Agriculture: Le compost, une solution à l’accroissement de la production

L’atteinte à l’autosuffisance alimentaire c’est l’un des défis que l’Etat burkinabè veut réussir. Pour ce faire, à chaque campagne agricole, il dote des producteurs en semences améliorés, en engrais minéraux et en subvention d’installation de la technologie de biogaz en vue de la production du compost. Immersion dans l’univers du biogaz.
Guiaro est une commune située à une vingtaine de kilomètres de Pô. Dans cette commune, le maire Jonas Yogo, par ailleurs un producteur modèle de la région du Centre-Sud, exploite une superficie de près de 20 ha dans son domaine très vaste. Sur cet espace, il produit de la semence de maïs et ce, depuis 1996.
Au stade actuel, ces semis présentent une physionomie appréciable car la levée a déjà commencé pour certains. Cela présage un bon rendement à la fin de la campagne. « Cela, je le dois à l’utilisation du compost dans mon champ » souligne-t-il. En effet, son secret, il le doit au compost qu’il tire de l’installation de la technologie de biogaz. « Grace à la subvention de l’Etat, j’ai juste apporté ma contribution de 150 000 FCFA pour réussir la technologie pour un montant total de 400 000 FCFA », soutient M. Yogo.
Il s’agit de la construction d’une fosse de 40 m3, dans laquelle, la bouse de vache est déversée chaque jour et avec un mélange d’eau, la fermentation se fait et produit du compost. Après ce processus, le compost est enlevé et déversé dans le champ par tas « Pendant le labour, les charrues dispersent cet engrais dans le champ. Aussi, avec cette installation, le tuyau de conduite extrait du gaz issue du système de fermentation que les ouvriers (4 personnes) utilisent pour leur cuisine au domaine », affirme M. Yago. Selon lui, même en saison sèche, le compost est déversé dans le champ dans l’optique de préparer la campagne prochaine. Il n’utilise pas de l’engrais chimique dans son champ. « Il est très riche pour l’agriculture, en témoigne mes rendements qui ne font que s’accroitre d’année en année », indique-t-il. Ainsi l’utilisation du compost est d’un grand avantage dans l’agriculture pour vue qu’on fasse de l’élevage. « Etant un grand éleveur, J’ai plus d’une vingtaine de têtes de bœufs à mon actif, j’ai assez de bouse de vache pour cette technologie », précise le producteur. De ce fait, il a su concilier l’élevage et son activité agricole en installant un système de fabrication de biogaz, qui lui procure cet engrais naturel.

Un rendement à la hausse


Alors en lieu et place de l’engrais chimique, le compost est un produit naturel qui protège l’environnement non seulement l’environnement mais aussi il est moins cher et accessible à tous. Pour la présente campagne, le maire attend entre 50 et 60 tonnes de semences. Pour lui, il tire donc ces ressources financières de l’agropastoralisme. Il évalue son chiffre d’affaire annuel entre 30 à 50 million de F CFA. C’est pourquoi, il ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Le bourgmestre de Guiaro compte étendre son activité vers l’arboriculture et la culture maraichère. Déjà, il a à son compte des manguiers et des arbres d’acajou sur une dizaine d’hectares. Jonas invite donc l’intelligentsia Burkinabè à abandonner ce qu’il qualifie de champs de dimanche pour se professionnaliser et s’adonner complètement au métier de l’agriculture car il nourrit son homme. «Pour cela, l’Etat doit encourager les ingénieurs à s’installer dans les champs et aussi inviter les agriculteurs à utiliser le compost, de l’engrais naturel riche en nutriment», relève Jonas Yago.

Fleur BIRBA
fleurbirba@gmail.com

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