Attaque d’Intangom : Les trois policiers reposent au cimetière de Gounghin

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La cérémonie d’inhumation des policiers, tués dans le département de Tin-Akoff, a eu lieu le jeudi 02 juin 2016, au cimetière municipal de Gounghin.  C’était en présence des membres du gouvernement et de la haute hiérarchie militaire.
C’est dans une atmosphère d’émotions et de tristesse que s’est déroulée la cérémonie d’inhumation des trois policiers tués dans la nuit du 31 mai au 01 juin 2016, au poste de police d’Intangom dans la région du Sahel. Il s’agit des assistants adjoints de police Michel Kani Coulibaly, Philibert W. Silga et Tilbou Tyolé. La levée des corps a eu lieu à l’hôpital national Blaise-Compaoré sous les regards tristes des membres du gouvernement, de la haute hiérarchie militaire, des frères d’armes et des parents des familles des disparus. Après la levée des corps, cap sur le cimetière municipal de Gounghin où les trois policiers ont été inhumés après des moments d’hommages et de reconnaissances de la nation à ces fils tombés pour  la patrie.
Selon le ministre en charge de la sécurité intérieure Simon Compaoré, il y a quelques mois des gendarmes sont tombés dans les mêmes circonstances. Les actions de ces bandits, à entendre le ministre, visent à déstabiliser le pays, mettre un frein aux efforts de développement et saper le moral des forces de défense et de sécurité. «La mort de ces jeunes, partis à la fleur de l’âge ne doit pas entamer le moral des troupes », a-t-il affirmé dans un ton plein d’émotions. Il  a aussi ajouté que tout est mis en œuvre pour garantir l’intégrité des frontières et la sécurité des populations. Pour le directeur régional de la police du Sahel, Daniel Zoungrana, les assistants de police adjoint Michel Kani Coulibaly, Philibert W. Silga avaient environ trois ans de service tandis que Tilbou Tyolé  comptabilisait environ deux ans de service.
Ils laissent derrière eux des parents dans la consternation et le désarroi. Pour matérialiser la reconnaissance de la nation à ces trois policiers tombés pour la patrie, ils ont été élevés, à titre posthume,   à la dignité de la médaille d’honneur de la police nationale. Par la même occasion, les policiers Rasmané Doussoungou, percuté par un usagé de la route à Ouagadougou et Hatiana Ouoba, tombé à Bouroum-Bouroum sous les balles assassines d’un délinquant, ont été élevés aussi, à titre posthume, à la dignité de la médaille d’honneur de la police nationale. En rappel, l’attaque du poste de police d’Intangom dans le département de Tin-Akoff a été perpetrée  par des personnes non encore identifiées.
Armelle COMPAORE  (Collaboratrice)

Scarification en pays peulh : Dans le secret du « pésocka »

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Anciennes marques faciales et signes culturels distinctifs, le « pésocka » ou la scarification est aussi un effet de mode en pays peulh dans le Sahel burkinabè. Ingénieusement appliquées  sur le visage, une diversité de modèles nait des visages des « amateurs » de la scarification. 
Le Yagha, le Djiagour et le Liptako, ou «libataako » qui veut dire celui que l’on ne peut pas terrasser en fulfuldé, sont trois cantons Peulh dans le sahel burkinabè. Ces derniers forment une communauté importante parmi les  Mossi, Fulsé, Touharegs, Malabé, Sonraï, Gourmantché et Bella, autres ethnies présents dans cette partie du « pays des Hommes intègres ». Autochtones de la région, les Peulh ont subi tour à tour la domination des Dogon, des Fulsé et des Gourmantché avant de prendre leur indépendance en 1810. Ethnie dominante du Sahel, les Peulh sont reconnus par la langue fulfuldé, mais surtout par le trait physique et autres coiffures féminines le «djoubourou », le « bidjadji » ou le « arden n’guesse ».
Au-delà de cette identification physique et de reconnaissance sociale,  les Peulhs s’identifient et se reconnaissent aussi par un signe distinctif perceptible uniquement sur les visages. Il se matérialise par des incisions faites à l’aide du « pémborki », ou couteau en fulfuldé. Cette cicatrisation répondait à des normes familiales, ethniques et culturelles. « La scarification est un signe d’identification et d’appartenance à une famille, à un clan. Elle trouve ses origines dans le temps et était utilisée pour lutter contre les  razzias d’esclaves et les vols d’enfants », explique Hanafi Amirou Dicko, le président des éleveurs traditionnels du Sahel, animateur du monde rural et historien du Liptako. Il poursuit en ajoutant qu’à une époque lointaine, en pays peulh, la grand-mère ou la tante avait l’honneur de procéder à la scarification du bébé.
A son tour, le bébé recevait soit un mouton, une chèvre ou une couverture en guise de cadeau. Et pour la cicatrisation de ces plaies en pays peulh, « on utilise un mélange de la suie du dos de la marmite et du beurre de vache que l’on applique sur les plaies », confie M. Dicko. « Au bout d’une semaine, la cicatrisation est effective », dit-il. Sur les visages de la plupart des femmes et de certains hommes, un constat se dégage : une multitude de mode et de style de scarification. Chez les hommes, au-delà du turban, un seul trait sur la joue et souvent, deux traits verticaux en parallèles sur la tempe sont visibles. Chez les femmes par contre, ces incisions assez nombreuses et de dispositions différentes, ont une allure de maquillage.
Trois petits traits aux coins de la bouche, trois traits parallèles de petite taille à la verticale sur le front, le menton et sur les deux joues sont perceptibles sur le visage de certaines femmes et d’autres jeunes filles. «A mon adolescence, je me suis faite cette cicatrisation en une journée au coût de 1 000 F CFA pour me faire belle et être comme les autres», avoue Aminata Bokoum, ménagère de 40 ans, résidant à M’ Bam’ga, dont les cicatrices sur le visage sont un mélange de «gangnalé », de « mouiporté» et de « wodel ».

