Société civile : Pascal Zaïda en garde à vue pour « incitation à une rébellion »

Le coordonnateur national du CED, Pascal Zaïda, devra s’expliquer devant la justice pour les propos tenus.

Le coordonnateur national du Cadre d’expression démocratique (CED), Pascal Zaïda, a été interpellé, le vendredi 13 août 2021, à son domicile à Ouagadougou. Accusé de « tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat », « incitation à une rébellion » et « déclarations subversives », il a été entendu et placé en garde à vue.

«Alerte : une équipe de Brigade anti criminalité (BAC) chez moi actuellement. Pourquoi ? ». C’est en ces termes, que le coordonnateur national du Cadre d’expression démocratique (CED), Pascal Zaïda, alertait l’opinion sur son sort, à travers les réseaux sociaux, le vendredi 13 août 2021 à Ouagadougou. Il a été par la suite, arrêté et conduit au Service régional de police judiciaire (SRPJ) de Wemtenga. Après son audition, il a été placé en garde à vue, selon nos informations. Des sources proches du dossier indiquent que le coordonnateur du CED accusé de tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat, incitation à une rébellion et de déclaration subversive.

Cette arrestation est consécutive à une conférence de presse que Pascal Zaïda a animée, la veille 12 août, sur la situation sécuritaire nationale. A l’occasion, il avait vivement critiqué la gouvernance du pouvoir en place. « Les Burkinabè sont lassés par la fourberie du gouvernement MPP et de ses alliés dont la spécialité depuis six ans est la gabegie, le pillage, les détournements, le mensonge, l’arrogance et l’insouciance », avait-il laissé entendre. Il a poursuivi que les conditions « objectives » pour des « bouillonnements sociaux » sont réunies. « Si rien n’est fait, il y aura un soulèvement contre le pouvoir », avait-il lâché.

Pour Marcel Tankoano, porte-parole de la Coordination des OSC pour la patrie (COP), dont Pascal Zaïda est membre fondateur, il s’agit « d’une arrestation arbitraire, une atteinte à la liberté d’expression ». Demandant sa libération
« immédiate », celui-ci a précisé que, depuis 2015, la Constitution burkinabè donne la liberté à tous les Burkinabè de pouvoir s’exprimer librement. Le ministre de la Sécurité, Maxime Koné, a réagi à cette arrestation. « Il (Pascal Zaïda) devra donner des explications à la Justice. Tout Burkinabé est libre de donner son opinion, mais que chacun doit pouvoir être tenu responsable de ses propos et donner ses sources », a-t-il mentionné.

La Rédaction

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