la mort nous honore. To Finley est arrivé à un stade où seule la mort pouvait mettre fin à son humiliation », confie son ami et « frère », Michel Bossofa Somé, encore sous le choc. Monument de la musique burkinabè, To Finley recevra en 2019, le Kundé d’honneur.

W. Aubin NANA

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