 De nombreuses vertus

Comme Aminata, nombreuse sont celles qui vont se scarifier suivant leur goût. « Je me suis faite ce mélange de wodel et de mouiporté, lorsque j’avais 15 ans, grâce à une amie. J’ai d’abord fait les dessins sur mon visage avec un crayon avant de la rejoindre pour l’incision »,  témoigne, Aïssatou Diallo, ménagère au village de Lerbou. Dicko révèle, ainsi, que l’on distingue trois catégories de cicatrisations chez les Peulh. Le « lassigue-tèlguè », matérialisé par une cicatrisation sur la tempe en un ou deux traits verticaux en parallèle pratiquée par les deux genres, hommes et femmes. Ensuite, il y a le «mouiporté ». Une incision finement appliquée en trois traits sur les coins de la bouche. Ce modèle a des ressemblances avec le «wodel», qui relève de l’esthétique chez les Peulh de Béguentigui.
De même aspect que le « mouiporté », le « wodel » se matérialise par trois traits fins, sur le front, le menton et souvent sur les joues. Enfin, le « gangnalé », une cicatrisation faite en un seul trait sur l’une des joues. C’est le plus populaire des cicatrices que l’on retrouve un peu partout dans la région du Sahel, selon Hanafi Dicko. Cependant, aussi populaire soit-il, le « gangnalé » se distingue d’un canton à un autre. Celui des Peulh du Djiagour est marqué par une incision de petite taille finement appliquée entre le nez et la paupière inférieure. Cette marque de cicatrisation ethnique se constate aussi chez les gourmantché. Au Liptako, « le gangnalé » est de taille moyenne avec un aspect fin.
Il est perceptible chez les Peulh de «derrière la colline », M’Bam’Ga, un village situé à une quinzaine de kilomètres au Sud de Dori. « Le gangnalé est appliqué sur la joue droite des membres de la famille royale à M’Bam’Ga », affirme Amadou Abdoulaye  Dicko le «rouga», chef éleveurs. Enfin, pour le Peulh du Yagha le « gangnalé », a l’allure d’une blessure. Il est d’une taille imposante. On le constate chez les Rimaïbé vivant à Béguentigui, « le village de l’abondance » en gourmatchéma, localité située à 7 kilomètres au Nord-Ouest de la ville de Dori. « Le bébé rimaïbé subit la cicatrisation dès le septième jour », indique Ama Amadou Dicko, un des 44 chefs de famille que comptent, le village de Béguentigui.
La scarification peulh a aussi une signification thérapeutique semblable à d’autres ethnies du Burkina Faso et des contrées africaines. Elles ont une valeur de protection pour l’individu qui les porte. Aussi, ces scarifications sont appliquées sur certaines parties précises du corps humain. Autour du nombril, sur les poignets, et sur les seins on voit à de petites incisions. En effet, ce même genre de cicatrisation est aussi remarqué chez les Mossi au Burkina Faso et chez le peuple Haoussa que l’on retrouve au Benin, au Niger et au Nigeria. C’est le cas aussi de la cicatrisation du signe (+) de l’addition sur l’une des joues. Cette incision du signe de l’addition est constatée chez les Peulh Sonraï, chez les Mossi. Elle est aussi portée par des Peulh du Niger et de la sous-région. En outre, dans le Sahel, il y a une cicatrisation à signification sociale. Elle est matérialisée par une incision proéminente sur la tempe. Celle-ci est révélatrice de l’individu. « Une cicatrisation sur la tempe informe que l’intéressé porte le nom de mossi qui signifie un enfant revenant », souligne, l’historien du Liptako.

La tradition peut-elle se perpétuer ?

