Promotion de la démocratie en Afrique : Les jeunes pour assurer la relève

Me Bénéwendé Sankara, représentant le président de l’Assemblée nationale (milieu) : « Ces universités démocratiques vont développer d’autres paradigmes de démocratie pour intégrer ce que les partis politiques n’ont pas pu apporter »

La première édition des Universités démocratiques a ouvert ses portes, le lundi 5 octobre 2020 à Koudougou dans le Centre-Ouest. Placée sous le thème : « Redonner foi dans la démocratie au Burkina Faso et au Sahel », l’activité a pour objectif de former des jeunes face aux enjeux politiques.

Face aux enjeux politiques et à l’ancrage de la démocratie sur le continent, l’Ecole citoyenne de l’Afrique de l’Ouest (ECAO) entend mettre un accent sur la formation des jeunes afin d’assurer la relève. Pour ce faire, elle a initié les premières universités démocratiques dont les travaux ont débuté, le lundi 5 octobre 2020 à Koudougou. Pour le directeur exécutif de l’ECAO, Dr Moumini Tiegnan, une cinquantaine de participants dont 50% de femmes issues des partis politiques et des Organisations de la société civiles (OSC) ont pris part à cette rencontre de Koudougou.

Les bonnes pratiques démocratiques, les obstacles à la participation des jeunes en politique, les compétences des jeunes et les enjeux de leur participation à la vie politique des Etats sont, entre autres, les sujets sur lesquels les congressistes vont mener la réflexion. Selon Dr Tiégnan, l’objectif majeur de l’ECAO est de faire émerger, en Afrique de l’Ouest, une nouvelle génération de leaders, dans les domaines politique, économique, social, environnemental et culturel, capables d’instituer une gouvernance politique moderne et vertueuse.

L’école, a-t-il ajouté, se veut un cadre d’échanges, de dialogue et de réflexion pour faire émerger une nouvelle citoyenneté qui sera le socle de toutes les nouvelles démarches, les actions pour une nouvelle Afrique de l’Ouest. L’activité a été parrainée par le président de l’Assemblée nationale, représenté à l’occasion par le 1er vice-président, Me Bénéwendé Stanislas Sankara, qui avait à ses côtés, la gouverneure de la Région du Centre-Ouest, Irène Coulibaly, le haut-commissaire du Boulkiemdé et le maire de Koudougou. Pour le représentant de l’Assemblée nationale, les universités démocratiques, première du genre au Burkina Faso, est une initiative à saluer au regard des nombreuses insuffisances.

Les participants sont issus des partis politiques et des OSC

« Les jeunes leaders, avec la philosophie qui sous-tend les universités démocratiques, vont développer d’autres paradigmes de démocratie pour intégrer ce que les partis politiques n’ont pas pu apporter, depuis leur existence, à la consolidation de l’ancrage des démocraties particulièrement en Afrique » a-t-il déclaré. De l’avis du député, ces universités de Koudougou vont apporter une nouvelle dimension de la culture citoyenne et démocratique à la jeunesse burkinabè. « C’est aussi un tremplin du savoir qui va permettre aux jeunes de faire le plaidoyer et les résultats attendus vont permettre certainement à nos Etats d’avoir une meilleure gouvernance démocratique avec ces leaders de demain.

La relève passe par la formation des jeunes et les universités démocratiques offrent une opportunité aux jeunes de prendre leurs responsabilités et surtout de bien s’assumer », s’est-il réjoui. L’activité a bénéficié du soutien de l’Institut néerlandais pour la démocratie multipartite. Selon le représentant de la structure au Burkina Faso, Dr Abdoulaye Barro, cet accompagnement s’explique par le fait que certains groupes et cibles sont marginalisés politiquement n’ayant pas voix au chapitre. « Nous avons donc décidé d’amplifier les voix des jeunes et des femmes dans nos systèmes démocratiques en soutenant des initiatives telles que les universités démocratiques organisées par l’Ecole citoyenne de l’Afrique de l’Ouest », a-t-il expliqué.

L’Institut néerlandais, a indiqué Dr Barro, est une organisation à vocation politique mais nous travaillons aussi bien avec les jeunes engagés dans les partis politiques que ceux qui militent au sein des OSC. « Nous voulons amener les jeunes à renoncer à la stratégie de contournement permanent du politique qui les amènent à végéter tout le temps dans la société civile en pensant que celle-ci peut diriger un Etat. Les partis politiques malgré leurs limites organisent la vie de nos Etats et nous incitons les jeunes à s’engager dans les partis ou a en créer d’autres s’ils ne se reconnaissent dans ceux qui existent déjà », a-t-il précisé. A écouter M. Barro, il faut préparer les jeunes à affronter les enjeux politiques à travers la formation, plutôt que d’entretenir une méfiance vis-à-vis des cercles politiques.

Beyon Romain NEBIE
beynebie@gmail.com

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