Dans un communiqué administratif rendu public le lundi 23 mars, le gouverneur de la région du Centre annonçait la fermeture des grands marchés et yaars de sa circonscription à partir du 25 mars au 20 avril prochain afin de lutter contre la propagation du coronavirus. Les acteurs du commerce saluent cette décision qui va néanmoins impacter leur activité.

Mardi 24 mars 2020, c’est le dernier jour d’ouverture pour les grands marchés et yaars de Ouagadougou et ce, jusqu’au 20 avril prochain. Cette décision prise par le gouverneur de la région du Centre vise à lutter contre la propagation du virus COVID-19. Saratou Tapsoba, commerçante de légumes au marché Naab-Raaga dans le quartier Samandin de la ville de Ouagadougou a appris la nouvelle la nuit dernière, de retour d’un voyage. « Si le marché est fermé, comment nous allons pouvoir nourrir nos enfants ? », se demande-t-elle. Pour elle, c’est Dieu qui donne la santé et la décision de fermer le marché n’est pas la bienvenue. Mme Tapsoba propose aux autorités de surseoir à cette fermeture et invite chaque acteur à adopter des comportements responsables notamment la désinfection des mains et le port des masques. Sa collègue, Marie Madeleine Zango, elle, n’est pas de cet avis. Selon elle, la décision est salutaire parce que la santé d’abord et le commerce ensuite. Dame Zango reconnaît que la fermeture va impacter leur vie, mais l’essentiel est que le mal soit éradiqué.

« La fermeture peut éviter la propagation de la maladie mais elle va créer d’autres problèmes. Pendant un mois, nous serons à la maison sans rien faire alors que certains gagnent leur pitance quotidienne au marché », fait remarquer Soumaila Ouédraogo, vendeur de produits de beauté. Il propose, par ailleurs, que l’on autorise l’ouverture des marchés de 7h à 10h ou 12h afin de leur permettre de gagner de quoi vivre. Le président du marché Naab-Raaga, Souleymane Bonkoungou, rappelle que la maladie à coronavirus a été déclarée comme une pandémie. « En tant que premier responsable, nous devons prendre des mesures pour la bonne santé des acteurs. C’est pourquoi, je salue cette décision des autorités qui, nous l’espérons, va contribuer à endiguer la maladie », laisse entendre M. Bonkoungou, confiant que les conseils d’hygiène du ministère de la Santé sont appliqués.

Même les pays développés l’ont fait

Toutefois, il estime que des mesures d’accompagnement doivent être prises en faveur des commerçants. Au niveau du bureau du marché, il souligne qu’une concertation aura lieu en vue d’organiser les commerçants pour la période de fermeture. Au marché de Gounghin, la décision est également relativement appréciée. Le délégué de la boucherie, Ernest Kaboré, estime que la suspension de leurs activités est dans l’intérêt de la population. Il fait remarquer qu’à leur niveau, des dispositifs de lavage de mains ont été installés. « Cependant, je dois reconnaître que notre activité va prendre un coup. Avec le couvre-feu, on ne s’en sort pas parce qu’on ne peut plus vendre la nuit », lâche-t-il. C’est pourquoi, il plaide pour que les bouchers puissent vendre au bord de la voie (l’avenue Kadiogo) après la fermeture du marché. Ousséni Kouanda est gérant de parking au marché de Gounghin. Il dit entendre parler de la maladie à COVID- 19 et du nombre de personnes qui en sont décédées. Raison pour laquelle, il salue la mesure de fermeture des marchés et yaars. « Nous sommes au nombre de sept et nous vivons sur la base de ce que nous gagnons dans la gestion du parking. Un mois sans exercer notre activité, ça va être très difficile de pouvoir se nourrir », avoue Ousséni Kouanda.

Hamed Sawadogo, vendeur de prêt- à- porter au marché central de la capitale, Rood- Woko, au regard de l’évolution du nombre de personnes contaminées, soutient qu’il est fort probable que le délai de 25 jours soit prolongé. Son vœu est que la propagation soit freinée pour leur permettre de reprendre rapidement leurs activités. Mathias Nayaga, vendeur de chaussures au marché central, estime que si des pays plus développés comme la Chine, la France, … ont pris les mêmes mesures, ce n’est pas le Burkina Faso qui pourra y déroger.

Joseph HARO

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