De nos jours, les visages sont de moins en moins cicatrisés dans le Liptako et dans le Sahel. Selon, l’animateur du monde rural, ce constat est une suite logique selon laquelle, les causes qui ont prévalu à sa création n’existent plus. Il y a aussi l’apport indéniable de la religion et de l’avancée du modernisme sont, entre autres, des facteurs qui influent sur cette pratique, ajoute-t-il. « Je suis un jeune de 30 ans, je ne porte pas de cicatrices et cela ne me dérange pas. Je me reconnais peulh et je ne pense pas qu’il me soit nécessaire de me faire une cicatrice, pendant que mes parents me l’ont pas fait », affirme Amidou Dicko.
Aussi, la jeune génération et des personnes âgées à l’image de Dicko Amadou Abdoulaye, sexagénaire de M’Bam’Ga, dénoncent, de nos jours, la pratique de la scarification raciale. « Je préfère que l’on arrête cette pratique, car ce sont des  blessures que l’on fait sur les visages et mieux encore notre monde actuelle n’a plu besoin de ça pour s’identifier parce que nous avons des cartes d’identités », confie, Amadou Abdoulaye. Mme Dicko du même village tout en soulignant le fait que son application ne requiert le plus souvent le consentement de la personne scarifiée, admet que pour se faire belle maintenant, la fille ou la femme peulh on n’a plus besoins de se faire mal en se blessant sur le visage. Car, «les tatouages qui sont de simple application de surface pourraient jouer le jeu et leur avantage est qu’on peut, à souhait, changer de modèles comme la coiffure ».
Reconnaissant ces faits, l’historien du Liptako, souligne la mise en écart «injuste » dans la foulée de certaines pratiques culturelles peulh. Il s’agit entre autre, selon lui, de l’initiation des jeunes garçons suivant le rituel de la circoncision. Ainsi, « par promotion, appelée waldé en fulfuldé, les enfants peulh sont à l’épreuve de l’initiation. Amenés hors des parents de la ville, ce groupe d’enfants reçoit durant 2 à 3 mois une formation pour toute la vie, suivant le rituel de la circoncision, des règles de vie communautaire et de la culture peulh », défend Hanafi. C’était une valeur qui faisait la force de toute une communauté, le levier du pacte social traditionnel africain, conclut-il.
Toutefois, même si la pratique de tatouage semble être une orientation qui prend à contre-pied la scarification raciale de nos jours, le « pésocka », jouit d’une survie sujette à un effet de mode et d’esthétisme chez la plupart des Peulh. En effet, la scarification raciale peulh est aussi un grain de beauté dont l’application  et le style répondent d’une volonté personnelle à l’image du port des perles et des pièces d’argent, atouts de beauté et de charme sur les coiffures traditionnelles peulh toujours d’actualité.
Rémi ZOERINGRE

Route Tougan Dédougou :la fin du cauchemar dans 24 mois

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Le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, a procédé au lancement officiel des travaux de construction et de bitumage de la route Dédougou-Tougan, le mardi 31 mai 2016, à Tougan. Vingt-quatre mois ont été donnés à l’entreprise SOROUBAT/ATP pour achever la construction de cette route longue de plus 91 kilomètres. 
Longtemps attendus, les travaux de construction et de bitumage de l’axe Dédougou-Tougan ont été officiellement lancés, ce mardi 31 mai 2016 par le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba. Vingt-quatre mois mois, c’est le délai accordé à l’entreprise SOROUBAT chargée des travaux, pour mettre fin aux calvaires des usagers de cette route longue de 91 kilomètres. Les travaux de construction de cette route consistent essentiellement en la réalisation des travaux préparatoires aux travaux de terrassement, l’exécution du terrassement pour les corps de chaussées, la mise en œuvre du revêtement en enduit superficiel bicouche ou tri couche pour les chaussées et en enduit superficiel monocouche pour les accotements.
Le projet prévoit la construction d’un pont à poutre long de 75 mètres sur le fleuve Mouhoun, la réalisation de l’assainissement hydraulique longitudinal et transversal, la réalisation de la signalisation horizontale et verticale et la mise en œuvre de mesures environnementales et sociales. La chaussée sera large de 7 mètres en rase campagne avec des accotements de 1,5 mètre. En traversée d’agglomération, elle sera large de 12 mètres avec des accotements de 2 mètres chacun.  C’est en présence d’une foule nombreuse que le premier coup de pelle a été donné.
De l’avis de  Sannoubomé Justin Somé, gouverneur de la région de la boucle du Mouhoun, cette grande mobilisation  des acteurs de la région est l’expression de la joie légitime des populations exprimée sans réserve dès l’annonce de la nouvelle de l’attribution du marché pour l’exécution des travaux de bitumage. Il a en outre saisi l’occasion pour inviter l’ensemble des populations et les usagers de cet axe à être indulgents et d’accorder un bon accueil à l’entreprise tout en respectant les consignes de signalisation durant la phase d’exécution des travaux. D’un coût global de plus de 29 milliards de nos francs, ce projet, à terme, permettra de relancer la croissance économique par l’évacuation des produits agricoles et halieutiques de cette partie de la région.
Déjà, pendant la phase d’éxécution du projet, de nombreux emplois rénumérateurs seront offerts à la jeunesse et aux femmes. S’exprimant au nom des bénéficiaires, Moussa Sanogo, a traduit sa fierté de voir cette route se réaliser au bonheur des populations qui ont tant attendu et avaient fini par être pessimistes. « Les populations vivaient de pessimisme. Elles voulaient voir et croire. Avec ce premier pas, l’incroyable d’hier est devenue une réalité aujourd’hui. L’espoir des populations renaît, dans la mesure où le lancement des travaux ouvre une nouvelle ère dans cette zone, restée enclavée depuis l’indépendance du pays », a-t-il renchéri.
Financé par la Banque islamique de développement (BID), le projet de bitumage de la route Tougan-Dédougou est l’un des trois projets routiers en cours d’exécution au Burkina Faso financé par cette institution bancaire, selon Ibrahim P. Alassane Ouédraogo, représentant de la BID. Ainsi a-t-il invité la direction générale des infrastructures routières, l’agence d’exécution du projet, a usé de toute son expérience et ses capacités pour une mise en œuvre diligente de ce projet qui vise à soulager les usagers de cette route et permettre, du même coup, le désenclavement de cette zone à très fort potentiel agropastoral.

