Yéli Monique Kam, candidate à la présidentielle : « Je donne la chance au peuple de voter une femme… »

Yéli Monique Kam : « Les temps ont changé, une femme peut être présidente au Burkina Faso ».

Yéli Monique Kam est la seule femme candidate à l’élection présidentielle du 22 novembre 2020. Présidente du Mouvement pour la renaissance du Burkina (MRB), « la Yennenga de l’éducation » dit avoir toutes les chances de conquérir le palais de Kosyam.

Sidwaya (S) : La campagne électorale a commencé depuis le 31 octobre 2020. Qu’est-ce que vous faites pour convaincre les électeurs ?

Yéli Kam (Y.K.) : Nous menons une campagne de proximité. Nous rencontrons les électeurs sur leur lieu de travail, dans leur famille, association, groupement, … et leur expliquons notre projet de société.

S : Dans votre projet de société, vous mettez l’accent sur l’éducation, au point qu’on vous a surnommée la « Yennenga de l’éducation ». Que comptez-vous faire pour révolutionner par exemple l’université considérée comme une fabrique de chômeurs ?

Y.K. : Nous allons révolutionner notre système éducatif dans son ensemble, de la maison à l’université. C’est une urgence nationale. Cette révolution se mettra en marche dès les 6 premiers mois de notre prise de fonction. La refonte du système éducatif aboutira au remplacement des programmes actuels par de nouveaux programmes d’enseignement technique, et professionnel.

Nous allons suspendre certaines filières et matières à l’université (droit, philosophie, …). Après cela, nous allons lancer une campagne de formation technique et professionnelle. Nous mettrons en place le projet « une université par région » avec 75% de filières professionnalisantes dotées de centres de Recherche, innovation et développement (RID) axés sur les potentialités agro-sylvo-pastorales de la région. Cette université va assurer le pôle RID de l’usine de chaîne de valeur de la région.

Nous allons réaliser notre plan d’industrialisation d’une usine par région pour créer 200 000 emplois par an et 1 000 000 d’emplois pendant notre 1er mandat dont 50 000 dans le secteur éducatif, 550 000 dans l’agriculture et l’agroindustrie et 100 000 filières industrielles (usine de fabrication de cycles et motocyclettes). Nous allons générer 40 000 emplois dans les chantiers social, culturel et de la solidarité nationale, 100 000 dans les secteurs de la santé, de la défense et de la sécurité et 160 000 dans les domaines du tourisme et des loisirs, de l’économie sociale et artisanale.

S : La lutte contre le terrorisme constitue l’une des difficultés majeures actuelles du pays. Quelles réponses proposez-vous ?

Y.K : Nous voulons la paix au plus tôt au Burkina Faso et c’est l’aspiration de tout le peuple. Nous voulons savoir qui nous attaque et pourquoi nous sommes attaqués. Nous gardons à l’esprit nos valeurs républicaines et l’intégrité de notre territoire. Pendant cinq ans, le pays a eu le temps de croiser le fer. Nous voulons maintenant aller à la table des négociations pour mettre fin au terrorisme.

S : Les populations sont plus ou moins habituées aux promesses électorales qui, finalement, peinent à se réaliser une fois le candidat élu. Quelle assurance leur donnez-vous qu’il n’en sera pas ainsi avec vous ?

Y.K.: Nos populations sont certes, habituées aux promesses électorales vides des candidats devenus chefs de l’Etat de notre pays depuis son indépendance. Cependant, le Burkina Faso n’a pas encore eu la chance d’avoir à sa tête une femme. Cette année, je donne la chance au peuple de voter une femme comme chef de l’Etat et le Burkina Faso prendra enfin la voie du développement où chaque Burkinabè mangera à sa faim, boira à sa soif, se soignera quand il est malade et nos enfants accèderont à une école citoyenne.

À cet effet, la chambre des sages que nous allons créer sera là pour enregistrer nos promesses, grâce à notre projet de société et pourra demander par voie référendaire notre destitution en cas de manquement à nos promesses.
Nous voulons que le prochain président du Faso dirige avec obligation de résultats. Et le contrôle de l’action du chef de l’Etat fait partie des prérogatives de cette chambre.

S : Sur appel d’une coalition d’OSC, vous vous êtes engagée publiquement aux côtés de huit autres candidats à intégrer la lutte contre les inégalités dans votre projet de société. Qu’en est-il exactement ?

Y.K. : Je me suis engagée aux côtés des OSC parce que leur combat pour un mieux-être est le motif de mon engagement politique. Je viens du bas peuple. Je connais les réalités de la majorité de la population qui manque de presque tous les biens et services essentiels. Par cette signature, cette coalition d’OSC a mobilisé l’opinion pour exiger un mieux-être pour les populations longtemps maintenues dans une pauvreté structurelle.

Moi, présidente du Faso, je propose un contrat social fondé sur l’éducation qui est le seul moyen de rompre la transmission générationnelle de la pauvreté. Je mets
en œuvre mon plan d’industrialisation pour créer la richesse pour mes contemporains. Les valeurs ajoutées tirées des transformations industrielles me permettront d’offrir une éducation technique professionnalisante pour préparer une génération future de Burkinabè aptes à hisser notre pays au rang des pays émergents dans 20 ans.

S : En cas de second tour, quel candidat allez-vous soutenir si vous n’y êtes pas ?

Y.K. : Les temps ont changé, une femme
peut gagner l’élection présidentielle au Burkina Faso. Je gagnerai à coup sur cette élection. Au second tour, je bénéficierai du report de voix du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) et des autres partis.

Je mettrai en place un gouvernement d’ouverture avec tous les acteurs politiques mobilisés autour de mon programme éducatif pour hisser le Burkina Faso au rang des pays émergents dans seulement 20 ans. C’est une compétition, j’ai le meilleur profil, le meilleur programme et le suffrage du peuple confirmera.

Interview réalisée par Nadège YAMEOGO

 

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