La vérité du terrain !

En attendant les résultats officiels des élections présidentielle et législatives du 22 novembre dernier, chaque parti, formation politique et candidat est désormais situé sur son sort. En effet, les résultats proclamés par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) suffisent à la quasi-totalité des acteurs politiques burkinabè pour se mirer dans la glace et évaluer leur capacité de mobilisation sur le terrain. Ainsi, pendant que certains ruminent leur défaite, d’autres digèrent leur réélection et d’autres encore savourent leur entrée fracassante à l’Assemblée nationale.

Des partis politiques ont beau crier à l’achat de conscience, à la corruption électorale, à la monétarisation des voix ou même à la fraude, il est une évidence que la politique, c’est la maîtrise du terrain. Contrôlant du bout des doigts les confins des provinces, à même de sonner le rassemblement des populations, juste par un coup de fil, les « vrais hommes politiques » n’ont pas eu de mal à se faire élire. Au soir du 22 novembre, des candidats des plus insoupçonnés ont donc mis en déroute ceux de partis dits grands comme le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) et l’Union pour le progrès et le changement (UPC).

« Ce n’est pas la veille de la chasse qu’on dresse son chien », dit-on en langue nationale san et plusieurs candidats l’auront appris à leurs dépens. Flattés par une pseudo-popularité sur les réseaux sociaux, ils se sont lancés dans la course, convaincus que leur heure est venue de présider aux destinées du Burkina Faso ou encore de siéger à l’Assemblée nationale en tant qu’élu du peuple. La vérité des urnes étant la résultante de la capacité de chacun à s’attirer la sympathie de ses concitoyens, ils se sont rendu compte de l’évidence et de la dure réalité du terrain politique, incapables de mobiliser une centaine de personnes pour assister à leur meeting et par conséquent, les voter.

Au-delà de ce manque de popularité, des candidats sont allés à ces élections sans projet de société et donc, sans rien proposer de concret aux Burkinabè pour améliorer les conditions de vie et leur quotidien marqué par l’insécurité depuis maintenant cinq ans. Cela aurait pourtant pu être un élément fondamental susceptible de peser dans la balance. Au lieu de cela, ce sont des propositions irréalistes qui frisent parfois le ridicule qui ont été servies, juste pour agrémenter la campagne électorale. En tous les cas, l’expérience vaut mieux que la science. Chacun a au moins appris une leçon de ces 21 jours de campagne ; quitte à revenir ou pas pour les prochaines élections.

Jean-Marie TOE

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