Déclaration de politique générale ; des députés entre satisfaction et scepticisme

Après l’exposé du Premier ministre sur la feuille de route du gouvernement pour le second mandat du Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, des députés ont fait des critiques ou des suggestions.

Yahya Zoungrana du CDP : « Nous sommes dubitatifs »
« Nous avons écouté, posé des questions et reçu des réponses. Mais lesquelles réponses ? Nous avons insisté sur la réconciliation nationale. Il nous faut des éclairages sur ce sujet qui doit être avant tout l’affaire de l’exécutif. Ce que nous avons entendu, à la suite des réponses du chef du gouvernement en lien avec le retour de certains exilés dans le cadre de la réconciliation, nous laisse dubitatifs. La fracture sociale est grande et multiforme et si on n’y prend garde, on passera à côté de la réconciliation tant espérée. Il y a des crises dans tous les secteurs (économique, social…) et nous espérons que l’exécutif saura réconcilier tous les Burkinabè ».

Mahamoudou Célestin Zoungrana du NTD : « Discours clair
et limpide »
« Le discours était clair et limpide. Il prend en compte les aspirations profondes des populations. Tous les axes ont été pris en compte et cette politique générale est ce qui correspond le mieux aux Burkinabè. La sécurité a été abordée, ainsi que la santé, la défense du territoire, etc. Donc, nous pensons que pour ce discours, il n’y a rien à redire et nous sommes convaincus qu’il cadre bien avec les attentes du peuple burkinabè ».

Ahmed Aziz Diallo du PDS/Metba : « Une lueur d’espoir »
« Le Premier ministre a présenté l’ossature de la prochaine gouvernance. C’est une feuille de route qui touche plusieurs secteurs de la vie. Pour les populations, cette présentation donne à espérer. Mais nous avons émis des inquiétudes par rapport à la prise en compte des collectivités territoriales, notamment les communes dans la gouvernance actuelle. Il faut que les dirigeants facilitent la gestion des communes. Nous avons des endroits où les conflits entre éleveurs et agriculteurs sont légion du simple fait qu’il n’y a pas de couloirs de transhumance ou d’espaces réservés au pâturage. Il faut trouver des réponses à ces problèmes que vivent les populations rurales ».

Gilbert Noël Ouédraogo de l’ADF/RDA : « Réviser le Code des collectivités ».
« Plusieurs questions ont été abordées dans la Déclaration de politique générale. Nous avons été captés par les questions de sécurité, de santé, de défense et de réconciliation. Le chef du gouvernement a su faire sa présentation et nous ne pouvons qu’espérer un bon aboutissement. Aussi, il est prévu la réalisation d’un certain nombre d’infrastructures au profit des populations. Il y a également le projet du nouveau code général des collectivités. Ce processus doit prendre en compte l’ensemble des acteurs impliqués. Et il faut une bonne concertation afin de mener à bien cette opération. C’est à travers le dialogue politique que cette question pourra être bien mûrie. Mais, il est clair qu’on est tous d’accord sur le fait qu’il faut réviser le Code des collectivités territoriales, afin qu’il réponde véritablement aux besoins actuelles des populations ».

Issouf Nikiema de l’UPC : « Attendons de voir »
« Le Premier ministre a fait une bonne présentation, il a mis le doigt sur les différents secteurs de développement et esquissé des solutions pour plus de résultats. Nous attendons de voir le gouvernement à l’œuvre. Notre rôle est de porter la voix des populations et de contrôler l’action du gouvernement. Sur papier, nous sommes satisfaits, reste à voir si dans la pratique les choses vont se dérouler comme telles ».

Eddie Komboïgo du CDP : « Une pure littérature »
« Pendant des minutes, nous avons écouté le chef du gouvernement. Il a lu beaucoup de pages qu’il estime être des propositions pour une bonne gouvernance. C’est son droit. Quant à moi, je dirais que c’est une pure littérature qui nous a été servie. Nous attendons le bon moment pour nous prononcer mais pour l’heure, nous n’avons pas grand chose à dire ».

Elisée Antoine Zong-naba du MPP : « c’est une politique en phase avec nos réalités »
« Nous avons suivi avec beaucoup d’intérêt la déclaration de politique générale du Premier ministre, Christophe Marie Joseph Dabiré. C’est une politique en phase avec nos réalités actuelles et qui soutient clairement la vision du président du Faso. De grands chantiers visant à consolider notre vivre-ensemble et à impulser une véritable marche vers le développement de notre pays sont envisagés. En tant qu’acteur du pouvoir législatif, nous pouvons lui rassurer notre soutien indéfectible à accompagner les projets du gouvernement dans le strict respect des intérêts de la nation. Au gouvernement, je souhaite un plein accomplissement des chantiers annoncés pour le bonheur de notre peuple ».

Propos recueillis par
Wanlé Gérard COULIBALY
et Soumaïla BONKOUNGOU

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