Comédiens de cinéma Ces stars ambassadeurs de Sya

Le cinéma bobolais a vu émerger de nombreux comédiens. Souké, Siriki, Abou, Fati sont des noms dont la réputation a, depuis, franchi les frontières. Qui sont-ils vraiment !  Zoom sur quelques acteurs comédiens de cinéma originaires de Sya, devenus stars du 7e art et porte-flambeaux du Burkina Faso.

Ils sont les plus connus des cinéphiles bobolais parmi les acteurs du 7e art. Eux, ce sont les comédiens de cinéma. Aperçus en premier plan derrière les petits écrans, ces acteurs ont, en réalité, une vie hors scène. Nous avons rencontré quelques-uns, à Bobo-Dioulasso, à l’orée de la XXVIe édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), marquant le cinquantenaire de cette biennale. Tous originaires de la Cité de Sya, ces acteurs sont devenus aujourd’hui des ambassadeurs de la capitale culturelle non seulement à l’intérieur du Burkina Faso, mais aussi au-delà des frontières nationales. Mahamadou Tiendrébéogo, alias Souké, est l’un d’eux. Il dit avoir débuté sa carrière artistique depuis l’école primaire en Côte d’Ivoire. Rentré au pays, il intégrera des troupes de théâtre et de danse où il sera metteur en scène d’une troupe théâtrale. Sa carrière dans le cinéma, Souké l’a véritablement commencée en 1998 avec le tournage de la série télévisée «Au royaume d’Abou», puis «Les Bobodiouf» en 2000. Autodidacte à ses débuts, il s’est professionnalisé par la suite. Difficile de parler de Souké sans évoquer son binôme Siriki dans «Les Bobodiouf». Frédéric Soré à l’état civil, Siriki est arrivé dans le 7e art depuis 1996 grâce à son grand frère, Stanislas Soré qui était l’acteur principal de la série «Au royaume d’Abou». Il sera d’abord perchman, puis acteur dans ladite série. Mais comme Souké, Siriki a été révélé au grand jour par «Les Bobodiouf». Marié et père de cinq enfants, Siriki est un homme à multiple casquettes. En plus d’être comédien humoriste, il est couturier et éleveur. Il affirme avoir tourné dans pas mal de films, dont «Code Phénix», «L’or de Younga», et «Série noir à Koulbi», du réalisateur Boubakar Diallo. Stanislas Soré est un doyen dans le domaine du cinéma, et particulièrement dans le métier d’acteur comédien. Très connu sous son nom d’acteur Abou, ce scénariste comédien et musicien a une quarantaine d’années dans la musique et une trentaine dans le domaine du cinéma.

Bannir l’individualisme dans le 7e art burkinabè

Selon ses confidences, il n’a pas moins de cinquante scénarios de films dans ses armoires, sauf que les moyens pour les réaliser lui manquent. Fati aussi est bien connue des acteurs de cinéma bobolais. De son vrai nom Pauline Ouattara, cette artiste comédienne a été mise sous les feux des projecteurs par la série «Les Bobodiouf». Femme au foyer, elle est dans le domaine de la comédie depuis son bas âge. «J’ai commencé en 1983 par le théâtre», relate-t-elle. A écouter tous ces comédiens, le mauvais traitement et la mauvaise considération dont ils font l’objet minent aujourd’hui le cinéma burkinabè. «On peut tourner dans un film et attendre un à deux ans pour être encore sollicité. Souvent avec des cachets dérisoires», fait savoir Stanislas Soré. Et d’insister qu’il y a certains réalisateurs qui font «les épisodes-pilotes» avec des comédiens professionnels juste pour avoir les financements, et que le financement une fois acquis, ils changent leur fusil d’épaule. «Ils cherchent des acteurs-amateurs, moins chers, pour faire le travail», décrie Abou. Pauline Ouattara, quant à elle, regrette que la valeur de l’artiste-comédien national ne soit pas reconnue au pays des Hommes intègres. «Il y a des réalisateurs qui ont un financement conséquent, mais qui payent mal leurs comédiens», déplore-t-elle. En plus de l’insuffisance du nerf de la guerre, une autre tare du 7e art burkinabè est l’individualisme dans le domaine de la réalisation. «Il faut bannir l’individualisme dans le domaine du cinéma. Un seul bon film long métrage réalisé ensemble vaut mieux qu’une vingtaine de films mal faits», martèle Stanislas Soré. Il est convaincu que si les cinéastes burkinabè conjuguaient leurs compétences, ils feraient mouche aux différentes éditions du FESPACO. Et parlant de ce festival, Souké est pour que les acteurs soient mieux impliqués dans l’organisation. Dans la même lancée, Siriki plaide à ce qu’on accorde plus de place aux acteurs-comédiens. «Nous ne sommes pas officiellement invités au FESPACO. On devrait au moins nous prendre en charge, ne serait-ce que l’hébergement et la restauration»,
lance-t-il.

Alpha Sékou BARRY

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