
Les minerais critiques sont des matières premières minérales et métalliques essentielles aux technologies (transition énergétique, numérique, défense). Parmi eux, des éléments comme le lithium, le cobalt, le cuivre, le nickel, le graphite et les terres rares. Ils sont cruciaux pour les batteries, les énergies éoliennes et les panneaux solaires. En début février 2026, les Etats-Unis ont tenu un sommet à Washington, manifestant un intérêt grandissant envers des partenaires africains dont le sous-sol abrite ces minerais.
Les matières premières, minéraux et métaux, qui sont nécessaires à l’énergie renouvelable, aux technologies propres et à notre transition vers un avenir plus durable et à faibles émissions de carbone, sont connues sous le nom de minéraux critiques. Ces minéraux sont considérés comme critiques lorsqu’ils sont très importants du point de vue économique, mais rares ; ce qui fait que leur disponibilité dépend fondamentalement de la possibilité de les importer.
Un aspect clé de cette définition est celui de la vulnérabilité de la chaîne d’approvisionnement en raison des risques liés à d’éventuelles ruptures d’approvisionnement, aux problèmes de gouvernance, à l’instabilité politique ou à la concentration extrême de la production dans une poignée de pays. Cette définition est largement admise par les pays européens, les Etats-Unis et le Japon, par exemple. Les minéraux sont également considérés comme critiques, lorsqu’ils sont abondamment présents dans un pays et celui-ci a un intérêt stratégique à profiter de sa situation dominante pour obtenir un avantage concurrentiel dans la chaine d’approvisionnement mondiale.
Les pays qui utilisent cet angle pour définir la criticité sont le Canada, l’Australie et la Chine. Cette optique est également pertinente dans les pays possédant des réserves substantielles. Au sujet des utilisations et des applications finales des minéraux, on peut dire qu’ils entrent dans la composition des biens et des objets de la vie moderne. Comme par exemple la télévision, les téléphones portables, les énergies renouvelables, les technologies médicales, etc. Quant à l’énergie éolienne et solaire, elle nécessite plus de dix minéraux critiques différents, tandis qu’un véhicule électrique en utilise au moins huit. Environ 42 minéraux critiques dont les ETR, (Eléments de terre rares), sont nécessaires à la fabrication des appareils numériques émergents, tels que ceux liés aux technologies de l’information et à la mobilité.
Ces minéraux sont également essentiels dans le secteur de la santé et de la médecine, puisqu’ils sont des ingrédients clés pour les thérapies contre le cancer (radiothérapie) et les rayons X, les IRM ainsi que pour la recherche médicale. Contrer la domination chinoise. Un sommet ministériel sur les minerais critiques, organisé par les Etats-Unis s’est tenu en début février 2026 à Washington. Il a réuni une cinquantaine de pays dont des nations africaines riches en minerais critiques, à l’effet de sécuriser les chaines d’approvisionnement.
L’objectif principal est de contrer le monopole de la Chine sur les ressources stratégiques (lithium, cobalt, terres rares), essentielles à la transition énergétique et à la défense. Pour les Etats-Unis, il s’agit de repositionner l’industrie américaine face à la domination chinoise en Afrique, en créant des partenariats pour l’exploitation et le raffinage. L’intérêt des Etats-Unis pour le continent africain n’est pas anodin. L’Afrique détient environ 30% des réserves mondiales de minerais critiques, essentiels pour la transition énergétique, avec la RDC, l’Afrique du Sud et le Zimbabwe en tête. Ces ressources sont cruciales pour les batteries et les technologies propres, positionnant le continent comme un acteur stratégique, bien que 5% soient transformés localement.
De ces principaux pays, riches en minerais critiques, la RDC est le premier producteur mondial de cobalt (plus de 70% de la production mondiale) et détient d’importantes réserves de cuivre et de tantale. L’Afrique du Sud, quant à elle, est leader en réserve de platine, manganèse et chrome, essentiels pour l’hydrogène et les batteries. Le Zimbabwe est l’un des plus grands producteurs africains de lithium, détenant également de la tantalite et des platinoïdes. Et les perspectives sont intéressantes pour les pays du continent. La transformation des minéraux et éléments critiques sur place en Afrique permettrait de créer environ 2,3 millions d’emplois sur le continent. Cela augmenterait le PIB continental d’environ 12 % et contribuerait à résoudre un problème de chômage chronique. Par exemple, l’Afrique du Sud affichait un taux de chômage d’environ 33,5 %, le plus élevé d’Afrique.
Synthèse de Gabriel SAMA































