(FILES) - A file picture taken on March 27, 2014 in The Hague shows Ivorian ex-president's right-hand man Charles Ble Goude smiling while at the courtroom of the International Criminal Court (ICC) for his initial appearance. The leader of the so-called "Young Patriots", a fanatical group of president Laurent Gbagbo supporters, will be tried for crimes against humanity, announced the International Criminal Court on December 11, 2014 in the Hague, for his alleged role in a deadly post-election standoff three years ago. AFP PHOTO / POOL / MICHAEL KOOREN

Acquitté en janvier dernier par la Cour pénale internationale (CPI), après plusieurs années de détention aux côtés de son mentor, l’ancien chef d’Etat, Laurent Gbagbo, l’ex-leader des Jeunes patriotes, Blé Goudé, prépare activement son retour en Côte d’Ivoire. Les années de prison n’ont entamé en rien l’ambition politique de l’ex-ministre de la Jeunesse, qui ne cache pas sa volonté de renouer avec les activités politiques.

Depuis son acquittement pour crime contre l’humanité prononcé par la CPI, Blé Goudé ne cesse de multiplier les sorties sur les medias internationaux affirmant haut et fort que son pays, la Côte d’Ivoire, doit compter avec lui. D’ores et déjà, il prépare depuis la Haye, un congrès de son mouvement, le Congrès des jeunes patriotes (COJEP) qui se tiendra dans les prochains mois à Abidjan, en vue de sa transformation en un parti politique « ambitieux ». Une manière spectaculaire pour lui de revenir sur la scène politique ivoirienne, qu’il a quittée depuis des années pour la prison. Surnommé le « général de la rue » sous le règne du président Gbagbo, en raison de sa capacité à mobiliser les jeunes patriotes, Blé Goudé a été pendant longtemps l’une des figures les plus controversées du clan présidentiel pendant les années de crise.

A la tête des Jeunes patriotes, mouvement pro-Gbagbo extrêmement violent, il aurait été à l’origine de l’exacerbation de la tension entre la Côte d’Ivoire et la France, accusée à tort ou à raison par le pouvoir d’alors, de soutenir Alassane Ouattara encore dans l’opposition. En novembre 2004, avec son slogan « à chacun son blanc », Blé Goudé avait lancé ses partisans à l’assaut des hommes de peau blanche, vivant à Abidjan, principalement les Français, provoquant ainsi la fuite de milliers d’entre eux, évacués dans la précipitation par Paris.
Ce sentiment anti-français a été pour beaucoup, dans l’assassinat, en 2003, du correspondant de RFI, Jean Hélène, tué par un policier et de la disparition de Guy-André Kieffer, un autre journaliste. Au total, plus de 3000 personnes, des Ivoiriens en majorité, ont été tuées pendant cette crise post-électorale, entre décembre 2010 et avril 2011. En attendant un éventuel appel du procureur, Blé Goudé vit aujourd’hui en retrait, dans une chambre d’hôtel située à quelques kilomètres de la prison de Scheveningen avec interdiction d’invoquer son dossier à la CPI.

Le jeune leader, qui se fait passer pour un « homme d’Etat », veut incarner une nouvelle façon de faire de la politique. Dans son offre politique, il promet aux Ivoiriens, un projet de société dans lequel la réconciliation sera au cœur des priorités. Mais pour autant Blé Goudé n’envisage pas une candidature à l’élection présidentielle ivoirienne de 2020, un scrutin pour lequel il est pessimiste. « Nous allons droit dans le mur. Les facteurs qui ont conduit à la crise post-électorale en 2010 sont deux fois plus réunis. Le bloc qui est arrivé au pouvoir est aujourd’hui divisé en trois.

L’aile militaire avec Guillaume Soro et l’aile politique avec Henri Konan Bédié. Alassane Ouattara est isolé ». Resté proche de Laurent Gbagbo, Blé Goudé continu de lui jurer fidélité. Vantant les mérites de ce dernier, il a qualifié le « fils de Mama » de rassembleur dont le retour en Côte d’Ivoire pourrait être salvateur pour la paix sociale. Cela, en raison du rôle majeur qu’il aura à jouer dans le processus de réconciliation et l’apaisement des cœurs. Mais malgré ses bonnes intentions pour la mère-patrie, l’attitude de Blé Goudé étonne dans la mesure où il est encore dans les liens de la « détention » à la Haye. Pire, son gout pour l’activisme politique, qui le pousse à vouloir regagner la Côte d’Ivoire, pourrait même retarder sa libération définitive et totale à la CPI.

Beyon Romain NEBIE
nbeyonromain@yahou.fr

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