Des promesses dans un proche avenir

Dans son intervention, le ministre des Infrastructures, Eric Bougouma, a justifié le choix de SOROUBAT suite à un appel d’offre international ouvert.
Il a saisi l’occasion pour rassurer les populations de la province du Nayala qu’elles seront surprises par le lancement des travaux de la route Dydir-Toma-Tougan, car les entreprises seront choisies très bientôt. Toujours dans sa politique de désenclavement, le gouvernement, à travers le ministère des Infrastructures, œuvre pour poursuivre le projet de bitumage de la route nationale n°10 jusqu’à Ouahigouya. « Pour la route Tougan-Ouahigouya, le projet est dans de bonnes mains  et une bonne nouvelle sera annoncée bientôt » a rassuré le ministre Eric Bougouma.
Il a traduit la reconnaissance du gouvernement et du peuple burkinabé à la BID pour sa disponibilité et son accompagnement  et lui demander de continuer,  car il reste de nombreuses routes à bitumer.
Tout en appréciant le projet, le chef du gouvernement, Paul Kaba Thiéba, a souligné qu’au cours de cette année 2016, il est prévu un ensemble de bitumage de routes dont celles de Dydir-Toma-Tougan et bien d’autres routes dans d’autres régions du pays. C’est pourquoi, il a qualifié le lancement de la route Dédougou-Tougan de symbolique en ce sens qu’il marque le démarrage de grands chantiers d’infrastructures routières de son gouvernement.
« C’est vraiment un acte symbolique auquel je viens de procéder ce matin en compagnie du ministre des Infrastructures.
Symbolique en ce sens qu’il marque véritablement le démarrage des travaux de bitumage d’infrastructures routières qui sont  prévues dans le plan d’action prioritaire du gouvernement au titre de l’année 2016 », a dit le Premier ministre, Paul KabaThiéba.
Stanislas BADO  AIB/Mouhoun

Les opportunités de financement de l’économie locale

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Le Réseau des caisses populaires du Burkina (RCPB) a organisé, le samedi 29 mai 2016, à Ouagadougou, une soirée de promotion de ses produits et services, marquant ainsi le lancement de la 11e semaine des caisses populaires. 
Du 28 mai au 04 juin 2016, a lieu la 11e édition de la semaine des caisses populaires. Et, c’est culturellement que le Réseau des caisses populaires du Burkina (RCPB) a donné, le samedi 29 mai 2016 à Ouagadougou, le top de départ des festivités entrant dans le cadre de cette semaine. A l’occasion, la maison du Peuple a refusé du monde. Des artistes à l’image de Habibou Sawadogo, Salif Widiga et Floby ont tenu en haleine les bénéficiaires, les agents et les responsables de la caisse, ainsi que des membres de l’exécutif.  Loin d’être un moment de réjouissance exclusive, la semaine des caisses populaires se veut une aubaine de partage d’une « vision de l’inclusion financière avec toutes les populations des différentes zones d’implantation du RCPB », foi du Président du conseil d’administration (PCA), Jean Pierre Tapsoba.
Ainsi, les participants se pencheront sur les «opportunités et perspectives de financement de l’économie burkinabé», de l’offre des produits et services du RCPB.  Pour le PCA des caisses populaires du Burkina, son institution s’affiche aujourd’hui comme un acteur non négligeable de financement de l’économie locale. Le RCPB, a-t-il poursuivi, est constituée de coopératives d’épargne et de crédit dans toutes les provinces avec 188 guichets et plus d’un million d’adhérents. La ministre en charge de l’économie, Rosine Coulibaly, a loué les valeurs de solidarité, de partage et de vivre-ensemble promues à travers les caisses populaires. A l’en croire, l’économie nationale a besoin des «partenariats populaires» pour une finance plus inclusive. «De petites sommes peuvent permettre à un pays comme le nôtre de faire de grands pas», a laissé entendre Mme le ministre.
Le parrain de cette 11e semaine, Tahirou Barry, par ailleurs ministre en charge de la culture, a soutenu que les caisses populaires ont leur raison d’exister au Burkina Faso. Car, elles contribuent au financement des activités génératrices de revenus des populations, tant en milieu urbain que rural. Au cours de la soirée culturelle, les meilleurs souscripteurs et usagers ont été primés. Au menu de la semaine des caisses populaires, édition 2016, une course cycliste professionnelle, des activités caritatives…
Djakaridia SIRIBIE

