La première partie de la caravane de presse, initiée par le Fonds permanent pour le développement des collectivités territoriales (FPDCT), s’est déroulée du 26 juillet au 2 août 2019. Les participants ont visité les réalisations financées par la structure dans six régions : le Sud-Ouest, les Cascades, les Hauts-Bassins, la Boucle du Mouhoun, le Centre-Ouest et le Plateau central.

Créé en 2009, le Fonds permanent pour le développement des collectivités territoriales (FPDCT) a financé plus de 9000 projets structurants au profit des communes et des conseils régionaux, pour un coût total d’environ 100 milliards F CFA. Ces réalisations, disséminées à travers le pays, ne sont pas toujours connues du public. Ce qui a amené la structure à initier une caravane de presse, à la faveur de la célébration de sa décennie d’existence. Pour la première partie de l’activité, la vingtaine de participants ont parcouru six régions : le Sud-Ouest, les Cascades, les Hauts-Bassins, la Boucle du Mouhoun, le Centre-Ouest et le Plateau central. Les professionnels des médias y ont découvert diverses infrastructures, qui font la fierté des communes et conseils régionaux visités. Ce sont, entre autres, des boutiques de rue, des lycées, des forages, des gares routières, des magasins de stockage de vivres, des abattoirs, des auberges communales et régionales, des maternités et des bâtiments administratifs. Au Centre de santé et de promotion sociale (CSPS) de la commune de Oronkua dans le Sud-Ouest, les caravaniers ont noté la construction, en 2016, d’une nouvelle maternité «plus spacieuse» que l’ancienne, sur financement du FPDCT. «Nous travaillons maintenant dans de bonnes conditions. Nous recevons en moyenne entre 800 et 1000 malades par mois», s’est réjoui le major du CSPS, Friedon Millogo. A Gaoua, chef-lieu de la région, où 56 boutiques ont été bâties entre 2015 et 2017, grâce à l’appui du fonds, des journalistes ont également mesuré la joie du maire, Fiacre Kambou. «Les boutiques de rue rapportent, au titre de la location, 10 millions F CFA par mois à la commune. Elles nous ont permis d’augmenter nos recettes», a-t-il relevé. Les autres maires, dont les communes ont bénéficié du soutien du FPDCT pour réaliser des boutiques de rue, sont aussi enthousiastes. Que ce soit à Dédougou (Boucle du Mouhoun), à Koudougou et à Réo (Centre-Ouest), Yako (Nord), à Niou (Plateau central) pour ne citer que ces localités, ils ont indiqué que ces infrastructures marchandes ont contribué à augmenter considérablement les recettes communales. Le loyer mensuel des boutiques varie de 5000 à 15 000 F CFA, en fonction de la taille des communes.

Des infrastructures non fonctionnelles

Si l’utilité des infrastructures réalisées, çà et là, ne souffre d’aucun débat, certaines d’entre elles ne fonctionnent pas, pour des raisons administratives. Dans la commune de Banfora, la gare routière construite depuis dix ans, à hauteur de plus de 200 millions F CFA, semble à l’abandon, puisque la question de la réinstallation et du dédommagement des riverains reste en suspens. «Ces aspects n’avaient pas été pris en compte lors de la construction de la gare, mais nous travaillons là-dessus. Un recensement a été fait et un site a été identifié. Nous espérons pouvoir régler ces questions, et ouvrir la gare en 2020 à l’occasion de la célébration de la fête nationale dans la région des Cascades», a soutenu la directrice des infrastructures marchandes de la commune de Banfora, Fatimata Traoré. Celle-ci, tout comme les autres responsables communaux, ont été interpellés par le Directeur général (DG) du FPDCT, Bruno Dipama, à ce que tout soit mis en œuvre pour que la gare soit ouverte. «Il est inadmissible qu’on mette autant d’argent pour réaliser une infrastructure qui ne fonctionne pas. Nous allons désormais mettre l’accent sur le contrôle des réalisations. Les communes qui n’en prennent pas soin seront sanctionnées et celles qui le font seront encouragées», a-t-il mentionné. A Koudougou, l’abattoir moderne, construit en 2015, n’a pas encore ouvert ses portes, à cause d’un problème d’alimentation en eau. «Des démarches sont entreprises pour résoudre ce problème et nous espérons pouvoir intégrer les bouchers bientôt», a confié le directeur des affaires administratives de la mairie, Sibiri Zerbo. Hormis ces quelques difficultés, l’ensemble des maires et responsables de conseils régionaux des zones parcourues ont salué, à l’unanimité, l’action du FPDCT, qui apparaît à leurs yeux comme le «bras financier» des collectivités. «Les investissements du fonds sont déterminants dans le développement des collectivités comme la nôtre», a soutenu le maire de Réo, Dr Louis Baziémo. Son collègue de Bobo-Dioulasso, Brahima Sanou, fier d’une réalisation comme la Place de la femme, a, pour sa part, affirmé : «le soutien du FPDCT aux communes est très appréciable». Pour l’édile de Laye (Plateau central), Boniface Zongo, le fonds, qui a injecté plus de 150 millions F CFA dans sa commune, est un «partenaire incontournable». Tous ont, par ailleurs, souhaité un soutien financier «plus important» du FPDCT pour continuer à réaliser des projets structurants. La deuxième partie de la caravane de presse se tient, du 5 au 8 août 2019, et va concerner les régions du Sahel, du Centre-Nord, du Centre-Est et de l’Est. Les réalisations dans la région du Centre avaient été préalablement
visitées.

Kader Patrick KARANTAO

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