De la démocratie vertueuse

Après avoir mis en exergue l’hypocrisie de la démocratie gréco-romaine avec tous ces « damnés de la terre » et autres exclus du système qui dament actuellement le macadam en Occident sous le feu des forces du « désordre », il convient de revenir sur la conception de cette même démocratie selon les révolutionnaires progressistes qui sont à la tête de nos Etats depuis quelques années et dont les systèmes de gouvernance produisent de plus en plus des résultats tangibles. Dans l’entendement de cette nouvelle « race » de dirigeants, on ne saurait parler de démocratie véritable tant qu’il existe des classes distinctes, mais bel et bien de démocratie de classes.

Une démocratie étroite, tronquée, fausse, hypocrite, un paradis pour les riches et un piège pour les pauvres ainsi que la situation du pays réel le laisse voir 60 ans après les indépendances. Il faut donc que le pouvoir révolutionnaire prenne sa responsabilité pleine et entière en développant et en étendant la démocratie prolétarienne à travers une refondation de l’Etat néocolonial pour redonner espoir au peuple. D’où la volonté de relever le défi de l’édification d’un Etat solidaire, fort, prospère et indépendant ce qui revient à renforcer l’état de droit en vue de garantir la justice, la primauté du droit et la transparence.

Or, comme indiqué plus haut, telle qu’elle héritée du système colonial, la démocratie parlementaire et ses « incarnations » ne vise qu’à aboutir à des démocraties factices.
Aucun révolutionnaire conscient et conséquent ne peut accepter cet état de fait et la « démocratisation » du Conseil supérieur de la
magistrature (toutes les composantes de la société y sont désormais représentées), la refondation du système éducatif ainsi que de l’administration participent de cette vision. Une vision soutenue par le souverainisme économique également (la dernière loi sur les sociétés à caractère stratégique nous le rappelle) si tant est que c’est l’infrastructure qui détermine la superstructure.

Ce n’est pas une chasse aux sorcières, mais une volonté de débarrasser notre système politique, économique et social de ces iniquités basiques pour aller plus au large et accomplir notre destin. Il faut donc renverser la table pour engendrer un nouvel Etat qui répond réellement aux attentes des populations et qui s’adapte au contexte socio-économique.
L’impasse dans laquelle se trouvent les démocraties occidentales doit nous conforter dans cette option qui aura le mérite de nous éviter les écueils de l’ultralibéralisme et des soulèvements populaires qui en découlent.
Un enseignement du matérialisme historique.

Boubakar SY

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