Le président du Faso invite la population à se rendre massivement aux urnes

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Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a accompli son devoir de vote à l’école Patte d’oie de Ouagadougou, le dimanche 22 mai 2016, pour le compte des élections municipales.
Les Burkinabè étaient dans les urnes ce dimanche 22 mai 2016 pour élire les conseillers municipaux. C’est à l’école Patte d’oie de Ouagadougou que le président de Faso, Roch Marc Christian Kaboré, est allé accomplir son devoir. Il a profité pour inviter les Burkinabè à sortir massivement pour que le taux de participation aux élections soit important.
Pour lui, les conseils municipaux sont un maillon essentiel car ils servent de relais entre le gouvernement et les citoyens. « Nous avons eu des élections législatives et présidentielle. Un des maillons qui manquait à la chaîne, c’est bien les élections municipales parce qu’elles constituent la démocratie à la base », a-t-il dit.  Il a exprimé sa satisfaction de voir mettre en place les mairies et conseils régionaux qui pourront apporter leur contribution au développement du Burkina Faso. S’agissant des incidences survenues lors des campagnes dans certaines localités, le président estime que le rubicon a été franchi. « Nous devons faire la politique.
 Nous  pouvons avoir des déviations verbales mais il faut qu’on arrête de prendre en agression la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ou d’engager des bagarres qui blessent », a-t-il martelé. Il a appelé les partis  politiques à faire des introspections pour éviter  de pareils comportements à l’avenir. Et de poursuivre en indiquant que si un parti se sent victime d’agression de la part d’un autre, il est loisible pour lui de déposer une plainte afin que les responsabilités soient situées et que des sanctions soient prises dans ce sens.
Quant à l’annulation des élections dans certaines localités, Roch Marc Christian Kaboré semble saluer cette mesure de la CENI. « Si un démembrement de la CENI est saccagé dans une localité, du matériel brûlé, si l’insécurité est telle  que l’organisation des élections est un danger pour tout le monde, il est sage d’annuler les élections », a-t-il confié. Et d’ajouter qu’il appartient donc aux partisans de chaque formation politique de réfléchir aux conséquences de leurs actes qui empêchent les populations d’avoir un organe qui assurera  le développement.
Adama SEDGO

Investiture :Tsai Ing-wen prévoit un « eldorado » pour son peuple

La nouvelle présidente de la République de Chine (Taïwan), Tsai Ing-wen et son vice-président, Chen Chien-jen ont preté serment devant leur peuple, le vendredi 20 mai 2016 au palais présidentiel de Taïpei. Ainsi, ils sont investis pour un mandat de 4 ans, renouvelable une seule fois.
Il est 9h00mn au  palais présidentiel de Taïpei (1h du matin à Ouagadougou) ce vendredi 20 mai 2016, lorsque l’hymne national taïwanais retentit.  C’est le début de la cérémonie d’investiture du 14e président de la République de Chine (Taïwan) et de son vice-président. Il s’agit respectivement de Tsai Ing-wen et Chen Chien-jen qui ont  preté serment devant le peuple taïwanais dès l’entame de la cérémonie. Tsai Ing-wen est alors la première femme a accédé à la tête du pays. Ainsi,   le Parti démocratique progressiste (PDP), formation politique d’opposition, vient de renverser officiellement le Parti Kuomintang (KMT) du président sortant, Ma Jing-Jeou, qui a une riche histoire à Taïwan et qui gouverne de façon majoritaire depuis 2008.
Pendant que les  autorités des pays amis et partenaires félicitaient la nouvelle présidente et son vice-président, l’assistance suivaient avec admiration différentes prestations. Des défilés militaires édifiants, l’histoire de Taïwan mise en scène par des talentueux acteurs, des danses chorégraphiques au rythme de chants et sonorités mélodieuses ont rehaussé l’éclat de l’événement. Des démonstrations gymnastiques culturelles ont scandé par moment la cérémonie. Les potentialités économiques et productives ont  également été présentées à l’assemblée à travers des mises en scènes. Après quoi, la désormais présidente de Taïwan monte à la tribune pour son discours tant attendu des populations de cet île asiatique. Tsai Ing-wen a tout d’abord salué tous ceux qui ont placé leur confiance en elle.
 Pour elle, cette 3e alternance du pays qu’elle vient d’accomplir est pleine c’est-à-dire avec une majorité absolue au parlement.« Encore une fois, le peuple de Taiwan ont montré au monde par nos actions que nous, en tant que peuple libre et démocratique, se sont engagés à la défense de notre liberté et de la démocratie comme mode de vie. Chacune et chacun d’entre nous ont participé à ce processus », a-t-elle souligné. En ce qui concerne les résultats des élections du  16 janvier 2016,  elle a affirmé que c’est l’aspiration du peuple au changement et d’avoir des réponses à ses problèmes. « Nous n’allons pas trahir cette confiance du peuple. Nous invitons la population à se mettre au travail pour un véritable développement du pays. Nous, nous sommes là pour coordonner les actions du peuple », a laissé la présidente Tsai du haut de la tribune. Un tonnerre d’applaudissement ponctue de discours.

