Région du Sahel : L’ambassadeur français, Luc Hallade, s’imprègne des réalités

La conférence de presse a permis à l’ambassadeur de situer les priorités de la France pour le Sahel.

L’ambassadeur de France au Burkina Faso, Luc Hallade, a séjourné à Dori, chef-lieu de la région du Sahel, les 3 et 4 octobre 2020. Le diplomate français a échangé avec les leaders coutumiers et religieux, les bénéficiaires des différents projets financés par l’Agence française de développement (AFD) et les Personnes déplacées internes (PDI).

L’ambassadeur de France au Burkina Faso, Luc Hallade, a effectué une visite à Dori, chef-lieu de la région du Sahel, les 3 et 4 octobre 2020. Selon le diplomate français, il est venu découvrir la région du Sahel et s’imprégner des préoccupations des populations. « Un ambassadeur ne reste pas dans son bureau climatisé à Ouagadougou, il doit faire des visites de terrain y compris dans une région qui connaît des problèmes de sécurité », estime-t-il.

De son avis, l’Agence française de développement (AFD) finance plusieurs projets dans la région du Sahel, notamment dans le cadre du Projet trois frontières exécuté au Burkina Faso, Mali et au Niger, d’un montant de 33 millions d’euros soit plus de 21 milliards F CFA, pour la première phase dont 12 millions d’euros, soit plus de 14 milliards F CFA pour le Burkina Faso. A cet effet, a-t-il précisé, il s’agit de construire ou réhabiliter des infrastructures sanitaires ou éducatives et équiper le centre de secours en construction. M. Hallade a en outre fait savoir, que le Projet trois frontières concerne toutes les 26 communes du Sahel. « La démarche consiste à demander aux maires et aux populations de définir leurs priorités auxquelles nous décidons de répondre.

C’est un peu compliqué de mettre en œuvre, parce que les préoccupations diffèrent d’une commune à une autre. J’espère que nous arrivons au mieux à satisfaire les besoins des populations », a commenté le diplomate français. A l’en croire, sa présence au Sahel vise également à faire un suivi des projets déjà financés en vue de corriger les éventuelles insuffisances pour leur réussite.

Durant son séjour à Dori, M. Hallade a assisté à la deuxième édition de la Journée régionale de la formation professionnelle et de la création d’entreprise au Sahel au profit des jeunes et des femmes. Financé par Expertise France et porté par le conseil régional du Sahel, le projet vise à créer des emplois et à accompagner les bénéficiaires dans les domaines de la tannerie, maroquinerie, vannerie et de la mécanique automobile. C’est pourquoi, le président du conseil régional du Sahel, Hamidou Dicko, a souligné que lorsque l’on bénéficie de l’accompagnement financier d’un partenaire, il est nécessaire que celui-ci vienne voir le travail qui a été fait sur le terrain. Toute chose qui, selon lui, contribue à mettre toutes les parties en confiance.

Quant au gouverneur de la région du Sahel, le colonel-major Salfo Kaboré, a exprimé toute sa gratitude au diplomate français pour avoir fait le déplacement de Dori. « Le Sahel avait beaucoup d’amis qui venaient nous rendre visite. Mais, de moins en moins, les amis viennent nous visiter. Comme on le dit, c’est dans les difficultés que l’on reconnaît ses vrais amis », a-t-il expliqué. Et d’ajouter que la visite du diplomate français à Dori est une preuve que la région du Sahel est encore fréquentable. Pour lui, les projets financés par la France permettront aux femmes et aux jeunes de s’autoemployer pour lutter contre le chômage.

Echanges avec les leaders religieux et les déplacés

Le diplomate français a échangé avec les autorités religieuses pour mieux s’imprégner
de la situation.

Le diplomate français a échangé avec les leaders coutumiers et religieux et les Personnes déplacées internes (PDI). L’évêque de Dori, Mgr Laurent Dabiré, a affirmé, que les échanges avec son hôte du jour ont porté sur le point de vue, l’analyse et la proposition des leaders religieux sur la situation difficile que traverse le Sahel et partant le Burkina Faso. « Nous avons reparcouru les espoirs, les angoisses, les signes de solidarité et les possibilités pour le retour de la stabilité. Nous pensons que le dialogue entre concitoyens et particulièrement le dialogue inter-religieux peut aider. Cependant, il existe les aspects historiques, politiques, économiques et anthropologiques dont il faudra tenir compte pour une véritable cohésion sociale, gage de paix », a confié l’évêque de Dori. Avec l’émir du Liptako, l’évêque de Dori et le grand imam de Dori, soutient Luc Hallade, la préoccupation a toujours été la même, c’est-à-dire, essayer de comprendre la situation locale. « J’ai écouté leurs analyses de la situation et les pistes de solutions proposées. En tant que partenaire du Burkina, nous verrons comment nous pourrons accompagner ces efforts en vue de recréer le vivre-ensemble », a-t-il promis.
Le séjour de l’ambassadeur Hallade s’est achevé par une conférence de presse dans la matinée du dimanche 4 octobre 2020. Des échanges avec les journalistes, il est ressorti que le projet d’appui à la stabilité socioéconomique des jeunes par la formation professionnelle et la promotion des microentreprises dans le Sahel est l’un des objectifs prioritaires de la France.

– Souaibou NOMBRE

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