Journée de la Femme rurale 2021: La sécurisation foncière au menu

« Les inégalités et disparités de genre demeurent toujours très fortes dans le domaine de l’accès sécurisé des femmes au foncier », la ministre Laurence Marshall Ilboudo.

Le Burkina Faso a commémoré, le vendredi 15 octobre 2021, à Ziniaré, la 24e Journée internationale de la Femme rurale sur la thématique de la sécurisation foncière des femmes.

Au pays des Hommes intègres, seulement 10,5% des femmes possèdent des terres en milieu rural contre 45,5% chez les hommes alors qu’elles représentent 55% de la force de travail agricole et sont à l’origine de 80% de la production alimentaire. Ces informations émanent de la ministre de la Femme, de la Solidarité nationale, de la Famille et de l’Action humanitaire qui cite des études du gouvernement et d’organismes internationaux.

A l’occasion de la 24e journée de la Femme rurale, célébrée à Ziniaré, le vendredi 15 octobre 2021, Laurence Marchal Ilboudo a affirmé que ces chiffres illustrent à souhait la problématique de l’accès à la terre des femmes et de la sécurisation foncière. « Les femmes ont le plus souvent un accès limité aux ressources naturelles et aux facteurs de production, notamment la terre. Les inégalités et disparités de genre demeurent toujours très fortes dans le domaine de l’accès sécurisé des femmes au foncier », a-t-elle déploré.

Bien qu’elles représentent 55% de la main d’œuvre agricole, moins de 40 % des femmes burkinabè sont propriétaires de parcelles agricoles. En milieu rural, ce taux se situe à 10%, a-t-elle relevé. En matière de sécurisation foncière, la ministre en charge de la femme a fait un constat plus alarmant. « De 2014 à 2019, sur un total de 42 760 demandes d’attestations de possession foncière rurale enregistrées, seulement 1 399 émanent de femmes, soit un taux de 3,27% (…).

Sur un total de 738 attestations de possession foncière rurales délivrées, seulement 68 reviennent à des femmes, selon des données de 2015 », a précisé Laurence Marshall Ilboudo. La problématique de la prise en compte du genre dans les domaines du foncier demeure donc entière. Cette situation est exacerbée par le phénomène de la vente et de l’accaparement des terres rurales qui prennent actuellement de l’ampleur et constituent une menace sérieuse contre les droits d’usage séculiers des femmes, a insisté la ministre.

« Il y a de l’espoir »

Le difficile accès à la terre des femmes est un frein à leur autonomisation, selon Mariam Diallo de la Confédération paysanne du Faso (CPF).

L’idée même de la femme propriétaire de la terre est difficilement concevable dans certaines sociétés, malgré son apport considérable à l’économie rurale, a déploré, pour sa part, la Présidente de la coordonnatrice régionale des femmes du Plateau central, Maïmouna Zoungrana. La faible sécurisation foncière des femmes et leur difficile accès à la terre sont un frein à leur autonomisation, a souligné la présidente du Collège des femmes de la Confédération paysanne du Faso (CPF), Mariam Diallo.

Elle a appelé l’Exécutif à lever les obstacles à la sécurisation foncière des femmes qui sont, entre autres, l’inexistence et le non fonctionnement des instances légales, la complexité du processus d’obtention des documents et le coût élevé de délivrance des attestations de sécurisation foncière. Néanmoins, Mme Diallo a loué les initiatives prises en vue de mener des actions qui, selon elle, contribueront à une meilleure gouvernance foncière. A cet effet, elle a salué la mise en place de la plateforme multi acteurs sur le foncier.

A cela, la ministre de la Femme, de la Solidarité nationale, de la Famille et de l’Action humanitaire a ajouté l’adoption de la politique nationale de sécurisation foncière en milieu rural dont l’un des principes directeurs est la prise en compte du genre ainsi que des besoins et préoccupations des groupes vulnérables. Aussi, la proportion des superficies aménagées allouées aux femmes est passée de 30% en 2018 à 40% en 2020. Le Plan national de développement économique et social (PNDES II) ambitionne faire passer ce taux de 40% en 2020 à 50% en 2025.

« Il y a de l’espoir », s’est réjouie la ministre Laurence Marchal Ilboudo. Pour aider les « dames » à mettre davantage en valeur les terres qu’elles possèdent, les départements en charge de la femme et de l’agriculture ont octroyé, au cours de la cérémonie, des lots de matériels de production d’une valeur de près de 57 millions FCFA (dont 52 millions FCFA du ministère de la Femme) à des groupements féminins.

Djakaridia SIRIBIE

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