 Relever le défi des exportations

 Les défis du pays, a-t-elle poursuivi, sont énormes. Il s’agit, entre autres, de la relance économique, l’employabilité de la jeunesse, la promotion des logements sociaux. Le transport, l’éducation, la santé, l’assainissement de l’environnement et du système judiciaire sont aussi des domaines prioritaires du nouveau gouvernement. « Notre nouveau modèle de développement économique sera entièrement intégrée avec les autorités nationales d’aménagement du territoire, le développement régional et la durabilité environnementale. La stratégie de planification industrielle et l’utilisation des terres nationales ne devraient pas être fragmenté ou myope », a-t-elle préconisé.
Tsai Ing-weng entend également promouvoir un système social de développement. Le développement  des exportations est un grand challenge de la nouvelle dirigeante de Taïwan. « Nous devons travailler à atteindre une expansion économique internationale pour que Taïwan puisse aider ses pays amis et partenaires qui sont dans le besoin », a-t-elle lancé. Elle a demandé l’unité du peuple taïwanais pour relever ses différents défis. En tous les cas, elle en fait son cheval de bataille le bien-être des populations : « Les 23 millions taïwanais verront un changement dans leur vie dans les prochains jours ».

Maintenir les relations avec la Chine continentale

 Concernant les relations avec la Chine continentale, elle s’est engagée à travailler selon la volonté de son peuple. Pour ce faire, elle garde le statut quo en s’inscrivant dans la continuité des relations entre les deux Etats. « Nous avons été  élu présidente conformément à la Constitution de la République de Chine (Taïwan), il est donc de notre responsabilité de sauvegarder la souveraineté et le territoire de la République de Chine ; en ce qui concerne les problèmes qui se posent dans la mer de Chine orientale et la mer de Chine du Sud, nous proposons de mettre de côté les différends de manière à permettre le développement commun », a-t-elle rassuré son peuple. La nouvelle présidente prévoit également consolider ses relations diplomatiques avec le Japon, les Etats-Unis, l’Union européenne.  A cet effet, elle envisage signer des accords avec ses différents pays pour que la République de Chine Taïwan gagne une grande visibilité sur le plan international.
 Kowoma Marc DOH (Envoyé spécial à Taïpei)

Editorial : Autopsie d’un convalescent

Autopsie d’un convalescent
Deux mois après avoir obtenu le quitus de la représentation nationale pour exécuter la politique générale de son gouvernement, le Premier ministre Paul Kaba Thiéba était encore devant les élus du peuple. Cette fois-ci, il y était pour présenter une photographie actuelle de la Nation, comme l’exige l’article 109 de notre loi fondamentale. Cet exercice, bien que n’étant pas sanctionné de vote, n’a pas été moins périlleux que le précédent.
En effet, Paul Kaba Thiéba était appelé à répondre d’un résultat dont son gouvernement n’est pas directement ou exclusivement comptable. L’Etat est une continuité, dit-on. Toutefois, son équipe et lui ont « juste » un peu plus de trois mois de gouvernance.  Pas assez pour pouvoir « vraiment » les juger à l’œuvre. C’est pourquoi, la situation que M. Thiéba a servie est une mixture, faite, entre autres, de l’héritage de la Transition, des actes et projets de l’actuel régime. C’est un pays convalescent, portant encore les stigmates des soubresauts sociopolitiques, mais déterminé à se remettre sur les rails du développement durable, qui a été donné à voir à l’hémicycle. Il y a eu comme une volonté de s’émanciper du récital démagogique auquel nous avons coutume. Rappelons-nous de cette pratique consistant à user d’artifices de tous genres pour polir, coûte que coûte, une réalité socioéconomique chaotique. Et au résultat, très peu de Burkinabè se reconnaissaient dans le pays peint aux honorables.
Le manège de vouloir cacher le soleil avec la main est-il complètement enterré? Wait and see. Pour l’heure, le discours sur la situation de la Nation prononcée le vendredi 6 mai 2016, est paru, à bien des égards, comme un reflet assez fidèle de notre société. « Les quatre premiers mois de l’année 2016 ont été marqués par la recrudescence des actes d’incivisme, de troubles à l’ordre public, créant les risques d’un affaiblissement de l’autorité de l’Etat… », a reconnu le Premier ministre. A cela, il a ajouté la fraude fiscale, l’indélicatesse de certains agents publics prêts à s’offrir des salaires et autres avantages indus, etc. La lutte contre ces fléaux incombe, au premier chef, au gouvernement. C’est lui qui dispose de tous les moyens légaux et légitimes pour contraindre les inconvenants à rentrer dans les rangs. La sensibilisation, à elle seule, semble montrer des limites. Il faut bien une fin à cette recréation qui n’est pas de nature à rassurer les honnêtes citoyens, encore moins les investisseurs potentiels. Or, le pays a, incontestablement, besoin d’ordre pour  relancer une économie fragilisée par les incertitudes d’un passé récent.
Cela est un passage obligé, dans la mesure où le gouvernement Thiéba compte énormément sur les ressources fiscales et douanières pour améliorer le quotidien des Burkinabè. Dans le domaine de la production agricole, la gageure est de réussir à briser le cycle infernal de l’amateurisme  qui a longtemps émaillé la gestion de ce secteur qui emploie près de 80% de la population. Nous osons croire, avec le Premier ministre, que les producteurs recevront cette année, les intrants à temps, afin de semer au bon moment. L’acheminement des intrants à bonne date est un préalable, si nous voulons atteindre l’objectif de 4 700 000 tonnes de céréales au cours de cette campagne, soit une hausse de 12% par rapport à la campagne 2015-2016. Les casse-têtes de l’actualité n’ont pas été occultés par le Premier ministre. Ainsi, il a présenté des réponses conjoncturelles mais aussi structurelles aux problèmes d’eau et d’électricité que vivent les populations, notamment celles de Ouagadougou.
Le temps et le sérieux dans la mise en œuvre de ces mesures jugeront de leur pertinence à étancher la soif du plus grand nombre. Au moins, ce face à face de Paul Kaba Thiéba avec les députés a permis d’évoquer la kyrielle de difficultés des Burkinabè des villes comme ceux des campagnes. Toutes les attentes n’ont certainement pas été comblées. Nonobstant, ce discours s’est révélé être le portrait-robot d’un pays aux multiples défis qui a besoin de toutes ses filles et tous ses fils pour émerger. Pourvu que chacun, à quelque niveau qu’il soit, accepte de faire le sacrifice au nom de la nation. La campagne pour les élections municipales qui vient de s’ouvrir, est l’occasion pour l’ensemble des Burkinabè, les politiques et militants surtout, de faire la preuve de son attachement à la patrie. Le souci de préservation de la stabilité et de l’unité nationales doit prévaloir sur les oppositions idéologiques .
Par Rabankhi Abou-Bâkr ZIDA
rabankhi@yahoo.fr

