CITO : “Mirages et perditions” jouée jusqu’au 20 juin

Les notabilités du village se sont retrouvées au cœur d’un recrutement terroriste.

Ecrite par le dramaturge et comédien burkinabè, Ildevert Meda, « Mirages et perditions » passe du 21 mai au 20 juin au Carrefour international de théâtre de Ouagadougou (CITO). Mise en scène par Aristide Tarnagda et Rougiatou Camara, la pièce interpelle la jeunesse sur les dangers du terrorisme et de l’extrémisme violent.

La conférence des ministres de la Culture du G5 Sahel a relevé, en janvier 2020, l’indispensable contribution de la culture à la réponse globale à apporter au terrorisme qui sévit dans la région. Réunis au sein du consortium “Plus loin ensemble” (PLE), quatre opérateurs culturels (Institut Imagine, Fonds Succès Cinéma, Fédération du Cartel, Carrefour international de théâtre de Ouagadougou) ont produit, à cet effet, un spectacle théâtral intitulé “Mirages et perditions”.

D’une durée de 56 minutes, la pièce connaitra une diffusion “grand public” du 21 mai au 20 juin 2020, au Carrefour international de théâtre de Ouagadougou (CITO), les mercredis, jeudis, vendredis et samedis à 19 heures. Selon l’administrateur du CITO, Martin Zongo, le texte a été écrit par le comédien et dramaturge burkinabè, Ildevert Méda, et co-mis en scène par Aristide Tarnagda (Récréatrales) et Rouguiatou Camara de la Guinée Conakry. “L’objectif de la pièce est de sensibiliser le public et la jeunesse particulièrement, aux dangers de connexion avec les promoteurs de l’extrémisme violent”, a indiqué Ildevert Méda avant d’expliquer la trame de “Mirages et perditions”.

Le village de Tambiporé vivait dans l’harmonie avant le retour de Petersen, un des fils du village qui vivait en Occident. Semant la discorde entre le chef et les sages du village, il est parvenu avec la complicité de quelques autorités à obtenir le report de la date d’une cérémonie traditionnelle célébrée depuis des générations à une date précise et fixe. Nourrissant d’autres ambitions, il prétexte le développement du village pour corrompre les autorités locales en leur offrant des téléphones portables, des téléviseurs et des objets de luxe. Pendant que le chef et les notables se préoccupaient de distraction, d’exhibition de leurs biens matériels tout en faisant les éloges de Petersen, ce dernier avait eu le temps de recruter une cinquantaine de jeunes à qui il a distribué des motos et de l’argent en promettant de les intégrer dans un projet initié à l’étranger.

Sensibiliser la jeunesse

“Mirages et perditions” sera également diffusée au Mali, au mois de juillet 2020.

En réalité, Petersen est membre d’un réseau de terroristes et agit secrètement sous le nez et la barbe des notables du village qui croyaient qu’il œuvrait au développement de leur localité. Corrompus, les poches pleines, le chef et les membres de sa cour festoient allègrement toute la journée sous le regard approbateur et naïf de la population. La morale fait place désormais à une dépravation des mœurs avec en toile de fond, de la musique “branchée”, des filles de joie à moitié vêtues, et aux rondeurs suggestives. Le réveil sera douloureux pour les notables du village.

La véritable identité de Petersen sera révélée par les médias. Ils apprendront, par ailleurs, que 50 jeunes du village ont été enrôlés dans un groupe d’extrémistes violents avec comme leader, leur sombre bienfaiteur. Ils seront tous abattus par les forces de défense et de sécurité, et exposés sur la place publique, lors d’une opération terroriste.
A entendre l’administrateur du CITO, “Mirages et perditions”, après les deux premières phases (écriture et mise en scène), connaîtra trois autres étapes. La prochaine étape verra sa diffusion à Sikasso, Bougouni, et Bamako (Mali) dans le courant du mois de juillet 2020.

Le volet suivant, a poursuivi M.Zongo, va porter sur la captation du spectacle et la projection du film dans les salles de cinéma, les vidéoclubs, les télévisions; les universités et grandes écoles, les instituts de formation, les établissements d’enseignement, etc. “La réponse au terrorisme ne peut pas être uniquement militaire. La lutte contre ce phénomène passe également par la culture. A l’instar des autres ressources culturelles, le théâtre peut aussi jouer un rôle dans la réduction de la participation des jeunes aux actions d’extrémisme violent menées dans la zone sahélienne”, a-t-il fait savoir.

Quant à la dernière étape, elle consistera, a-t-il affirmé, en la mobilisation et l’implication des leaders des communautés coutumières et religieuses afin qu’ils assurent le relais de la sensibilisation auprès de leurs membres et fidèles, notamment la frange jeune.
Car, le phénomène, à son avis, prend de l’ampleur et s’incruste, renforçant ses rangs par le recrutement de jeunes victimes de l’ignorance, de la pauvreté, de l’exclusion et d’autres maux.

W. Aubin NANA

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