Santé de la reproduction : bilan satisfaisant pour « Burkinbiwili »

Le Conseil Burkinabè des organisations de développement communautaires (BURCASO) et des organisations partenaires ont tenu un atelier bilan du projet « Burkinbiwilli » le jeudi 14 avril 2022 à Ouagadougou. Après 2 ans pendant lesquels les jeunes eux-mêmes ont été mis au cœur du processus de diagnostic et de plaidoyer, les acteurs se sont félicités des résultats obtenus.

 Pendant deux ans, depuis novembre 2019, de jeunes Burkinabè, entre 15 et 25 ans, ont posé le diagnostic des services de santé de la reproduction (SR) dans le cadre du programme intitulé « Burkinbiwilli » (enfant du Burkina, lève-toi). Après l’exécution du projet, le consortium d’organisations de la société civile qui ont participé à sa mise en œuvre dresse un bilan positif et cherche à capitaliser les résultats. Un atelier a donc été organisé à cet effet, le jeudi 14 avril 2022 à Ouagadougou, sous la houlette du Conseil Burkinabè des organisations de développement communautaires (Burcaso), chef de file du consortium de mise en œuvre du projet « Burkinbiwilli ».

Le président du conseil d’administration de Burcaso, Ousmane Ouédraogo, a d’abord rappelé que le projet visait principalement à lever les barrières liées à l’accès des jeunes aux services de SR et inciter l’Etat à exécuter ses engagements internationaux en la matière. « Il n’y a pas de visibilité à l’interne sur les nombreux engagements que le Burkina Faso signe à l’international et le rôle de la société civile c’est justement d’assurer un suivi de ces engagements », a fait remarquer le responsable de Burcaso.

Le PCA de BURCASO, Ousmane Ouédraogo : « 25 jeunes auditeurs ont participé à la mise en œuvre du projet. La stratégie novatrice de notre consortium a consisté à laisser les jeunes agir en leur propre nom ».

« Burkinbiwili » a donc misé sur une stratégie orientée exclusivement sur le leadership des jeunes pour interroger le système de santé et mettre les décideurs face aux conclusions en les interpellant sur leurs responsabilités. « On a voulu casser le schéma classique par lequel les adultes parlent au nom des jeunes, on voulait que les jeunes mènent ces actions jusqu’à l’interpellation », a expliqué Ousmane Ouédraogo. Cette stratégie s’est exprimée à travers, notamment, la réalisation d’audits sociaux par les jeunes pour recueillir des évidences qui ont servi à documenter des actions de plaidoyer que sont les faux procès. Les acteurs ont aussi bénéficié de sessions de renforcement de compétences, ce que les OSC appellent « l’empouvoirement ».

L’auditrice Bettina Niya estime que « Burkinbiwili » a été un cadre formateur en leadership et engagement social

Bettina Niya est l’une des auditrices du projet « Burkinbiwili ». « Les audits ont consisté à  adresser un questionnaire à des jeunes et des agents de santé. Le constat a été que la vétusté et l’étroitesse des locaux, les sermons et le manque de courtoisie de certains agents de santé découragent les jeunes de fréquenter les centres de santé. On a donc réalisé de faux procès pour pousser des gros cris de coeur à l’endroit des autorités afin qu’elles facilitent l’accès des jeunes aux centre de santé », a-t-elle expliqué. Pour réaliser ces actions, les jeunes ont bénéficié, en amont, de formations en leadership, prise de paroles en public, techniques de collecte de données et sur les droits en santé de la reproduction. Ce processus d’empouvoirement a abouti à la création d’une association dénommée Association de jeunes engagés pour des causes nobles à l’initiative des bénéficiaires.

 

Capitaliser les actions et renouveler le projet

Au rang des acquis, les jeunes bénéficiaires et les organisations de mise en oeuvre du projet (Burcaso, RAJS, Fondation Rama, Gascode) sont unanimes pour dire que « Burkinbiwili » a été un cadre pour booster la confiance en soi et l’estime personnel des jeunes ainsi que leur engagement dans l’action collective. Aussi, la fréquentation continue des centres de santé et le réseautage ont été comptés au rang des acquis.

Ce qui fait dire à la chargée d’accompagnement audit social au sein de l’ONG Equipop, Steevie Reine Yaméogo, que « Burkinbiwili » est un succès. « Equipop base sa stratégie dans la capitalisation basée sur le changement et nous trouvons que le projet « Burkinbiwili » a vraiment apporté à ces jeunes dans la mesure où le projet a engrangé non seulement des résultats attendus, mais aussi d’autres résultats non attendus », a-t- elle confié. L’ONG française a été un partenaire technique du consortium pour, entre autres, l’élaboration des rapports et l’organisation des formations dans le cadre de l’exécution du projet  « Burkinbiwili ».

Selon la chargée de d’accompagnement audit social d’Equipop, « Burkinbiwili » a engrangé des résultats attendus et non attendus.

L’atelier a, par ailleurs, été le lieu de discuter sur les outils de capitalisation des actions du projet et de discuter des perspectives. A ce titre, les acteurs entendent plaider la duplication du projet auprès du partenaire financier qu’est l’Organisation ouest africaine de la santé (OOAS). Le cas échéant, une nouvelle phase du projet devra veiller à l’inclusion des groupes vulnérables (personnes handicapées, déplacés internes).

Le projet « Burkinbiwili » a vu le jour à la suite d’un appel à candidature et a bénéficié de la somme de 250 000 euros (164 millions de francs CFA) pour sa mise en œuvre dans cinq régions au Burkina Faso (Hauts bassins,  Bouclé du Mouhoun, Centre-est, Plateau central et Centre).

 

Fabé OUATTARA

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