Hommage au Pr Idrissa Ouédraogo : un parcours au service de la science et de la formation

Le ministre des serviteurs du Peuple, Mathias Traoré (milieu) a rendu l’hommage du gouvernement à un de ses bâtisseurs.

A l’initiative de ses étudiants, l’université Thomas-Sankara, l’université Aube-Nouvelle et le Centre d’études et de recherche sur l’intégration économique en Afrique organisent un colloque international en hommage à l’œuvre du Pr Idrissa Mohamed Ouédraogo, du 29 au 31 octobre 2026, à Ouagadougou.

47 thèses de doctorats encadrées, des milieux d’étudiants formés dont des centaines devenues des cadres dans l’administration publique et privée, dans les banques, les assurances, les organisations régionales et internationales, plusieurs travaux de recherches sur
le secteur formel, sur le développement socioécono-mique, c’est entre autres, ce qui résume le parcours universitaire de l’ensei-gnant-chercheur Pr Idrissa Mohamed Ouédraogo. En reconnaissance à cette œuvre utile, la communauté scientifique et universitaire a décidé de rendre hommage à l’homme qui a consacré plus de trois décennies à la recherche, à la formation, à la transmission du savoir aux jeunes générations, à travers un colloque international du 29 au 31 octobre 2026, à Ouagadougou, sur le thème :
« Secteur informel et dévelop-pement en Afrique : enjeux théoriques et perspectives d’actions ».

Cette rencontre scientifique d’hommage est organisée par l’université Thomas-Sankara, l’université Aube-Nouvelle et le Centre d’études et de recherche sur l’intégration économique en Afrique (CERIEA), sous le haut patronage du Premier mi-nistre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo et le parrainage du ministre des Serviteurs du Peuple, Mathias Traoré et du président-directeur fondateur de l’université Aube-Nouvelle, Isidore Kini. Durant ces trois jours, outre la conférence inaugurale et les témoignages sur la contribution de Pr
Ouédraogo à la science, à la formation, les chercheurs et praticiens venus du Mali, du Niger, du Sénégal et du Canada vont échanger autour des panels et communications scientifiques sur plu-sieurs sous-thèmes.

La communauté universitaire et scientifique burkinabè et africaine a rendu un hommage au Pr Idrissa Mohamed Ouédraogo pour son parcours d’impact.

Il s’agit, entre autres, de la formalisation de l’informel, « Mobile money et pauvreté monétaire dans les pays de l’UEMOA », « Effet du secteur informel sur la mobilisation des recettes fiscales : rôle de la monnaie mobile », « Effet de l’aide extérieure sur l’informalité des économies africaines », « Emprunt pu-blic et accès au crédit du secteur informel dans l’UEMOA : effet d’éviction ou d’entrainement financier ». Le président de l’université Thomas-Sankara, Pr Didier Zoungrana, a salué cette initiative de reconnaitre le mérite de celui qui a consacré sa vie à la nation, à la formation du capital humain, à la production et à la transmission du savoir.

« Ce colloque est né d’une dette. Une dette que l’on ne rembourse jamais tout à fait : celle de l’étudiant envers son Maître. Nous avons choisi de nous en acquitter non pas par une simple cérémonie, mais par ce qui compte le plus pour un chercheur : la science en débat », a confié le président du comité d’organisation du colloque, Pr Mahamadou Diarra, par ailleurs premier docteur encadré Pr Idrissa Ouédraogo. Au nom de ses anciens étudiants, Jean Erdjouman Sanou, actuellement cadre à la BCEAO, a rendu un hommage à celui qu’il a qua-lifié de baobab multi-casquettes et qui a su façonner des vies. « L’enseignant transmet le savoir ; le pédagogue le rend intelligible et accessible à tous ; l’encadreur guide, soutient et accompagne jusqu’à l’autonomie ; le Maître, enfin, va au-delà de la transmission :
il inspire par sa conduite, éclaire par sa sagesse et trace, par l’exemple, un chemin à suivre.

Au-delà des anciens, l’hommage du gouvernement

Le Professeur Idrissa Ouédraogo a traduit sa reconnaissance à ses anciens étudiants pour ce grand hommage rendu à sa personne.

Réunir ces quatre dimensions en une seule personne est une qualité rare. Le Professeur Idrissa M. Ouédraogo appartient à cette catégorie d’hommes qui ne se contentent pas de transmettre des connaissances, mais qui contribuent à former des esprits, à façonner des destins et à susciter des vocations », a-t-il confié.

Le représentant des parrains, Dr Lancina Ki, manager général de l’université Aube-Nouvelle, a traduit sa reconnaissance à l’enseignant qui a consacré ses travaux à un secteur longtemps resté en marge de la recherche. Dès sa thèse de 1996 sur le secteur informel urbain, il l’a placée au centre de l’analyse écono-mique. Il a montré qu’ils sont des agents économiques rationnels, capables de choix optimaux adaptés à leur environnement », a-t-il relevé. La représentante du directeur national de la BCEAO, Judith Kaboré, est revenu sur la contribution de celui qui est en l’honneur au développement du secteur financier bancaire, à travers la formation, ses recherches et sa contribution aux cadres de réflexions stratégiques.

Pr Ouédraogo n’a pas pu cacher les sentiments de surprise et de joie qui l’animent en ce jour inoubliable. « Il y a des biens qui n’ont pas de prix sur le marché. L’estime des autres ne se vend pas, ne s’achète pas ; elle se donne, se reçoit. Le bonheur que vous me faites vivre en ces instants, aucune somme d’argent ne permet de l’avoir », a-t-il fait savoir. Au nom du Premier ministre, le ministre des Serviteurs du Peuple, Mathias Traoré, a rendu l’hommage du gouvernement burkinabè à un de ses bâtisseurs. « Je voudrais, à l’entame de
mon propos, vous transmettre d’abord les salutations patriotiques du camarade capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso, chef de l’Etat. Il m’a chargé de vous faire part de l’importance qu’il accorde à toute initiative qui met le savoir au service de la refondation de notre Nation », a-t-il confié.

Pour lui, l’homme appartient à cette génération d’univer-sitaires qui ont bâti, souvent avec très peu de moyens,
l’enseignement supérieur burkinabè. « Le Professeur Ouédraogo, personnellement, a surtout fait un choix de conviction. A une époqueoù beaucoup d’hommes consi-déraient le secteur informel comme une anomalie appelée à disparaître, il en a fait l’objet de toute une vie de recherche », a poursuivi le ministre Traoré. La remise de cadeaux de ses anciens étudiants et collègues a marqué la fin de la cérémonie d’ouverture de ce colloque international.

Mahamadi SEBOGO

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici
Captcha verification failed!
Le score de l'utilisateur captcha a échoué. Contactez nous s'il vous plait!