Financement extérieur des entreprises culturelles : des acteurs veulent réduire la dépendance

Un atelier de réflexion en ligne sur la gestion d’entreprises culturelles s’est tenu, du 19 au 23 avril 2021 à Ouagadougou, au profit d’une dizaine d’organisations culturelles.

Les opérateurs culturels burkinabè, en dépit des efforts consentis, sont encore très dépendants des partenaires techniques et financiers avec en toile de fond une non-maîtrise des canaux de financement. Pour changer la donne, des membres de structures culturelles burkinabè (Institut Imagine, Carrefour international du théâtre de Ouagadougou – CITO, Fédération du Cartel, Association Falinga, Espace culturel Gambidi, Génération Films, Cinéma numérique ambulant, Centre de Danse chorégraphique-La Termitière, Plateforme culturelle du Burkina Faso) ont bénéficié, du 19 au 23 avril 2021 à Ouagadougou, d’un atelier de réflexion et de formation en ligne sur la gestion d’entreprises culturelles. La cérémonie de clôture a eu lieu, le vendredi 23 avril 2021 au sein de l’Institut Imagine. La formation a été assurée par plusieurs formateurs dont Alkya Sy et Luc Mayitoukou. A entendre Alkya Sy, l’objectif était d’améliorer les stratégies de gestion des entreprises culturelles des opérateurs culturels afin de permettre la diversification des sources de financement et la gestion durable de leurs infrastructures culturelles. « Ces cinq journées ont permis de renforcer les connaissances des participants sur les pratiques de financement des associations culturelles fonctionnant ou devant fonctionner selon la logique d’entreprise », a précisé Mme Sy.

Les participants se sont également, a-t-elle poursuivi, familiarisés avec les outils de recherche de financement et de promotion d’entreprises culturelles (crowfunding, marketing social, gestion d’infrastructures culturelles, gestion d’activités génératrices de revenus-AGR, mécénat, etc.). « A terme, il s’est agi de parfaire la qualité des initiatives des projets d’AGR des opérateurs culturels partenaires tout en mettant en place un mécanisme de collaboration, de suivi et de communication entre les organisations culturelles participant à l’atelier », a-t-elle affirmé. Plusieurs modules ont été dispensés aux participants par visio-conférence. Selon le formateur, Luc Mayitoukou, il a été question d’outiller les entrepreneurs culturels sur trois niveaux de structuration (entreprise, économie, marketing et communication). En ce qui concerne la recherche de financement et les AGR, de nouveaux procédés et techniques, a-t-il souligné, ont été présentés aux participants afin de leur permettre de diversifier leurs sources de revenus.

Des obstacles structurels

Car, cela est indispensable, a soutenu M. Mayitoukou, pour bâtir des entreprises culturelles viables. « Il ne s’agit pas de rompre totalement avec les PTF ou les bailleurs de fonds, mais d’être capable de générer des revenus et s’auto-financer », a-t-il indiqué. Pour le chargé de coopération au Bureau de coopération suisse au Burkina Faso, Jean Pierre Salambéré, cette rencontre de réflexion se veut également un plaidoyer au niveau national en vue d’atténuer cette « forte dépendance » des partenaires extérieurs. Malheureusement, il n’existe pas sur le plan national, a-t-il déploré, de mécanismes de suivi privés ou publics. A son avis, le gouvernement burkinabè et le ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme, en particulier, doit œuvrer à éviter aux entreprises culturelles locales « des difficultés à la moindre secousse ».

« En raison de ces obstacles structurels, nos organisations culturelles ressemblent, depuis plusieurs années, à des géants au pied d’argile », a-t-il illustré. L’initiative de la formation a été saluée par l’ensemble des participants. Selon le directeur de l’espace culturel Gambidi, Kira Claude Guingané, le problème de financement constitue le principal enjeu des activités culturelles au Burkina Faso. « Le manque de ressources financières peut entraver nos projections dans l’avenir. Cette formation est donc venue à point nommé. Car, elle nous a donné des ficelles et des outils pour développer de nouvelles activités en vue de diversifier nos ressources », a témoigné M. Guingané. L’administratrice adjointe du Carrefour international du théâtre de Ouagadougou (CITO) a confié, pour sa part, avoir beaucoup appris en matière de recherche de financement et de mise en œuvre d’Activités génératrices de revenu (AGR).

Cette formation va donc permettre, à l’entendre, d’améliorer la capacité de gestion financière et de création de richesses des structures bénéficiaires de la formation. Quant au co-coordonnateur administratif de la Fédération du Cartel, Gaston Eugène Hounhouenou, il a affirmé que les connaissances acquises, lors de l’atelier de réflexion, aideront sa structure d’origine à affronter, désormais « avec sérénité », les questions d’auto-financement. « Grâce à cette formation, les techniques de recherche de financement et de création d’AGR n’auront plus de secret pour la Fédération du Cartel », a-t-il assuré.

W. Aubin NANA
nanaubin@yahoo.fr

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