Fin de la défécation à l’air libre : De bons exemples dans la Sissili

-Un dispositif de lavage de mains devant la cour de Oumarou Ziba.

Dans le cadre de la coopération Burkina Faso-UNICEF, un Projet d’assainissement total piloté par la communauté (PATPC) a démarré en mars 2016. La province de la Sissili a été désignée comme zone-pilote du projet, à travers l’initiative « Sissili FDAL 2020 ». Un atelier de réflexion pour l’atteinte de l’objectif visé a eu lieu, le mercredi 7 octobre 2020 à Léo.

L’initiative « Sissili FDAL » 2020 entend éradiquer la défécation à l’air libre à l’horizon 2020 dans la province. A trois mois de l’échéance, les acteurs impliqués dans la mise en œuvre du projet se sont retrouvés le mercredi 7 octobre 2020 à Léo pour faire le point. Mais bien avant ladite rencontre, ils se sont rendus dans le village de Zoro, le mardi 6 octobre, pour visiter les différentes réalisations. Ce village qui vient d’être certifié « FDAL » a adopté les bonnes pratiques en matière d’hygiène et d’assainissement.

Oumarou Ziba, habitant de Zoro, a reçu les félicitations et les encouragements de la délégation pour s’être bien illustré en la matière. Devant sa concession se dresse un dispositif constitué de lave-main et un puisard. Une latrine, une douche et un autre puisard ont été construits à l’intérieur de sa cour. La propreté de sa maison a émerveillé les visiteurs. « J’ai demandé à mon épouse de veiller à la propreté de la maison et de ne pas laisser les enfants déféquer au hasard », a-t-il indiqué. Tout près de là, se trouve la concession de Issaka Ziba. Encore une fois, les visiteurs n’ont cessé d’exprimer leur joie au regard de la propreté des lieux.

Les latrines, la douche et le puisard sont bien entretenus. La réalisation des infrastructures d’assainissement a eu un impact positif dans la vie des populations. C’est le constat qui s’est dégagé à l’issue des échanges. Issiaka Ziba a affiché sa pleine satisfaction de disposer des latrines dans sa maison. Avant l’arrivée du projet, a-t-il relevé, il était impossible de dormir dehors sans se faire piquer par les moustiques. Mais de nos jours, s’est-il réjoui, ce calvaire n’est qu’un lointain souvenir. D’après lui, les eaux usées et les mauvaises odeurs qui attiraient ces moustiques sont devenues rares. « Mon enfant tombait chaque fois malade et je l’amenais en soins dans les centres de santé. Ces derniers temps, il se porte bien », témoigne M. Ziba. Mariétou Nignan, habitante de Zoro, est contente, car elle sent le changement dans son assiette.

« Avant le projet, tout ce que nos maris gagnaient allait dans les soins », a-t-elle regretté. Actuellement, a-t-elle reconnu, la situation est tout autre. « L’argent des soins entre désormais dans les condiments. Nous avons maintenant des morceaux de viande dans nos sauces », a-t-elle souligné. Le chef de Zoro, Adama Dagano, n’a pas caché sa joie. Il s’est engagé avec sa population, à ne pas reculer. « Nous allons maintenir la flamme », a-t-il noté. A en croire Aïssata Sawadogo, superviseuse à l’ONG APS, le changement de comportement est un travail de longue haleine. Mais, a-t-elle estimé, on est sur de bonnes bases. Pour la préservation des acquis, un comité d’hygiène et d’assainissement composé de plusieurs membres a été mis en place.

Sa mission, c’est de veiller au strict respect des règles d’hygiène dans les ménages. Les responsables du projet « Sissili FDAL 2020» ont été touchés par cette prise de conscience individuelle et collective à Zoro. « Notre présence dans ce village marque l’engagement de l’UNICEF à accompagner la province de la Sissili à atteindre l’objectif fixé », a laissé

Le chef de Zoro s’est engagé à maintenir la flamme.

entendre Games Mugaju, représentant adjoint de l’UNICEF au Burkina Faso. Pour lui, la population a adhéré à l’initiative en contribuant déjà, à travers son comportement, à prévenir certaines maladies et à améliorer ses conditions de vie. Au cours de l’atelier, les participants ont fait le bilan à mi-parcours de leurs actions et envisager des perspectives pour l’atteinte de l’objectif.

Sur les 156 villages ciblés que compte la province, 152 ont été déclarés FDAL dont 124 ont reçu leur certification. Selon les règlements, la certification intervient 6 mois après la déclaration. En termes d’impacts, ce sont environ 204 733 personnes qui ont été touchées par le projet et 80 000 enfants utilisent désormais les pots pour se soulager. En plus de cela, la santé de ces personnes s’est nettement améliorée et les finances d’environ 30 000 ménages ont connu une augmentation du fait qu’ils fréquentent moins les centres de santé. Le haut-commissaire de la province de la Sissili, Sia Aristide Mohamed Kam, par ailleurs président du comité d’évaluation de la mise en œuvre de ATPC, a exprimé sa vive satisfaction.

« La visite au village de Zoro, nous a permis de découvrir des initiatives locales qui ont été développées autour de ce projet », s’est-il exclamé. Pour que toute la province soit déclarée FDAL à fin décembre 2020, quelques défis doivent être relevés. C’est le cas de 26 villages déclarés FDAL, mais pour des raisons de délai, doivent patienter jusqu’en fin décembre pour avoir leur certification.

Par contre, 6 villages dont 3 chefs-lieux de communes rurales, déclarés FDAL, ne seront pas dans le délai, car ayant été déclenchés tardivement. Au cours des échanges, les participants ont élaboré une feuille de route. Ils nourrissent l’espoir que dès janvier 2020, ils pourront se retrouver une fois de plus pour célébrer la fin de la défécation à l’air libre et du même coup, l’adoption des bonnes pratiques en matière d’hygiène et d’assainissement dans la province de la Sissili.

Ouamtinga Michel ILBOUDO
Omichel20@gmail.com

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