Que le consensus prévale !

Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a échangé, le vendredi 17 avril 2020, avec les représentants du Chef de file de l’opposition politique (CFOP) et de l’Alliance des partis de la majorité présidentielle (APMP). Outre la situation sécuritaire et humanitaire toujours aussi prégnante, la gestion de la lutte contre le coronavirus, les échéances électorales ont été au menu de ces concertations ou pré-concertations entre le chef de l’Etat et les principales sensibilités de la scène politique nationale. Le Premier ministre, Christophe Dabiré, d’autres membres du gouvernement et le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Newton Ahmed Barry, ont été témoins de ces échanges. Ces concertations, qui participent au renforcement de la démocratie, à une meilleure coordination et adhésion aux décisions prises, parfois dans l’urgence, en cette période de crise multidimensionnelle, tombent à pic. Elles interviennent au moment où bon nombre de compatriotes se posent moult questions après la « suspension immédiate » des opérations d’enrôlement biométrique et actée par la CENI dans le cadre de la prévention individuelle et collective contre le COVID-19 et qui impacte directement le calendrier électoral. La date des élections couplées présidentielle et législatives, qui devra consacrer enfin le vote de la diaspora, a été officiellement fixée au 22 novembre 2020. Tiendra, tiendra pas ? Les échéances seront-elles repoussées ? L’élection présidentielle sera-t-elle découplée des élections législatives ? Ce sont autant de questionnements légitimes, que la classe politique réunie autour du chef de l’Etat aura à examiner, espérons-le, dans un esprit de recherche de consensus et de l’intérêt général. Tout ne semble pas remis en cause pour autant, car, selon toute vraisemblance, l’exécutif plaiderait fortement pour un maintien de la date du scrutin au 22 novembre, décidée par le Conseil des ministres du 5 février dernier à l’issue de différentes concertations. Ce « préalable », si nos informations s’avèrent exactes, se justifie très amplement, car, un report, même de quelques jours, fait courir des risques d’inconstitutionnalité de textes ou de pratiques, potentiellement générateurs d’incertitudes dans la gouvernance. Si la classe politique pouvait convenir avec le gouvernement de la « sanctuarisation » de la date du scrutin, ce serait, de notre point de vue, le bon cap, la meilleure approche politique des préoccupations de l’heure. Et cela n’enlèverait en rien la teneur des concertations qui pourraient mieux se focaliser par exemple sur les questions relatives aux modifications éventuelles du Code électoral (cette modification reste encore possible et conforme aux textes supranationaux si elle est opérée dans le cadre d’un accord des forces politiques en présence…), la révision des délais impartis au processus d’enrôlement stoppé net, ainsi que sur toutes les autres implications du processus électoral. Se mettre à échafauder d’autres plans, reviendrait à livrer le pays aux incertitudes et à des calculs forcément intéressés de tous ordres. Dans les discussions prévues demain mardi, souhaitons que l’esprit de consensus prévale, loin de la surenchère politique, car c’est la survie même du Faso qui est en jeu en ce moment précis. Ne l’oublions pas !

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