Nouveau Code du travail: une vaste campagne de vulgarisation des nouvelles dispositions lancées

Le ministre des Serviteurs du Peuple, Mathias Traoré, a lancé, le lundi 26 octobre 2026 à Bobo-Dioulasso, la campagne de vulgarisation de la loi n°013-2026/ALP du 6 mai 2026 portant Code du travail au Burkina Faso. Cette initiative vise à favoriser l’appropriation des nouvelles dispositions par les employeurs, les travailleurs et les autres acteurs du monde professionnel.

Adopté le 6 mai 2026 par l’Assemblé législative du peuple (ALP), le nouveau Code du travail entre dans une nouvelle phase de sa mise en œuvre. En effet, le ministre des Serviteurs du Peuple, Mathias Traoré, a procédé, le lundi 26 octobre 2026 à Bobo-Dioulasso, au lancement officiel de la campagne de vulgarisation de ladite loi.

Selon le ministre, cette campagne vise à faciliter la compréhension et l’application effective de ce texte qui apporte plusieurs innovations dans la réglementation des relations professionnelles. Pour lui, ce nouveau texte apporte une importante évolution dans le droit du travail burkinabè en prenant en compte l’aspiration à la souveraineté du pays et les mutations économiques, sociales, technologiques, professionnelles intervenues au cours des dernières années.

« Le nouveau Code du travail protège notre économie locale, encadre rigoureusement les activités de placement de main-d’œuvre et de travail temporaire et garantit que la richesse créée serve d’abord l’émancipation collective de notre peuple », a-t-il indiqué. D’où l’importance de sa vulgarisation à travers le pays. A cet effet, le chef du département des Serviteurs du Peuple a invité les gouverneurs de régions, les responsables des services déconcentrés, les partenaires sociaux et l’ensemble des acteurs concernés à accompagner activement cette dynamique de diffusion et d’appropriation du nouveau Code du travail.

« Vous êtes des acteurs essentiels de la production nationale, de la création d’emplois, de l’innovation et de la mobilisation de nos ressources. Je vous invite donc à adapter vos pratiques de gestion des ressources humaines à ce code et à faire du dialogue social un instrument permanent de prévention des tensions et d’amélioration des performances », a-t-il lancé aux employeurs.

Des avancées significatives pour la protection

des travailleurs Selon le directeur général de la fonction publique, Achille Ilboudo, ce nouveau cadre juridique vient remplacer l’ancien Code du travail, issu de la loi n°028-2008, et introduit des changements importants dans les conditions d’emploi, la protection des travailleurs et l’organisation du monde professionnel. Parmi les principales innovations, figure la limitation du renouvellement des Contrats de travail à durée déterminée (CDD) à deux fois. Cette disposition vise à mieux encadrer le recours à ce type de contrat. Le texte renforce également la réglementation du travail temporaire et des activités de

placement de main-d’œuvre. Désormais, à entendre le directeur général de la fonction publique, la mise à disposition d’un travailleur temporaire auprès d’une entreprise utilisatrice ne peut excéder une année. Autre avancée, le nouveau code consacre le principe d’égalité de rémunération entre les travailleurs temporaires et les travailleurs permanents lorsqu’ils possèdent une qualification équivalente et occupent le même poste. « Il prend également en compte les évolutions des modes d’organisation du travail à travers l’encadrement du télétravail qui permet d’exercer une activité professionnelle depuis son domicile ou un autre lieu distinct des locaux de l’entreprise », a-t-il laissé entendre. Le texte prévoit aussi plusieurs dispositions relatives à la protection sociale et à la santé au travail. Le repos pour allaitement passe ainsi de 14 à 15 mois, selon les dires de Achille Ilboudo.

En matière de prévention des risques professionnels, les entreprises relevant des secteurs industriels, du Bâtiment et des travaux publics (BTP), ainsi que des mines et carrières, sont tenues de mettre en place un comité de sécurité et de santé au travail dès qu’elles comptent 25 travailleurs. Le directeur général a également évoqué d’autres avancées, notamment le renforcement de la protection contre le licenciement abusif, avec le relèvement du plafond des dommages-intérêts de 18 à 24 mois de salaire, ainsi que la consécration du harcèlement moral comme une infraction réprimée.

Noufou NEBIE

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