Santé : L’ADEMAS mobilise les acteurs francophones pour l’autosoin

 Une délégation de l’Agence pour le développement du marketing social (ADEMAS) du Sénégal, conduite par son directeur exécutif, Dr Cheikh Saad Bou SARR a effectué une mission au Burkina Faso du 19 au 24 octobre 2026. Cette visite vise à renforcer la participation des acteurs burkinabè au Hub francophone de l’auto soin en Afrique de l’Ouest et à favoriser le partage des bonnes pratiques à l’échelle sous-régionale.

Le Burkina Faso dispose d’acquis susceptibles d’inspirer d’autres pays de la sous-région dans la promotion de l’autosoin. C’est l’un des principaux enseignements de la mission effectuée par une délégation de l’ADEMAS Sénégal, du 19 au 24 octobre 2026. À travers cette visite, l’organisation entend faire connaître le Hub francophone de l’autosoin, présenter ses missions et ses possibilités de partenariat, mais aussi mobiliser les acteurs nationaux autour d’une dynamique régionale de partage des connaissances et de plaidoyer.

Conduite en collaboration avec le Programme de marketing social et de communication pour la santé (PROMACO) du Burkina Faso, cette mission a permis à la délégation de rencontrer plusieurs acteurs du secteur de la santé, notamment des représentants du ministère de la Santé, du Secrétariat permanent du Conseil national de lutte contre le sida et les infections sexuellement transmissibles (SP-CNLS-IST), de la société civile ainsi que des partenaires techniques et financiers.

Au terme des échanges, les représentants de l’ADEMAS ont dressé un bilan positif de leur séjour. Ils ont notamment relevé plusieurs initiatives développées au Burkina Faso pour promouvoir l’autosoin, dont l’élaboration de directives nationales, l’intégration de cette approche dans la formation initiale des infirmiers et dans les cours de santé publique, ainsi que la mise en place d’un référentiel de performance. Le pays dispose également de 22 fiches consacrées à l’autosoin, tandis qu’un guide de mise en œuvre d’une campagne de promotion de cette pratique est en cours d’élaboration.

Pour le directeur exécutif de l’ADEMAS, Dr Cheikh Saad Bou SARR, ces expériences constituent des ressources importantes à partager avec les autres pays francophones de la région. Elles pourraient contribuer à renforcer les connaissances et les capacités des acteurs engagés dans la promotion de l’autosoin, tout en favorisant la mutualisation des efforts.

Selon la définition de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) rappelée par l’ADEMAS, l’autosoin désigne la capacité des individus, des familles et des communautés à promouvoir la santé, à prévenir les maladies, à maintenir leur état de santé et à faire face à la maladie ou au handicap, avec ou sans l’accompagnement d’un professionnel de santé.

Cette approche englobe les comportements quotidiens favorables à la santé, les pratiques de prévention, la reconnaissance des signes d’alerte, certaines interventions réalisées par les personnes elles-mêmes et le recours approprié aux services de santé.

L’objectif est de permettre à chacun de mieux connaître son corps, de comprendre ses besoins et de prendre des décisions éclairées concernant sa santé. Une population bien informée est ainsi mieux outillée pour adopter des comportements favorables à son bien-être et solliciter une assistance médicale lorsque cela est nécessaire.

L’autosoin peut également contribuer à réduire certains risques évitables et à renforcer l’autonomie des populations. Il présente un intérêt particulier pour les personnes confrontées à des difficultés géographiques, financières ou sociales d’accès aux services de santé.

Parmi les exemples d’interventions citées par l’ADEMAS figurent l’autodépistage du VIH, ainsi que l’auto-injection contraceptive ou d’insuline après une formation appropriée. Ces pratiques peuvent faciliter l’accès aux soins et contribuer à leur continuité. L’autosoin ne se substitue toutefois pas aux professionnels de santé : il vise plutôt à renforcer les capacités des populations tout en favorisant le recours approprié aux services sanitaires.

Un hub francophone pour mutualiser les expériences

La mise en place du Hub francophone de l’autosoin, répond à un besoin de participation accrue des acteurs francophones aux initiatives internationales dans ce domaine.

Le Self-Care Trailblazer Group (SCTG), une coalition mondiale engagée dans la promotion de pratiques d’autosoin sûres et efficaces ainsi que dans leur intégration aux politiques et aux systèmes de santé, compte plus de 1 000 membres individuels et 485 organisations membres, selon les données présentées par l’ADEMAS. Le document souligne que les membres issus des pays francophones ne représentent que 13 % des membres, contre une majorité provenant du monde anglophone.

Les différences linguistiques et de fuseaux horaires, ainsi que la prédominance de l’anglais dans les activités organisées par la coalition, ont limité la participation de certains acteurs francophones. Le Hub vise donc à faciliter leur engagement, à améliorer leur accès aux ressources et à créer un cadre d’apprentissage et de collaboration en Afrique de l’Ouest francophone.

En partenariat avec le SCTG, Population Services International (PSI) a confié à l’ADEMAS, dans un premier temps, la responsabilité de la promotion de l’autosoin au Sénégal, avant de lui confier la gestion du hub sous-régional. Des missions de présentation ont déjà été organisées en Côte d’Ivoire, au Togo et au Burkina Faso.

Pour consolider les acquis de la mission, l’ADEMAS et PROMACO envisagent d’assurer le suivi des adhésions des acteurs burkinabè aux différentes plateformes mondiales consacrées à l’autosoin. Cette démarche devrait faciliter le partage des documents stratégiques et des expériences du Burkina Faso au sein du réseau du SCTG.

Un webinaire réunissant les différentes parties prenantes est également prévu. Il permettra de donner davantage de visibilité aux initiatives conduites au Burkina Faso et de favoriser le partage des bonnes pratiques avec les autres acteurs de la région.

À travers ces perspectives, la mission ouvre des possibilités de coopération entre les acteurs burkinabè et leurs homologues de la sous-région. L’enjeu est de capitaliser les expériences existantes, de renforcer les synergies et de contribuer à faire de l’autosoin une pratique accessible au plus grand nombre.

B.S.

 

 

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