Assainissement du cadre de vie : Ne brûlons pas les déchets à ciel ouvert

Le brûlage des déchets à ciel ouvert nuit à la santé et à l’environnement.

Au Burkina Faso, principalement dans les grands centres urbains, le brûlage des déchets à ciel ouvert fait partie des habitudes des populations. Et pourtant, il faut, très rapidement, venir à bout de cette pratique aux conséquences incalculables pour la santé des êtres vivants et l’environnement.

L’assainissement des villes au Burkina Faso est une nécessité pour procurer de meilleures conditions d’existence aux âmes qui les habitent. Mais, le défi permanent qui s’impose aux autorités municipales ainsi qu’aux habitants est la gestion des ordures qui en découle. En effet, il est très fréquent de voir dans certaines agglomérations, des tas d’immondices brûlés dans la nature.

Cette situation est, à la fois, le fait de populations qui foulent aux pieds les règles en matière de protection de l’environnement et de celui des services compétents d’assainissement municipaux, restant complètement impuissants face au phénomène. Les citoyens, fatigués de respirer des odeurs nauséabondes, d’endurer les piqûres de moustiques et d’autres nuisances, choisissent, la plupart du temps, la saison sèche pour brûler, à ciel ouvert, ces déchets composés de sachets plastiques, de pneus usagés, de haillons, de fer, etc.

La fumée qui se dégage lors de l’incinération « sauvage » de ce « cocktail explosif », selon le directeur général de la préservation de l’environnement, Désiré Ouédraogo, est une source de pollution atmosphérique qui dégrade considérablement l’environnement et la santé. Elle peut, également, entrainer des maladies respiratoires chroniques, émergentes (cancers de poumons), des complications cardiaques et des infections oculaires graves pour les riverains, en particulier, et les citoyens en général, précise-t-il. Il en veut pour preuve, les résultats d’une étude, durant les deux dernières décennies, à Ouagadougou, qui ont révélé l’existence de nombreux gaz et fumées expliquant le développement des pathologies y afférentes, dans les centres urbains, par des citoyens.

A travers, ces comportements non écocitoyens, l’environnement est fortement détérioré et le changement climatique s’empire avec des émissions de Gaz à effet de serre (GES), faibles soient-elles. Ainsi, au vu et au su de tout le monde y compris les collectivités territoriales, ces actions anthropiques, « rétrogrades », nuisent à la qualité de l’air et affectent dangereusement le biotope, de l’avis de l’agent à la direction technique de la prévention des risques environnementaux, l’inspecteur de l’environnement, Mamadou Dalla.

Respecter l’esprit de la loi

La « force publique » regarde souvent, de la sorte, sans piper mot, des colonnes de fumées qui se dégagent dans le firmament des agglomérations burkinabè et qui voyagent à des milliers de kilomètres, dus à l’incinération incontrôlée de tonnes de déchets. Et pourtant, des dispositions règlementaires particulières existent pour lutter contre ces pratiques
« empestées » dans l’optique de suffisamment protéger les milieux de vie au pays des Hommes intègres.

C’est la preuve de l’existence de la loi n°006-2013/AN portant Code de l’environnement au Burkina Faso visant à « protéger les êtres vivants contre les atteintes nuisibles ou incommodantes et les risques qui gênent ou qui mettent en péril leur existence du fait de la dégradation de leur environnement et à améliorer leurs conditions de vie ». Dans l’esprit de la règlementation, l’Etat devrait prendre les mesures nécessaires en vue de limiter ou de réduire les pollutions qui portent atteinte à la qualité du cadre de vie, à la biodiversité et de réguler les activités polluantes, les produits et les équipements potentiellement polluants soumis à la taxation.

Le gouvernement doit nécessairement interpeller toute personne ou groupe de personnes, comme le stipulent les règles en vigueur, auteurs d’une pollution, à payer des dommages causés aux tiers par son fait, c’est-à-dire, à prendre les frais de restauration des lieux pollués à sa charge. C’est pourquoi le ministère de l’Environnement, de l’Economie verte et du Changement climatique doit organiser fréquemment, à cet effet, des visites inopinées sur le terrain pour dissuader d’éventuels pollueurs dans nos cités. Le département en charge de l’environnement pourra, à cet effet, se rendre compte de l’étendue de ce phénomène et l’évaluer.

Il pourrait, également, dans cette dynamique, instituer une police de contrôle pour appliquer les sanctions et interdire purement et simplement les « brûlures illégales » des déchets. Il appartient, par ailleurs, aux Groupements d’intérêt écologique (GIE) qui sont chargés de l’enlèvement des déchets au niveau des foyers et des ménages pour les convoyer aux centres de transit et enfin au Centre d’enfouissement technique (CET) de faire participer ces ménages moyennant un paiement mensuel pour collecter les déchets. Comme, véritablement, en Afrique, en général et au Burkina Faso, en particulier, il y a une insuffisance d’infrastructures pour la gestion efficiente des déchets, il faut construire suffisamment de sites de collectes et d’enfouissement de déchets.

Par ces initiatives, nos cités ne vont plus être de véritables cheminées d’où partent des colonnes de fumées toxiques préjudiciables à la santé humaine, à l’écosystème et à la couche d’ozone. Mais, elles seront des cadres de vie propres et durables ainsi que des havres de paix sociale bien profitables aux populations. En dernier ressort, une politique d’urbanisation efficace, comprenant un schéma clair de gestion des déchets (décharges publiques, système d’enlèvement des déchets), devrait être élaborée au profit des grandes villes du Burkina Faso.

Dans cette optique, les citoyens résidant dans les communes et quartiers, appuyés par une sensibilisation accrue, seront amenés à respecter l’esprit de la loi « salutaire » dans sa dimension de gestion écologiquement rationnelle des déchets. Ainsi, ils pourraient vaincre leur incivisme, arrêter de brûler les déchets à ciel ouvert en vue d’honorer des conventions africaines et internationales comme celles de Bamako (Mali), de Stockholm (Suède) et de Bâle (Suisse) relatives à la saine gestion des déchets et produits
chimiques dangereux.

Boukary BONKOUNGOU

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