Images sanitaires sur les paquets de cigarettes

Le ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, a organisé une sortie de terrain pour vérifier le respect de la nouvelle réglementation sur les emballages de tabac, par les importateurs et des industriels de cigarettes, le mardi 30 juillet 2019, à Ouagadougou.

Depuis le 1er juillet 2019, il est formellement interdit de mettre sur le marché burkinabè, des cigarettes, sans les marquages graphiques sanitaires sur les emballages. Les industriels et importateurs de cigarettes respectent-ils cette nouvelle règlementation sur le tabac ? Pour en savoir, le ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat (MCIA), a effectué une sortie-terrain de vérification dans certains entrepôts, le mardi 30 juillet 2019, à Ouagadougou. Aux environs de 9 heures, deux équipes composées d’agents du MCIA et d’une quinzaine de journalistes partent de la Direction générale du contrôle économique et de la répression des fraudes (DGCRF) pour la «traque» de leurs cibles du jour. 9 heures 26. Notre équipe arrive au quartier Zone du Bois. L’objet de la visite décliné par le chef d’équipe au directeur commercial de la société importatrice de cigarettes, SODICOM, contrôleurs et hommes de médias prennent d’assaut le magasin rempli au tiers de cartons de cigarettes de marque Marlboro et Bond. Ici, visiblement l’importateur s’est conformé au nouveau dispositif règlementaire. Les images préconisées par la loi sont sur les paquets de cigarettes. Même sur les cartons, on peut lire : «fumer la cigarette cause le cancer de bouche». Ouvrez-moi ce carton qui se trouve en bas, ordonne, le chef des contrôles. Deux employés sont appelés pour descendre les cartons. Mais, au résultat, les paquets de cigarettes qui s’y trouvent sont en phase avec la nouvelle législation sur le tabac. Comment cette société s’y est prise pour être dans les normes? «Il y a eu une phase de sensibilisation, on nous avait donné jusqu’à au 30 juin pour écouler nos anciens stocks. Et nous avons pris des dispositions pour le faire. Dès le premier, nous n’avons que des stocks avec marquage», fait savoir le directeur commercial de SODICOM, Patrice Zoungrana. Et d’ajouter : «On n’a pas détruit ou déclassé nos anciens stocks. On a simplement planifié nos commandes car on était prévenu six mois à l’avance». A la question de savoir si le respect de la mesure n’a pas d’impact sur le chiffre d’affaires de la société, le commercial soutient qu’il est très tôt de répondre avec exactitude. Toujours est-il que les ventes se sont ralenties ces derniers jours. «Nous avons reçu 480 cartons et nous avons commercialisé que 20 cartons. Mais on ne peut pas dire que cela est lié aux images sur les paquets. Car ces derniers temps, pour écouler nos anciens stocks, nous avons suffisamment approvisionné les grossistes», précise-t-il. Une chose est sûre, il y aura, ne serait-ce qu’au début, un impact sur la consommation de la cigarette, et partant sur les ventes, se convainc M. Zoungrana. Au moment où les journalistes rangeaient caméras et micros, il revient à la charge. «Il faut que tout le monde applique la mesure. J’insiste car jusqu’à hier, il y a des grossistes qui sont toujours approvisionnés par des importateurs et des industriels avec des stocks sans marquage d’images», martèle-t-il. Après ce contrôle «satisfaisant», direction, l’entrepôt de la société importatrice SIRI produits et compagnie. A notre arrivée, un jeune homme est arrêté devant les locaux aux portes closes. Visiblement, il attend l’équipe de contrôle. Dans ce vaste magasin, il n’y a que 255 cartons de cigarettes de marque Oris. Aucune image sur les paquets de cigarette. Le magasinier refuse de réponde aux questions des journalistes, prétextant qu’ il n’est pas le premier responsable de la société. «N’aie pas peur ! Ce n’est pas un contrôle inopiné. Depuis hier soir, ton patron est informé de la mission de contrôle», le rassure le contrôleur en chef. «Il ne faut pas qu’on dure ici», lance une dame, trouvant les odeurs des lieux insupportables. «Si on reste dans ce local, c’est comme si tu as fumé de la cigarette », fait remarquer un des reporters. Tout comme au premier contrôle, un PV est remis au magasinier par les agents du MCIA. A l’issue de la sortie, le directeur général du contrôle économique et de la répression de la fraude, Komikiyoaba dit Johanny Nalkessé, dresse un bilan plus ou moins satisfaisant. «Nous avons constaté que certains sont dans la dynamique mais d’autres n’ont pas encore de nouveaux stocks. Au niveau des industries, les productions se font à 100% avec le marquage graphique sanitaire. Mais entre l’étape industrielle et les grossistes, il y a un pas», souligne-t-il. Et au coordonnateur de l’Afrique le tabac (ACONTA), Salif Nikiéma, de faire le même constat mi-teint. «Nous n’avons pas vu des paquets avec les images dans les entrepôts. Mais au niveau de la MABUCIG, il y a déjà une marque qui est sur le marché avec le marquage sanitaire. C’est un premier pas, c’est déjà positif», renchérit-il. De l’avis de M. Nalkessé, pour l’instant, il n’est pas question de répression mais plutôt de conseils, de sensibilisation. Mais dans les deux prochains mois, les sanctions, à savoir les saisies et la destruction des produits non conformes à la nouvelle réglementation vont s’appliquer. Et il n’y aura pas de prorogation de délais pour les industriels et les importateurs, prévient le représentant d’ACONTA.

Mahamadi SEBOGO
windmad76@gmail.com

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