Sommet de l’OCI : le président du Faso accueilli à Istanbul

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Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré  a été accueilli  dans l’après-midi du mercredi 13 avril 2016  à l’aéroport  « Istanbul Ataturk » par le ministre turc de l’économie, Mustafa Elitas.
Arrivés  aux environs de 16 heures,  (heure locale et 13 heures, heure GMT), après 5 heures 30 mn de vol, le chef de l’Etat burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré et son épouse  ont  été accueillis  à leur descente d’avion par le ministre de l’économie de la Turquie Mustafa Elitas.
Le président Kaboré prend part ce jeudi 14  avril au 13e sommet de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) sous le thème  « l’unité et la solidarité pour la justice et la paix”. Une rencontre présidée par le président  turc Recep Tayyip Erdogan.  Et elle sera dominée par les questions de terrorisme vue le contexte de trouble affectant plusieurs de ses  Etats membres.
L’Organisation de la conférence islamique, créée le 25 septembre 1969, est devenue l’Organisation de la coopération islamique depuis 2011. Le siège de cette institution intergouvernementale se situe à Djeddah, en Arabie Saoudite. Elle compte 57 Etats membres et est représentée aux Nations unies par une délégation permanente.
L’OCI s’est engagée à « promouvoir la coopération dans les domaines économique, social, culturel et scientifique” et à veiller à « la sauvegarde des lieux saints de l’islam”.
Boureima SANGA
bsanga2003@yahoo.fr
Envoyé spécial à Istanbul/Turquie

Economie : bientôt une nouvelle mine d’or de Houndé

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Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, s’est successivement entretenu dans la matinée du lundi 11 avril 2016, avec le président  de la société Endeavour mining, Sébastien de Montessus et une délégation de ministres tchèques des Affaires étrangères et de la Défense.
La société minière Endeavour mining, présente en Afrique de l’Ouest dans des pays comme la Côte d’Ivoire, le Mali et le Ghana,  est prête à investir également au Burkina Faso. Le président de ladite société, Sébastien Montessus, accompagné de ses proches collaborateurs et du  ministre burkinabè en charge des mines, Pr Alfa Oumar Dissa, a été la première personnalité à être reçue par le chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré, le lundi 11 avril 2016, au palais de Kosyam. Au cours de leur entretien, il a annoncé à son hôte, le démarrage imminent (fin avril) des travaux de construction de la mine d’or de Houndé, chef-lieu de la province du Tuy, dans la région des Hauts-bassins. Aux dires de Sébastien de Montessus, les travaux dureront 18 mois et le premier lingot d’or est attendu avant la fin de l’année 2017. « C’est une mine qui va représenter 200 milliards de F CFA d’investissements, la création de 500 à 600 emplois directs et de 4000 à 5000 autres indirects », a-t-il déclaré.
Le président de Endeavour mining a, par ailleurs, affirmé le rachat en cours par sa structure, de la mine de Karma, dans la région du Nord, détenue par  la société minière Truegold. Cette mine, a-t-il dit, a déjà investi 70 milliards de F CFA et débute ses travaux d’exploitation en fin avril.
Elle produira, selon lui, trois à quatre tonnes d’or par an. « Au total, la mine de Houndé et celle de Karma équivalent à près de 300 milliards de F CFA que le groupe Endeavour mining investit sur trois ans. D’ici à 2018, le groupe va devenir le premier producteur aurifère au Burkina Faso », a précisé M. De Montessus. De son avis, les opérations des deux mines vont générer à terme la création de 7 000 à 10 000 emplois, 20 à 30 milliards de taxes et de royalties pour l’Etat burkinabè. Il a rassuré qu’il y a un « dialogue constructif » entre toutes les sociétés minières et l’Etat à propos du code minier. « Ce type d’investissements ne peut se faire qu’à partir du moment où il y a une forte entente entre l’Etat et la société minière. (…) Nous avons montré au chef de l’Etat que nous étions intéressés par ce développement et que nous ferons en sorte que l’ensemble des parties y trouvent leur compte », a soutenu Sébastien de Montessus. Il a affirmé qu’en dépit « des difficultés collectives », la société Endeavour mining est engagée à investir massivement au « pays des Hommes intègres ».
A sa suite, le président du Faso a reçu le ministre tchèque des Affaires étrangères, Dr Lukas Kaucky et  celui de la Défense, Jakub Hodinar. Les deux hôtes du  chef de l’Etat ont laissé entendre au sortir de l’audience, qu’ils sont venus parler de la coopération bilatérale. Les domaines de la défense et de l’éducation ont été abordés en vue d’asseoir une collaboration entre le Burkina Faso et la République Tchèque. En tant que pays membre de l’Union européenne, la République Tchèque, ont ajouté les deux ministres, encourage le renforcement des acquis démocratiques.
Karim BADOLO

