Le ministre des Mines et des Carrières, Oumarou Idani, a animé une conférence de presse, le vendredi 3 mai 2019 à Ouagadougou, sur le bilan et les perspectives de son département.

Le ministre des Mines et des Carrières, Oumarou Idani, à la tête du département depuis le 20 février 2017, a marqué une halte pour informer l’opinion publique nationale et internationale sur les réformes entreprises ainsi que le bilan et les perspectives du département. C’était au cours d’une conférence de presse, tenue le vendredi 3 mai 2019, à Ouagadougou. Selon le ministre, sur le plan des réformes politiques, le département s’est doté, pour la période 2017-2026, d’une stratégie des mines et des carrières en vue de développer un secteur minier compétitif à forte valeur ajoutée et créateur d’emplois décents. En matière de réformes législatives et règlementaires, a-t-il ajouté, 16 décrets et 18 arrêtés ont été adoptés pour permettre l’application du Code minier et deux nouvelles lois adoptées respectivement en 2017 et 2018. Il s’agit de la loi portant organisation de la commercialisation de l’or et autres substances précieuses et celle portant fixation du régime des substances explosives à usage civil. Les réformes institutionnelles, selon lui, se sont menées de pair avec le renforcement de la Brigade nationale anti-fraude de l’or (BNAF) et l’opérationnalisation de l’Agence nationale d’encadrement des exploitations minières artisanales (ANEEMAS), qui travaillent toutes les deux à faire de l’artisanat minier, un sous-secteur porteur de développement. Il y a eu également, a poursuivi M. Idani, l’opérationnalisation de quatre fonds miniers. A cet effet, il a signifié que le Fonds minier de développement local (FMDL) connaît un niveau d’opérationnalisation très avancée, car son alimentation est effective pour l’année 2018. A la date du 28 mars 2019, a-t-il soutenu, les sociétés minières ont procédé au paiement effectif de 1 819 813 956 F CFA et l’Etat a donné une contribution de 2 milliards F CFA. A l’écouler, le fonds de réhabilitation et de fermeture des mines industrielles est également alimenté par les compagnies minières à hauteur de 34 518 175 639 F CFA à la date du 2 mai 2019 et les textes d’administration et de gestion y relatifs ont été adoptés. Le fonds de réhabilitation et de sécurisation des sites miniers artisanaux et de lutte contre l’usage des produits chimiques prohibés est aussi en cours d’opérationnalisation, a fait savoir le ministre. Ne trouvez-vous pas que la mise en œuvre du FMDL connaît des difficultés au regard des plaintes des maires des communes minières ? A cette question des journalistes, le ministre a rassuré  que le dispositif de gestion du fonds est opérationnel aussi bien au niveau national que local et dans les jours à venir, il sera procédé, conformément à la règlementation, à une répartition du fonds et au versement des montants dus aux communes déjà invitées à disposer de comptes spéciaux ‘’FMDL’’. «Nous avons expliqué aux sociétés minières que le FMDL n’est pas un nouvel impôt et après les discussions nous sommes parvenus à la conclusion que les compagnies minières anciennes qui avaient leur convention avant l’instauration dudit fonds vont y contribuer à hauteur de 1% de leurs chiffres d’affaires. Des conventions séparées seront signées à cet effet», a expliqué M. Idani.

Plus de 52 tonnes d’or produites en 2018

La production de l’or et de zinc, a-t-il félicité, a considérablement augmenté, passant pour le métal jaune de 32 tonnes en 2014 à 52,622 tonnes en 2018 et l’ambition du département est de franchir la barre symbolique des 60 tonnes en 2019 avec notamment l’entrée en production des mines d’or de Niankorodougou, de Bouéré Dohoun, de Samtenga et la construction des mines de Sanbrado et de Bomboré. La production du zinc pour l’année 2018, elle, a-t-il notifié, s’établit à 165 000 tonnes et connaît une légère progression de 0,5% par rapport à 2017. En ce qui concerne les retombées du secteur minier sur le plan économique et social, M. Idani a mentionné 266 milliards F CFA de contribution aux recettes budgétaires, 1 540 milliards F CFA de recettes d’exportation et une contribution de 11,4% à la formation du PIB. Le sous-secteur industriel a engendré également, a-t-il renchéri, 9 200 emplois directs et 26 100 emplois indirects en fin 2018 et le sous-secteur artisanal est une source principale de revenus pour 1 500 000 personnes. En termes de perspective, le ministre a signalé la diversification de la production en commençant par le manganèse et surtout après la victoire remportée par l’Etat burkinabè dans le procès en arbitrage face au groupe TIMIS, ex-opérateur de la mine de Tambao. «Nous avons de bons indices pour le plomb, le fer, le titane, le diamant, le cuivre, le vanadium, le nickel, l’uranium et le lithium», a-t-il relevé. La question sécuritaire ne joue-t-elle pas sur la production minière ? Sur ce sujet, le ministre a reconnu que l’insécurité perturbe la production minière. «Des terroristes exploitaient des mines d’or à l’Est. Mais à ce jour, ils ont été démantelés. Nous avons agi sur deux axes. Premièrement, il y a des dispositions prises avec l’ensemble des acteurs nationaux pour trouver des solutions adaptées à la protection des sites miniers, mais la difficulté majeure est la sécurisation des voies d’accès de ces sites. Le deuxième axe est que nous avons décidé de communiquer à l’international pour rassurer les partenaires que le Burkina Faso est fréquentable», a-t-il expliqué.

Kowoma Marc DOH

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