IIe congrès des avocats de l’UEMOA : plaidoiries sur la corruption

La conférence des barreaux de l’Union économique et monétaire Ouest-africaine (UEMOA) se tient du 21 au 23 septembre 2021, à Ouagadougou, sous la présidence du Chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré.

Le bâtonnier du Burkina Faso, Me Paulin Salambéré, a exprimé la nécessité de travailler en synergie en vue d’une justice débarrassée de la corruption.

La lutte contre la corruption préoccupe les avocats inscrits aux différents barreaux des pays membres de l’Union économique et monétaire Ouest-africaine (UEMOA). La problématique est, en effet, au centre de leur IIe congrès qui se tient du 21 au 23 septembre 2021 à Ouagadougou, sous le thème : « Justice et corruption ». L’ouverture des travaux de cette rencontre a été présidée par le Chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré, président en exercice de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union. Pour le bâtonnier du Burkina Faso, Me Paulin Salambéré, l’évocation de la corruption fait penser à la justice, « non pas forcément parce qu’elle soit le milieu où elle prospère, mais en raison du rôle qu’elle joue dans la traque des acteurs de la corruption ainsi que sa place dans l’amélioration de la gouvernance démocratique ». A cet effet, il a salué la pertinence du thème autour duquel les participants vont se pencher en vue d’un meilleur exercice de leur fonction. « En tant qu’acteurs majeurs de la justice, les avocats, les magistrats ont le devoir de travailler en synergie pour une justice débarrassée de la corruption dont l’impact sur le développement de nos pays n’est plus à démontrer », a déclaré Me Salambéré. Dans cette dynamique, le président de la conférence des barreaux de l’UEMOA, Me Sédjro Koffi Dogbéavou, a indiqué que la rencontre permettra de mener des réflexions « poussées » afin de cerner tous les contours du fléau pour son éradication dans l’espace communautaire.

Ecouter sa conscience

Pour Me Sédjro Koffi Dogbéavou, la justice fait partie des corps sociaux « malades de la corruption » avec, le plus souvent, une implication de certains avocats. « Nous le dénonçons, nous le crions et pourtant nous sommes nombreux à être de ceux qui ont fait de la corruption, les moyens de défense par lesquels nous gagnons des dossiers dit juteux. Il est temps d’écouter notre conscience et faire preuve de discernement », a-t-il lancé à l’endroit de ses confrères. Me Dogbéavou a, en outre, soutenu que rien ne saurait justifier la corruption dans le milieu et partant de la justice. Laquelle justice, de son point de vue, devrait être bâtie sur les fondements de l’éthique, de la probité et des autres valeurs humaines. Par voie de conséquence, il a invité l’ensemble des barreaux des huit pays de l’UEMOA, à « sortir des sentiers de déclaration d’intention » pour mener le combat dans ce qui constitue le ferment de la profession.

Le président de la conférence des avocats de l’UEMOA, Me Sédjro Koffi Dogbéavou : « L’avocat doit être exempt de tout soupçon de corruption ».

« L’avocat a pour mission de participer à la croissance des pays de l’espace et d’œuvrer à l’émergence du continent, tout en le sortant de la corruption. Celle-ci est une plaie, le drame de nos pays. La corruption fragilise nos structures économiques, creuse des inégalités sociales, mine le fonctionnement de nos institutions et alimente les réseaux mafieux », a souligné Me Dogbéavou. Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a salué la mise en place d’un tel cadre de rencontre qui permet aux avocats d’échanger, de coordonner, d’harmoniser leurs expériences dans un certain nombre de domaines et d’avoir une même vision de leur métier. « J’espère qu’au sortir de cette rencontre, les différentes orientations qui vont être faites vont permettre de prendre des dispositions afin de toujours mener cette lutte contre la corruption qui gangrène le développement de nos différents pays », a insisté le chef de l’Etat. Créée en août 2018, la conférence des barreaux de l’espace UEMOA, sert de tribune pour les débats sur des sujets d’intérêt commun, en vue de renforcer les capacités, vulgariser et améliorer les règlements ainsi que les conditions d’exercice de la profession d’avocat.

Soumaïla BONKOUNGOU

& Justine Monné (Stagiaire)

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