Secteur énergétique au Burkina Faso : impliquer le privé dans le développement de l’offre

Le ministre en charge de l’énergie, Dr Bachir Ismaël Ouédraogo : « Le Burkina Faso s’est résolument tourné vers le développement de l’énergie solaire ».

Le ministre de l’Energie, des Mines et des Carrières, Dr Bachir Ismaël Ouédraogo, a ouvert un atelier d’échanges avec le secteur privé national sur la vision du département, les réformes et les opportunités d’affaires du secteur de l’énergie au Burkina Faso, le mardi 29 juin 2021, à Ouagadougou.

Le Burkina Faso possède un énorme potentiel énergétique notamment l’énergie solaire. Pour réveiller ou transformer ce potentiel en un élément réel, le ministère de l’Energie, des Mines et des Carrières a trouvé nécessaire de convier les acteurs privés du domaine, le mardi 29 juin 2021, à Ouagadougou. A l’ouverture du conclave qui a regroupé plusieurs entreprises privées œuvrant dans le secteur de l’énergie, le ministre Bachir Ismaël Ouédraogo s’est dit d’emblée satisfait de leur mobilisation.

Puis, il a traduit la vision du Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, qui veut que l’énergie soit accessible à toutes les couches sans distinction aucune au Burkina Faso. En substance, il a estimé que le secteur de l’énergie est comme un « réseau dormant », un véritable potentiel que seul son département ne peut exploiter. C’est pourquoi, le ministre en charge de l’énergie, à ses dires, a exprimé toute la nécessité d’échanger avec les acteurs sur sa vision, les réformes et les opportunités d’affaires qui s’offrent.

Le ministre Ouédraogo a rappelé aux représentants du secteur privé et des banques, la crise régionale qui a durement frappé le secteur de l’énergie au Ghana, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Nigéria, etc. et qui s’est répandue comme une traînée de poudre sur le Burkina Faso. Face à une telle situation, le ministre en charge de l’énergie s’est approprié la sagesse qui dit que : « Lorsque l’on dort sur la natte de quelqu’un, l’on dort à terre ». Mais, aux intervenants de l’univers de l’énergie au « pays des Hommes intègres », il a adressé un message de profiter de cette réunion pour donner de sages conseils au département en charge de l’énergie et d’entreprendre des actions futures bien entendu en exploitant l’existant.

«…tirer le meilleur profit du boom solaire… »

Dr Bachir Ismaël Ouédraogo a brandi, dans ce sens, la loi 014 qui libéralise désormais le secteur de l’énergie au Burkina Faso, le meilleur ensoleillement dont dispose le pays par rapport à la sous-région, sa place de premier pays en Afrique de l’Ouest dans l’assemblage des panneaux solaires, sa réussite de l’expérimentation des poteaux en bétons, etc. « Le Burkina Faso est le champion de l’énergie solaire en Afrique de l’Ouest et nous n’avons pas moins de 500 MW d’investissements solaires.

Nous donnons la vision, les mécanismes et facilitons les choses, mais c’est le secteur privé qui est dans la réalisation. Il était de bon ton de se réunir pour voir comment ce secteur va tirer le meilleur profit de ce boom solaire au Burkina Faso », a-t-il indiqué. Pour convaincre ses interlocuteurs du jour à faire des efforts pour le plein développement de ce secteur, il a évoqué deux chiffres « importants » à savoir « 12 154 kwh et 76 kwh ». Il a expliqué que le premier chiffre traduit la consommation moyenne annuelle par habitant aux Etats-Unis et le deuxième chiffre traduit celle du Burkina Faso.

Toute chose, selon lui, qui montre que le « pays des Hommes intègres » est à la croisée des chemins, mais peut tout de même se réjouir légèrement des taux de 18% et 45% respectivement d’accès à l’énergie en 2015 et 2020. Le secrétaire général du ministère en charge de l’énergie, Dr Souleymane Konaté, a foi que de ce conclave vont se dégager des idées claires pour un secteur énergétique burkinabè épanoui. « Merci à vous acteurs et partenaires privilégiés du secteur de l’énergie au Burkina Faso d’avoir répondu présents à cet atelier qui se veut un cadre d’échanges entre vous et notre département », a-t-il lancé aux participants.

Le représentant de l’association des professionnels des banques, Stéphane Tapsoba a, pour sa part, traduit sa satisfaction de voir impliquer le secteur bancaire dans les échanges. Il s’est dit conscient du rôle des banques dans la promotion énergétique au Burkina Faso et a exprimé l’engagement de l’association à aller dans la dynamique à travers les financements. Quant au représentant du secteur privé national, Mathias Zoubga, il a fait comprendre que le service public sur le plan énergétique ne saurait être l’apanage des pouvoirs publics de façon exclusive.

En effet, il a souhaité la pérennisation de ce cadre de concertation entre tous les acteurs. Le Burkina Faso devrait donc se préparer à en découdre avec les erreurs du passé en vue d’utiliser à bon escient les investissements à venir qui seront capitalisés sur le plan local. Des mécanismes devraient être également mis en place pour accompagner les industries de l’énergie au Burkina Faso dans l’optique d’avoir l’expertise locale.

Boukary BONKOUNGOU

 

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