Lutte contre le terrorisme: « Le peuple aura son mot à dire », Fatimata Ouilma Sinaré, présidente du REPSFECO

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Dans cet entretien, suite au massacre de Solhan, le président du Réseau paix et sécurité pour les femmes de l’espace CEDEAO (REPSFECO), Fatimata Ouilma Sinaré, appelle les Burkinabè au recueillement dans la dignité, à la synergie d’actions pour venir à bout de l’hydre terroriste.

Sidwaya (S): Suite au drame de Solhan, vous êtes porteur d’un message, de quoi s’agit-il ?

Fatimata Ouilma Sinaré (F.O.S) : Nous lançons à travers les réseaux sociaux et les médias une initiative en accompagnement au deuil national décrété par le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, suite au drame de Solhan perpétré dans la nuit du 04 au 05 juin 2021. Nous demandons à l’ensemble de la population d’adhérer à cette initiative qu’est de s’habiller pendant la journée du lundi 7 juin 2021 en couleur blanche pour apporter notre solidarité à l’endroit de la famille des victimes, pour accompagner l’élan de l’appel au deuil national lancé par les autorités  et enfin pour mobiliser et motiver davantage l’ensemble de la population à demeurer unie dans l’élan de la recherche de cette cohésion sociale et d’une paix durable. Pour accompagner ce deuil, nous sommes en train de communiquer avec les autorités, celles religieuse et traditionnelles de notre pays pour que par exemple vendredi prochain tous les musulmans soient en blanc à la mosquée et tous les sermons dans toutes les mosquées du Burkina Faso soient orientés vers ce drame national, pour continuer à encourager la population. Pourquoi pas organiser une journée nationale les semaines à venir. On peut organiser une journée de jeûne pour implorer Dieu.

S : En tant que femme que comptez-vous faire pour que le Burkina Faso retrouve sa paix d’antan ?

F.O.S : En tant que femme du réseau REPSFECO, nous allons travailler en synergie d’actions. Notre vision est un espace CEDEAO paisible, stable et sécurisé par une participation inclusive et un développement durable. Nous avons pour mission de promouvoir un leadership féminin engagé pour une Afrique de l’Ouest paisible, stable et sécurisée. Nous intervenons sur trois axes notamment le plaidoyer et la promotion des résolutions, la communication et la mobilisation des ressources, le renforcement de capacités, la recherche et la coordination du groupe de travail.

S : Pensez-vous que vos activités pourront aider à réduire le terrorisme ?

F.O.S : Je crois aux valeurs de mon pays. Le Burkina Faso est un pays d’hommes intègres. Nous avons une dignité. Nous avons juste besoin de la revaloriser. Quand on va finir de revaloriser nos valeurs, nous pourrons récupérer nos frères et sœurs devenus des terroristes. Ensuite nous travaillerons en étroite collaboration avec le gouvernement, avec les autres organisations du pays, les hommes de médias. Nous pensons qu’à travers ces actions nous pourrons réduire le terrorisme.

S : Concrètement qu’est-ce que votre réseau propose au gouvernement pour lutter contre le terrorisme ?

F.O.S : Il faut noter déjà qu’au Burkina Faso, il y a un ministre de la cohésion sociale qui travaille avec les organisations de la société civile, y compris les organisations féminines. Dans cet élan, des propositions ont été faites et vous aurez l’occasion de le constater sur le terrain très prochainement.

S : Au stade où on est, pensez-vous que le gouvernement doit négocier pour mettre fin à cette pratique ?

F.O.S : C’est ensemble que nous allons prendre cette décision finale. Je vous rassure que des enquêtes sont en cours et ensemble s’il y a des décisions à prendre, le peuple aura son mot à dire.

S : S’habiller en blanc toute la journée ne consiste-t-il pas à faire l’apologie du terrorisme ?

F.O.S : On ne peut pas nier le fait que nous sommes en deuil. Mais nous n’allons pas verser des larmes, nous allons manifester notre tristesse d’une autre manière. Le port du blanc nous permettra de nous ressourcer, de faire notre deuil et de ce recueillement, des solutions idoines ressortiront et ensemble nous vaincrons ce fléau.

Interview réalisée par

Sidwaya Ida Ouédraogo

(Stagiaire)

 

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