Extension de la gratuité de la PF : «La mesure contribuera à améliorer substantiellement les indicateurs de santé », Etienne Koula

Le gouvernement a décidé, mercredi 3 juin 2020, en Conseil des ministres, d’étendre la gratuité de la planification familiale (PF) au plan national, après une phase pilote dont il a jugé les « résultats satisfaisants ». La décision de l’exécutif est bien accueillie par les acteurs de la société civile qui ont lutté à cet effet. Le chargé de Plaidoyer et Communication à SOS/Jeunesse et Défis, Etienne Koula salue une décision, dans les lignes qui suivent, « très attendue » qui va soulager la population.

Sidwaya (S.) : En Conseil des ministres, le gouvernement étend la gratuité de la PF à l’échelle nationale. En tant qu’acteur de la société civile, quelle a été votre réaction quand vous l’avez appris ?

Etienne Koula (E.K.) : J’étais vraiment soulagé, car cet acte vient renforcer notre message sur la gratuité de la PF à l’endroit de la population et surtout des cibles privilégiées de la PF. C’est une décision qui était très attendue.

S.: Que faut-il entendre par extension à l’échelle nationale ?

E.K. : Cette idée vient également du fait que la gratuité de la PF avait été expérimentée dans deux régions (centre-Ouest et les Cascades) avant la mise en échelle. Cela veut dire que la PF est gratuite sur l’ensemble du territoire du Burkina

S.: Qu’est-ce qui a milité en faveur de cette extension ? Est-ce qu’il y avait nécessité ?

E.K.: Cette extension est synonyme de respect de l’engagement du gouvernement à rendre disponibles les services de la PF aux populations annoncé en fin de l’année passée. Cette extension tire sa source des engagements pris par le ministère de la Santé du Burkina au sommet de Londres en juillet 2017 où le gouvernement Burkinabé s’était engagé à augmenter d’au moins 10% chaque année la ligne budgétaire allouée par l’Etat à l’achat des produits contraceptifs de 2017 à 2020. Il a aussi promis d’amener d’ici 2020, 50% des collectivités territoriales à inscrire une ligne dans les budgets communaux pour le financement des activités de PF à partir de 2018. L’un des engagements forts était d’assurer la gratuité de la planification familiale.

 S.: Quelles sont les prestations concernées ?

E.K. : Les prestations éligibles concernent cinq biens et services disponibles dans le centre de santé. Il s’agit de l’ensemble des actes des professionnels de santé ( notamment les consultations, le counseling, les interventions chirurgicales, l’insertion et le retrait des implants et du DIU, etc.), des médicaments essentiels génériques prioritairement, des médicaments de spécialités nécessaires n’existant pas sous forme générique arrêtés selon une liste préalablement établie par le comité thérapeutique, des produits contraceptifs, des consommables médicaux et d’imagerie médicale. Il y a également les examens complémentaires nécessaires à la prise en charge, la mise en observation et l’hospitalisation. Enfin, on a la dotation en carburant pour les évacuations sanitaires à l’intérieur du pays y compris les évacuations des cas de complication liée aux prestations de PF.

S.: La mesure sera-t-elle mise en œuvre que par les formations sanitaires du  public?

E.K. : La mesure est mise en œuvre par le Ministère de la santé avec l’appui de ses collaborateurs et partenaires au profit des populations.

S.: Comment votre structure compte-t-elle mettre en pratique cette mesure ?

E.K.: Notre structure contribue en tant que partenaire du Ministère de la santé à la mise en œuvre de la gratuité des soins et services de la planification familiale.

S.: Quel peut être son impact sur les indicateurs de santé et de démographie… ?

E.K. : Cette mesure de gratuité contribuera substantiellement à améliorer les indicateurs de santé comme la réduction de la mortalité maternelle d’une part et la maîtrise de la démographie d’autre part afin de booster le développement

S.: Il y a eu une phase pilote exécutée dans les Cascades et le Centre-ouest. Quel bilan peut-on en tirer ?

E.K. : Cette phase pilote mise en œuvre dans les deux régions a donné des résultats probants. Elle a contribué à améliorer les indicateurs de santé plus particulièrement dans ces zone si notamment deux des grands indicateurs : la réduction de la mortalité maternelle et la maîtrise de la démographie.

S.: Quelles sont les difficultés rencontrées durant cette phase pilote ?

E.K.: Selon les résultats de la phase pilote, une des difficultés majeures est l’insuffisance des ressources financières pour faciliter la coordination des actions.

S.: Etendre l’accès à la PF au plan national est une chose, la disponibilité des services de PF et la fréquentation des centres de santé en est une autre… Qu’est-ce qui sera fait à ce niveau ?

E.K.: La mise à l’échelle de la gratuité de la PF présente assez de défis en termes de coordination, préparation, formation des prestataires et la mobilisation des ressources pour son effectivité. Pour garantir la disponibilité des services de PF et la fréquentation des centres de santé, une stratégie a été développée associant et impliquant toutes les composantes, acteurs étatiques, secteur privé, société civile, pour leur contribution à sa réussite.

S : Avec cette décision qui sonne comme une victoire, est-ce la fin du combat ?

E.K.: Cette décision n’est que le début des choses car la mobilisation locale des ressources s’avère nécessaire pour éviter de compter sur les partenaires techniques et financiers pour le financement de la gratuité. Cette action reste permanente et déterminante pour assurer avec dignité la gratuité surtout quand on sait que les PTF contribuent en grande proportion au financement de la PF dans nos pays.

Entretien réalisé par Djakaridia SIRIBIE

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