Les responsables portuaires togolais et les opérateurs économiques burkinabè ont échangé sur les défis du transit, la réduction des coûts logistiques et l’amélioration des services, le vendredi 23 octobre 2026, à Ouagadougou.
Les responsables de la communauté portuaire togolaise et l’Alliance pour la promotion du port de Lomé (A2PL) ont rencontré les opérateurs économiques burkinabè, le vendredi 23 octobre 2026, à Ouagadougou. Cette rencontre visait à renforcer la coopération entre les deux parties et à faciliter l’acheminement des marchandises à destination du Burkina Faso. Cette rencontre s’inscrit dans une mission promotionnelle organisée du 18 au 24 octobre 2026 sous le thème : « Le port de Lomé et son corridor résolument engagés dans la facilitation des échanges commerciaux avec les Etats de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) ». Elle a offert aux responsables portuaires l’occasion de présenter leurs services, d’écouter les préoccupations des opérateurs économiques et d’examiner les difficultés qui entravent la fluidité du transit. Avec près de 36 millions de tonnes de marchandises manutentionnées en 2025, le port
autonome de Lomé entend renforcer son rôle dans l’approvisionnement du Burkina Faso. D’où la consolidation de ses relations avec le Burkina Faso.
Le Secrétaire général (SG) de l’A2PL, Awèmèwètou Haladoko, a mis en avant les performances enregistrées par le port autonome de Lomé. Il a expliqué que les investissements réalisés dans les infrastructures ont contribué à renforcer les capacités de traitement des marchandises et à améliorer la productivité des opérations portuaires. « En 2025, le port a manutentionné près de 36 millions de tonnes de marchandises et traité environ 2,5 millions de conteneurs Equivalents vingt pieds (EVP). Le temps moyen d’attente en rade des navires porte-conteneurs a, quant à lui, été ramené à 21 heures et 39 minutes », ont indiqué les responsables. C’est pourquoi, ont-ils dit, la productivité constitue également un indicateur important de cette dynamique. Elle atteint 57,8 mouvements par heure et par navire, tandis que les cadences par portique se situent entre 35 et 38 mouvements par heure, selon les terminaux. Pour les produits stratégiques, les installations spécialisées affichent des performances de 100 à 117 tonnes par heure pour le blé, de 52 tonnes pour le riz et de plus de 350 tonnes pour le clinker. Ces capacités représentent des atouts pour les opérateurs économiques burkinabè, dont les activités dépendent notamment de la régularité et de la rapidité des opérations d’importation.
Une concertation régulière
Au-delà des performances techniques, les échanges ont mis l’accent sur les formalités administratives et les difficultés liées à l’acheminement des marchandises. Pour y répondre, les responsables portuaires ont engagé des efforts de digitalisation à
travers le Guichet unique des formalités et de délivrance des documents du commerce international (GUFORD),
exploité par la Société d’exploitation du guichet unique pour le commerce extérieur du Togo (SEGUCE TOGO).
Pour Awèmèwètou Haladoko la dématérialisation complète demeure un processus en cours. Il a affirmé : «Nous savons que la dématérialisation complète est un processus continu qui exige encore des efforts individuels et collectifs pour supprimer toutes les lourdeurs administratives que nous connaissons ».
Dans le même esprit, le port autonome de Lomé a mis en place une Task Force AES 2026, en complément du Comité de suivi et de veille permanente (CSVP). Ces dispositifs doivent contribuer à lever les obstacles administratifs et techniques, accélérer le passage des marchandises et rechercher des réponses aux préoccupations des chargeurs burkinabè. L’amélioration de la compétitivité du corridor passe également par plusieurs projets annoncés par le secrétaire général de l’A2PL. Parmi les pistes évoquées, figurent la relance du transport ferroviaire, le renforcement du centre d’appel et l’adaptation des conditions tarifaires applicables aux marchandises en transit.
Le développement des liaisons ferroviaires pourrait permettre de transporter des volumes plus importants, de réduire les coûts logistiques et de limiter la dégradation des infrastructures routières. Ces perspectives constituent des enjeux majeurs pour les opérateurs, soucieux de maîtriser leurs dépenses et de sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement. Pour sa part, la directrice générale du Conseil burkinabè des chargeurs (CBC), Denise Bado, a apprécié cette initiative de rapprochement entre la communauté portuaire togolaise et les opérateurs économiques nationaux. L’importance du port autonome de Lomé dans l’approvisionnement du Burkina Faso n’est plus à démontrer. C’est pourquoi, elle a insisté sur la nécessité d’une concertation régulière entre les
acteurs du transport et de la logistique. De ses dires, la compétitivité, la rapidité des opérations et la maîtrise des coûts exigent un dialogue permanent afin d’identifier les difficultés et de construire des solutions adaptées.
Alassane OUEDRAOGO
(Correspondance particulière)



