A la même enseigne

Le monde est malade d’un virus qui fait ravage et qui ne fait pas de distinction de race ni de statut, mais qui a le mérite de révéler à l’humanité que sur bien de domaines, et des plus insoupçonnés, nous sommes tous logés à la même enseigne. Quittons simplement le domaine génétique, physiologique, pour celui matériel. On est grand parce qu’il y a des petits. C’est la vieille histoire de l’âne face au cheval. Chacun dans son entité a, à la fois, ses qualités et ses défauts. Sauf que mis en comparaison, l’âne ne paye jamais de mine, et donc ne fait pas le poids. Autrement, pris individuellement, face à soi-même, on n’est ni grand ni petit. L’espèce humaine demeure seulement l’homme ou la femme qui doit pouvoir jouer un rôle, son rôle et un jour s’éclipser. Le coronavirus a surtout ce triste mérite de nous montrer que chacun, chaque pays, a des limites en tous domaines. Sur le plan médical, la surprise est totale. Les pays de cette partie de l’humanité dite du Sud, décrite comme sous-développée, arriérée, sans possibilité, se réveillent et trouvent que ces mêmes tares, ces mêmes manques, sont tout aussi valables pour le grand Nord. En tout cas, le COVID-19 en fait la preuve sur un domaine sensible comme la santé où, tous, nous sommes dépassés. Personne ne peut se prévaloir de pouvoir à lui seul faire face. Les grands pays hier encore vers qui les petits se tournaient pour des choses qu’eux-mêmes pouvaient faire, appellent à la rescousse. La grande France se réfère à la République populaire de Chine pour pouvoir se doter en gaz de respiration. Et oh sublime surprise, Moscou vient en soutien à New York, mettant sous boisseau ce débat, inutile et puéril, sur une question de géodomination, la course à l’armement. Cuba de Fidel Castro vient en sauveur de grandes nations qui, hier, ne pouvaient certainement pas penser avoir besoin des services d’un Etat communiste qui ne sait faire qu’envoyer des corps expéditionnaires dans les zones conflictuelles. Zut de l’Afrique ! Ses principaux soutiens quémandent là où elle avait pignon sur rue. Toute blague mise à part, cette maladie va mettre les compteurs à zéro dans bien de secteurs névralgiques de la vie individuellement pris, et à l’entité des nations. Les peuples, les gouvernements qui sauront lire entre les lignes et qui poseront un diagnostic sans complaisance, sont ceux qui, demain, pourront déjà tisser les bases de leur souveraineté. Nous parlons de demain parce que dans l’histoire de l’humanité, aucun virus n’a pu s’imposer au point de réduire les Hommes à ce niveau. Nous viendrons à bout de ce terrible virus, qui ne sera qu’un triste et lointain souvenir. Mais, il faudra nous préparer à repartir sur des bases propres à nous, revoir nos priorités, cesser nos jérémiades. Nous devons être conscients, si nous ne le sommes déjà. Personne n’est à l’abri de tout cataclysme. C’est déjà bien de songer à l’après COVID-19. Et surtout intégrer qu’en dehors de la gloriole, nous sommes tous logés à la même enseigne, même si chacun va à son rythme. C’est bien un ecclésiaste, Mgr Isidore de Souza du Bénin, qui disait qu’il n’a jamais compris la dénomination « pays sous-développés ». Tous les pays sont en quête de développement. La preuve.

Jean Philippe TOUGOUMA

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