Le chainon manquant du chantier Choguel Maïga

Le nouveau gouvernement de la Transition malienne s’est réuni en sa première séance de travail, le dimanche 13 juin 2021. Au cours de cette réunion, le Premier ministre, Choguel Maïga, a décliné les grandes priorités du gouvernement à huit mois de la fin de la Transition. Il a même annoncé les couleurs en parlant d’une gouvernance de rupture.
« L’action gouvernementale portera sur la fin de l’impunité dans notre pays et la mise en pratique d’une gouvernance de rupture, qui sont aujourd’hui des conditions de survie de l’État », a-t-il déclaré.

Dans le vaste chantier des actions, figurent l’organisation d’assises nationales de la refondation, des réformes institutionnelles, la révision de la Charte des partis politiques et de la loi électorale, la révision de la Constitution par référendum et de l’Accord de paix d’Alger de 2015. A cela, il faut ajouter l’organisation des élections présidentielle et législatives. Le chef du gouvernement a également promis des poursuites judiciaires contre les responsables de la répression des manifestations de juillet 2020. Un chantier ambitieux qu’il faudra réaliser en huit mois.

A moins d’une omission, la sécurité n’a pas été mentionnée comme priorité au menu de l’action gouvernementale. L’on s’attendait à ce que le Premier ministre s’épanche sur les différentes solutions envisagées pour relever le défi sécuritaire au Mali. Il est connu de tous que si le pays de Modibo Keïta se trouve aujourd’hui dans cette instabilité institutionnelle, cela est en grande partie imputable à la dégradation de la situation sécuritaire dans les parties Nord et Centre du pays. Aux successives agressions des mouvements rebelles du Nord, s’est greffée la présence nocive des groupes terroristes et autres trafiquants de tous bords. L’absence de l’Etat dans ces régions du pays a laissé la place à l’expression de toutes sortes d’appétits prédateurs. C’est dans cette situation de quasi chaos que le Mali s’est retrouvé dans une instabilité chronique depuis 2012.

Les autorités maliennes actuelles savent mieux que quiconque que ce n’est pas la tenue d’élections qui viendra résoudre à coup de bâton magique l’impasse institutionnelle dans laquelle vit le pays. C’est à l’aune des solutions qui seront formulées pour résoudre les problèmes d’insécurité que le pays pourra véritablement se remettre sur les rails et se tourner résolument vers les défis du développement. Autant il est essentiel de sauvegarder les institutions étatiques, autant il est primordial de reconquérir l’intégrité physique du territoire et la quiétude des populations.

Tant que certains Maliens auront le sentiment d’être des otages de groupes terroristes dans leur propre pays, l’on aura beau organiser des scrutins pour contenter la classe politique et les partenaires, le problème demeura.
A moins que les autorités aient opté pour une stratégie de la discrétion afin de mieux faire face à l’insécurité en toute efficacité. La Transition actuelle a une grande responsabilité de marquer l’histoire contemporaine du Mali. Et la meilleure façon de s’inscrire dans la mémoire collective, c’est donner l’exemple face au péril sécuritaire qui guette même la survie de l’Etat.

Karim BADOLO

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