Burkina Faso, pays des Hommes intègres !

Le Burkina Faso maintient le cap de sa Révolution progressiste populaire (RPP) contre vents et marées. Malgré les soubresauts de piques lancés à tout vent contre les acquis de la lutte engagée. On peut ne pas être d’accord avec la marche de la nouvelle dynamique pour telle ou telle raison ; on peut avoir des avis divergents sur la tendance révolutionnaire imprimée aux forceps par la situation de crise à nous imposer, mais il est difficile de jeter le bébé avec l’eau du bain. Il est difficile d’accabler le système actuel de gouvernance de critiques acerbes sans réserve. Il suffit de regarder les efforts consentis dans tous les secteurs de développement pour raisonnablement se raviser.

Ceux qui voyaient en la France le pays de nos ancêtres, le partenaire ou l’ami de tous les temps ont fini par se rendre compte que le donneur de leçon n’est pas toujours le meilleur des repères, tant qu’il n’apprend pas ses propres leçons. La dialectique est tellement criarde que l’on se demande si c’est le même chantre de la démocratie qui vole aujourd’hui en éclat aux yeux du monde.
Bref, tournons le regard vers l’essentiel. La RPP poursuit et déploie sa vision partout où il y a des Burkinabè. Les initiatives de développement s’enchaînent et se croisent au carrefour d’une destinée désormais tracée par nous-mêmes, au grand dam de l’ingérence avilissante. Le Burkina Faso a amorcé sa marche vers l’avenir qu’il s’invente chaque jour et auquel il croit fermement. Cette dynamique, il l’exporte au-delà de ses frontières, sans complexe ni hantise.

En cette fin du mois d’octobre, une forte délégation de Burkinabè sous la houlette du ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, s’est rendue à Rome en Italie pour célébrer le héros national, Thomas Sankara. Un parc du centre ville de la capitale italienne a été dénommé Parc Thomas Sankara par les autorités italiennes. Le message de ce symbolisme est fort pour le Burkina Faso. Cet hommage à Sankara résonne comme un signal fort dans le cœur de tous ces patriotes qui se battent pour perpétuer la mémoire du Père de la révolution burkinabè. Ce parc, perché sur les hauteurs verdoyantes de Rome à plus de 3 500 km de Ouagadougou vient rappeler à ceux qui adulaient hier Sankara pour s’opposer aujourd’hui à Traoré que la Révolution progressiste populaire n’est qu’une suite logique de la Révolution démocratique et populaire.

Ce parc est aussi un marquage de l’intégrité burkinabè à l’étranger, reconnue et saluée à sa juste valeur par des esprits imbus de liberté et de solidarité pour la cause juste des peuples opprimés par les négriers modernes. Et quand on sait qu’entre l’Italie et le Burkina Faso, il y a une exemption réciproque de visa pour les titulaires de passeport diplomatique et de passeport de service pour de courts séjours, cela en dit déjà long sur la posture de ce pays face à la lutte pour la liberté et l’unité des peuples. Pendant ce temps, en Afrique, des pays restent inaccessibles à d’autres Africains. Le parc Thomas Sankara de Rome est la preuve vivante que rien ne peut effacer l’homme qui a régné seulement quatre ans mais dont les prouesses narguent les partisans du pouvoir à vie à hauteur de mandats illimités.

Cette semaine encore, Sankara était à l’honneur au Sommet Russie-Afrique qui s’est tenu du 28 au 29 octobre 2026. Le Président russe, Vladimir Poutine a cité Thomas Sankara dans son discours pour dénoncer l’endettement de l’Afrique et les mécanismes de dépendance économique qu’il attribue sans ambages aux puissances occidentales. « Il existe des signes clairs de tentatives actives de la part des pays occidentaux pour replonger les Africains dans le piège de la dette, pour leur imposer des ressources financières indispensables à des conditions prédatrices qui les contraignent ensuite à payer plusieurs fois le prix pour assurer le service et le remboursement de leurs dettes au détriment des plans de développement à long terme », a dit le Président Poutine. Et de poursuivre : « la dette est une reconquête savamment gérée de l’Afrique, visant à assujettir sa croissance et son développement par des règles étrangères ». Il a clairement signifié que ces propos étaient prononcés en 1987, par Thomas Sankara lors de son discours historique sur la dette africaine, à Addis Abeba, en Ethiopie.

En reprenant la pensée de Sankara à la tribune du Sommet Russie-Afrique, Poutine fait recours à une conviction permanente et nécessaire pour l’Afrique. Mais combien lui ont prêté bonne oreille ? Combien sont-ils capables de renoncer à s’endetter auprès des institutions de Bretton Woods pour mettre la corde au cou de générations entières, sans avoir l’abstinence éthique de retenir 10 % de cette dette pour leur capricieux confort ?

En tout cas, ici au Faso, le peuple finance en grande partie le développement du Burkina Faso. Parce que comme disait Thomas Sankara, « l’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort. Cet esclave répondra seul de son malheur s’il se fait des illusions sur la condescendance suspecte d’un maître qui prétend l’affranchir. Seule la lutte libère ». Et le camarade Président, le capitaine Ibrahim Traoré de renchérir le 4 septembre 2026 : « l’Africain qui n’est pas capable de se nourrir, qu’il meurt. On doit être en mesure de produire, on a assez de terres ici. Pourquoi c’est nous qui devons aller mendier ailleurs ? ». Que ceux qui ont des oreilles pour entendre, entendent !

Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr

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