Soutenance de thèse en pharmacie: Dr Bibata Kaboré appréhende la chimiothérapie anticancéreuse orale

Bibata Kaboré est désormais docteur en pharmacie. Elle a soutenu sa thèse de doctorat sur le thème « observance de la chimiothérapie anticancéreuse orale à base de capécitabine au centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo », le vendredi 10 décembre 2021. Son travail a été sanctionné par la mention « Très honorable avec félicitations du jury ».

Pour ses travaux de thèse, Dr Bibata Kaboré s’est penchée sur la pratique de la chimiothérapie anticancéreuse orale à base de capécitabine au Burkina Faso. Elle a brillamment soutenu sa thèse dont le thème est « Observance de la chimiothérapie anticancéreuse orale à base de capécitabine au centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo », le vendredi 10 décembre 2021, à l’université Joseph ki-Zerbo de Ouagadougou. Mme Kaboré est partie du constat que l’utilisation de la Capécitabine (

agent antimétabolite de la classe des carbamates) est confrontée à un problème d’observance au Burkina, du fait de son mode d’administration chez des patients suivis en ambulatoire. Elle a relevé également le coût élevé des protocoles à base de Capécitabine dans un pays où le niveau socioéconomique de la population reste faible ainsi que les différentes toxicités liées à la Capécitabine. L’objectif de ses recherches vise à améliorer l’observance de la chimiothérapie anticancéreuse orale à base de Capécitabine au CHU-Yalgado Ouédraogo du Ouagadougou. Elle s’est attelée, entre autres, à décrire les caractéristiques sociodémographiques des patients sous Capécitabine dans le service de cancérologie du CHU-YO, à présenter les indications de la chimiothérapie orale et à évaluer le niveau d’observance de la chimiothérapie orale à base de Capécitabine. Sa démarche méthodologique s’est basée une approche transversale à visée descriptive. « Notre population d’étude était constituée de tous les patients suivis dans le service de cancérologie pour une tumeur maligne histologiquement confirmée et ayant bénéficié d’une chimiothérapie anticancéreuse orale à base de Capécitabine en monothérapie ou en association avec d’autres molécules cytotoxiques », a précisé Dr Bibata kaboré. L’étude a concerné 84 patients dont l’âge moyen était de 49,1 ans avec des extrêmes de 15 et 86 ans, avec une prédominance du sexe féminin à 57,1% soit un sexe ratio de 0,75. La majorité des patients résidait dans la ville de Ouagadougou soit 75%. 66,7 % des patients étaient scolarisés et 81% des patients étaient mariés. « 37% des patients ont bénéficié d’une chimiothérapie adjuvante et 35,7% d’une chimiothérapie néoadjuvante.  La Capécitabine était indiquée en monothérapie chez 29,8% et en association avec d’autres molécules cytotoxiques chez 70,2% des patients. L’association capécitabine-oxaliplatine était le protocole le plus indiqué soit 52,4% des patients », a-t-elle détaillé.

Subvention des médicaments anticancéreux

A l’entendre, conformément aux scores d’observance, la quasi-totalité des patients avaient une mauvaise observance quant à la prise de la Capécitabine soit 98,8%.  Et de préciser que les âges extrêmes, le sexe féminin, le bas niveau socioprofessionnel, l’inaccessibilité géographique ainsi que le manque de soutien de l’entourage pourraient constituer des facteurs de mauvaise observance. « Il apparait que la pratique de la chimiothérapie orale à base de Capécitabine est courante pour un certain type de cancer. La chimiothérapie orale à base de Capécitabine est le plus souvent indiquée dans le cancer colorectal, le cancer du sein et les cancers ORL », a indiqué Mme Kaboré. L’indigence des patients, les effets secondaires de la Capécitabine, la longue durée du traitement et le caractère contraignant de la prescription, a-t-elle argué, pourraient constituer les principaux facteurs influençant l’observance thérapeutique.  « L’impact de cette mauvaise observance sur l’efficacité du traitement pourrait expliquer le mauvais pronostic du cancer dans notre contexte d’où la nécessité de mener des études afin de déterminer la part attribuable de cette mauvaise observance dans le mauvais pronostic du cancer », a suggéré Dr Bibata Kaboré.

Comme recommandations, elle a souhaité que le processus de mise en place d’une assurance maladie universelle au profit de la population burkinabè soit accéléré et que les médicaments anticancéreux et les examens para cliniques soient subventionnés. Au niveau du CHU-YO, Dr Kaboré a plaidé pour le renforcement du plateau technique du service de cancérologie et la dotation de la pharmacie hospitalière en médicaments anticancéreux.

Le jury a, à l’unanimité, salué l’investissement de DR Bibata Kaboré dans son travail. Ses travaux de recherches ont été sanctionnés de la mention « Très honorable avec félicitations du Jury ».

Karim BADOLO

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