Chronique : Je veux accoucher, mais j’ai peur de la table !

Je veux accoucher, mais j’ai peur de la table !
Si j’avais su que cette table était si redoutable et que personne ne serait comptable de l’état de « l’épave » coupable, j’aurais même renoncé à ce projet d’enfant. Si j’avais su que ton destin était scellé à une table instable et incapable, bancale et fatale, je l’aurais contournée pour te délivrer de tout mal. Si j’étais là, je leur dirais que la table était déjà dans une mauvaise passe et que tu pouvais passer de vie à trépas. Si j’étais là, je retiendrais l’épouvantable table coupable par-ci et par-là ; je ne serais jamais las de rester jusqu’à ce que le bébé soit là. Si j’étais là, je collerais les fissures, j’adapterais l’armature à ta stature, je t’éviterais la mésaventure de la cassure, avant même que les augures ne trahissent le dessein malsain de la bavure ou de l’accident.
Si j’étais là, je remettrais tout à plat, j’apporterais à la sauvette une natte, peu importe s’il n’y a pas de drap ou de coussin ; tant pis s’il n’y a ni appui ni attache, je te tiendrais jusqu’au bout du travail, vaille que vaille. Hier, nos mères accouchaient sur des tas d’ordures sans la moindre égratignure ! Pourquoi aujourd’hui, meurent-elles en couches, parfois avant même qu’on ne les touche ? De nos jours, on ne peut même plus regarder le ventre de sa femme végéter avec plaisir. Quand on pense qu’une femme enceinte est une bombe sous nos tropiques, un kamikaze en puissance, on ne peut que pleurer. Mais jusqu’à quand allons-nous enterrer ces dames qui meurent avec une vie dans les entrailles ?
Pendant combien de temps va-t-on clamer et acclamer la santé de la mère et de l’enfant, quand elles montent sur une table pour continuer au ciel ? La prochaine victime, c’est qui ? C’est toi, c’est moi ! Il n’y a rien de pire que de sourire à sa femme à l’entrée de la maternité pour aller l’attendre à la sortie de la morgue. Oui, nous sommes amers, nous sommes même sévères et rien ne sert de nous dire que cela peut arriver. Cela ne doit pas arriver !
Tant pis si cette chronique doit me coûter la tige de  la pige, l’essentiel  est qu’on pige. De toute façon, il y a longtemps que je veux démissionner et rentrer chez moi. On ne peut pas se taire sur le drame. On ne doit pas fermer les yeux sur la tragédie.
Je ne savais pas que la formule « plus rien ne sera comme avant » était une simple figure de style. Je ne savais pas qu’on pouvait vanter une politique sanitaire sur une tombe. Je ne savais pas qu’on pouvait dire que tout va bien en s’appuyant sur une table d’étable bancale et fatale. Je ne savais pas qu’une âme pouvait s’éteindre avec fracas et sans tracas, juste pour avoir commis le péché mortel de donner la vie. Je ne savais pas que l’accouchement était un danger pour la femme et qu’à cause d’une table, on pouvait passer à table avec l’ange Gabriel. Il faut taper du poing sur la table et sauver la prochaine parturiente. Il faut situer les responsabilités, sans complaisance et tirer les leçons sur les débris de cette table.
Et même si on ne pourra jamais recoller les morceaux, on aura au moins le mérite de sauver la femme de « Patarbtaalé » ou de Tartempion, ces gens qui ne peuvent pas aller accoucher sur des tables en or. En attendant que les tables de nos hôpitaux sans chapiteaux soient vues et revues, gageons que plus jamais aucune femme ne « fera tonneau » en clando, sans même avoir eu le temps de pousser à fond : attention ça vient vite, je veux accoucher ! J’ai peur de la table, donnez-moi une natte !
Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr