Ressources génétiques végétales

Le Secrétariat permanent de la Commission nationale de gestion des ressources phytogénétiques (SP-CONAGREP) a organisé, le jeudi 24 septembre 2020, à Ouagadougou, un atelier de lancement des activités du projet Portefeuilles variétaux pour une meilleure Résilience des communautés du Sahel (PV-RCS).

La conservation des variétés végétales alimentaires est importante pour garantir la sécurité alimentaire dans les pays sahéliens. Conscient de cette réalité, le Secrétariat permanent de la Commission nationale de gestion des ressources phytogénétiques (SP-CONAGREP) a défendu et obtenu le projet Portefeuilles variétaux pour une meilleure Résilience des communautés du Sahel (PV-RCS) qui regroupe le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Le lancement des activités du projet a eu lieu le jeudi 24 septembre 2020 à Ouagadougou. « Nous avons acquis le projet dans le cadre d’une compétition de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), notamment le Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture », a justifié le coordonnateur du projet PV-RCS, Soungalo Soulama. Ce traité prévoit, a-t-il expliqué, un fonds de partage des avantages des ressources génétiques végétales pour promouvoir le droit des agriculteurs qu’on reconnaît comme étant les gardiens de la biodiversité agricole. « Dans cette compétition sélective, sur une centaine de dossiers, notre projet a été retenu », s’est-il réjoui. Pour lui, l’on constate une grande érosion de la biodiversité agricole. En effet, a-t-il appuyé, les paysans abandonnent progressivement les semences végétales au détriment des semences commerciales. L’objectif principal de ce projet, a signifié M. Soulama, est d’améliorer la résilience des petits agriculteurs à travers la diversification des cultures, la conservation de l’agro-biodiversité et la promotion des variétés adaptées aux cultures-clés comme le sorgho, le mil et le niébé.

Diversifier les cultures dans les exploitations familiales

Il s’agit de façon spécifique à travers ce projet, a-t-il précisé, de freiner « l’érosion génétique » des espèces agricoles, améliorer la chaîne de valeur des semences de variétés traditionnelles, favoriser les échanges de variétés entre agriculteurs, renforcer les capacités opérationnelles des agriculteurs et œuvrer pour une prise en compte des semences paysannes dans les marchés formels.
A l’entendre, la stratégie du projet est la diversification des cultures dans les exploitations familiales pour améliorer la résilience des agriculteurs sahéliens. Il est attendu du PV-RCS, a cité le coordonnateur, le renforcement des capacités techniques des agriculteurs (au moins 1 000 agriculteurs dans chacun des trois pays), l’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, le renforcement des revenus des ménages et la mise en place d’un environnement favorable pour les semences paysannes.
Pour le Secrétaire permanent de la CONAGREP, Dr Boukary Ousmane Diallo, cette activité est très importante parce qu’elle permet de montrer l’intérêt des ressources phytogénétiques dans la sous-région qui constituent, pour lui, un enjeu mondial.
Le Secrétaire général (SG) du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Mamadou Sawadogo, a félicité la CONAGREP qui a bataillé pour arracher ce projet à l’issue d’une compétition internationale. C’est une initiative, selon lui, qui va résoudre le problème concret des paysans, à savoir l’assurance paysanne dans les trois pays du Sahel. Il a aussi traduit la gratitude du gouvernement à la FAO, qui œuvre à booster l’agriculture en Afrique de façon générale. Dans l’énoncé du projet, a-t-il relevé, deux aspects retiennent l’attention à savoir le portefeuille variétal renvoyant à la mise à la disposition des paysans une liste de variétés locales et la résilience des communautés du Sahel confrontées à plusieurs stress (sécuritaire, sanitaire et climatique). Au cours de la cérémonie de lancement, les participants ont fait deux plaidoyers. Il s’agit du plaidoyer pour une meilleure prise en compte des semences paysannes dans la législation sur les semences végétales au Burkina Faso et de celui relatif à la mise en place d’une banque nationale de gènes des ressources pytogénétiques qui sera alimentée par les banques communautaires et celles abritées par les structures de recherche et d’enseignement.

Kowoma Marc DOH
Malata COULIDIATI
(Stagiaire)

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