Fêtes de fin d’année : Des ouagalais se sont ‘’amusés’’ avec le coronavirus

Les maquis de Ouagadougou ont refusé du monde lors des fêtes de fin d’année.

Les fêtes de fin d’année 2020 se sont déroulées dans un contexte de crise sanitaire marquée par la maladie à coronavirus. Les autorités sanitaires ont édicté des mesures-barrières, mais leur respect pose problème à certains endroits de la capitale. Une équipe de Sidwaya a fait le tour de quelques quartiers pour s’imprégner des réalités.

Nous sommes le 31 décembre 2020, dernier jour de l’an. Ouagadougou bourdonne des quatre coins. En dépit du rebond du nombre de cas de nouvelles contaminations au Burkina, les Ouagalais ne veulent pas se laisser dompter par la pandémie de la COVID-19. Les débits de boisson, les boîtes de nuit et autres lieux de réjouissances populaires ne désemplissent pas. Dans les églises évangéliques également, on s’active pour célébrer, avec faste, la St Sylvestre. Il est 22h quand notre équipe arrive à l’église Béthel Shan Shean, située à 500 mètres environ, côté sud du ciné Tampouy dans l’arrondissement n°3. Des agents de contrôle veillent au grain et n’hésitent pas à refouler ceux qui ne portent pas de cache-nez. Un dispositif constitué de plusieurs lave-mains et de savons est installé à l’entrée du bâtiment.

Sous le regard circonspect des agents commis au contrôle, chaque fidèle passe laver ses mains avant de s’engouffrer dans la salle. Pleine comme un œuf, cette église de 2000 places a eu du mal à respecter la distanciation sociale. Toutefois, le pasteur Gilbert Kaboré a été ferme quant à l’évitement des contacts physiques. En cela, il a interdit les accolades, excepté les personnes vivant en couples.
Autre lieu, autre réalité. A l’église des Assemblées de Dieu (AD) Eben-Ezer de Watinoma, les mesures-barrières sont foulées aux pieds par les fidèles. Pas de port de masque, ni de dispositif de lavage de main ou de gel hydroalcoolique, encore moins de distanciation physique.

Après les lieux de culte, cap sur les débits de boisson et les boîtes de nuit. Au maquis Le forgeron, situé en face du rond-point de la Jeunesse de Tampouy, une foule en liesse ignore allègrement les mesures-barrières imposées par le gouvernement dans le cadre de la lutte contre la propagation de la maladie à coronavirus. Autour des tables bien garnies de boissons fraîches et de gallinacées, aucune mesure-barrière n’est appliquée. Il en est de même dans le jardin d’en-face ou les uns et les autres se côtoient sans mesure de protection.

Plus ou moins respectées dans les domiciles

Un peu plus loin, au maquis Wend Panga, situé derrière la bande verte vers la cité Azimmo, dans l’arrondissement n°9, le respect des mesures-barrières semble être le dernier des soucis des fêtards. Une ribambelle de noctambules, drapés de beaux habits, esquissent des pas de danse bien rythmés sur la piste. D’autres personnes assises autour des tables sirotent la bière, faisant fi des mesures-barrières édictées par les autorités sanitaires.
La fête s’est poursuivie le 1er janvier 2021, tant bien que mal, dans les domiciles.

Dans la famille Traoré, la joie est à son comble. COVID-19 oblige, elle a décidé de fêter dans la sobriété, confie Désiré Traoré, chef de famille, par ailleurs maire de la commune de Solenzo dans la région de la Boucle du Mouhoun. S’agissant du respect des mesures-barrières, la famille Traoré essaie de donner un bon exemple en installant au pied de la terrasse un dispositif constitué de lave-mains et de gel hydro alcoolique. Les convives sont priées de se laver les mains avant de rejoindre leurs places. « On demande à tout un chacun d’être très prudent, d’observer les mesures-barrières pour éviter la propagation de cette maladie », affirme M. Traoré.

Pour autant, il se montre parfois inquiet, au regard du comportement de certaines personnes. « Quand on écoute les gens, c’est comme si la maladie n’existait pas. C’est ça qui peut permettre à cette maladie de se répandre », déplore-t-il. L’occasion faisant le larron, Désiré Traoré en profite pour sensibiliser les siens. « On essaie de dire aux invités de se laver les mains et d’éviter les contacts physiques», soutient-il. De ce fait, il exhorte ses invités à prendre conscience de la réalité de cette pandémie et se protéger. « Dans ma maison on essaie quand même de respecter ces mesures », note-t-il.

A un jet de pierre de là, un groupe de jeunes rencontré dans une cour dans la nuit du 1er janvier 2021 « maltraitent » le whisky et autres boissons gazeuses. L’un d’eux, Barthélémy Tiemtoré, atteste qu’il a constaté, comme tout le monde, un rebond de la maladie après la campagne électorale et la fête du 11-Décembre. Raison pour laquelle il s’inquiète aussi pour ces fêtes de fin d’année. « Comme nous savons que tout le monde peut contracter la maladie, chacun prend des dispositions pour se protéger et protéger sa famille, ses voisins et ses amis », martèle-t-il. Pour cela, il conseille de se laver régulièrement les mains, porter le masque, utiliser le gel hydroalcoolique et éviter les contacts physiques.

Aboubacar, un autre membre du groupe, renchérit en indiquant du bout de l’index : «Voilà le robinet à côté avec le savon, tous passent là-bas avant de s’asseoir ».
Les ouagalais ont fêté avec le virus certes, mais nombreux sont aussi ceux qui ont pris les dispositions pour se mettre à l’abri de nouvelles contaminations. « Avant même de présenter mes vœux à quelqu’un, je l’avertis qu’il n’y a plus d’accolade. On se salue donc à
distance», précise Barthélémy Tiemtoré.

C’est vrai que nous sommes habitués aux accolades, mais, fait remarquer Aboubacar, on les évite désormais. « Même si on n’arrive pas à respecter toutes les mesures-barrières, on essaie de faire ce qu’on peut pour éviter les contaminations », souligne-t-il. En tous les cas, les fêtes de fin d’année sont derrière nous. Reste à savoir si la majorité des Burkinabè a respecté les mesures-barrières telles qu’édictées par les autorités sanitaires. Ce qui est sûr, les prochains jours nous situeront davantage.

Ouamtinga Michel ILBOUDO
Omichel20@gmail.com

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