Conférence des chefs de circonscriptions administratives : La nécessité de restaurer l’autorité de l’Etat

Les chefs de circonscriptions administratives ont été invités à fédérer les forces vives autour des projets de développement.

La IIIe conférence annuelle des Chefs de circonscriptions administratives (CCA) s’est tenue, le vendredi 3 septembre 2021.

La IIIe Conférence annuelle des chefs de circonscriptions administratives (CCA) a réuni les gouverneurs, les hauts-commissaires et les préfets. Tenue le 3 septembre 2021, à Ouagadougou, sous l’égide du ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, les échanges ont porté sur le thème : « Mise en œuvre du programme présidentiel et du référentiel national de développement : rôle des CCA ». Selon le ministre en charge de l’administration territoriale, Clément Sawadogo, cette conférence se tient dans un contexte national fortement agité.

Car, outre la question sécuritaire préoccupante et son corollaire de nombreuses personnes déplacées, la poursuite de la lutte contre la COVID-19, des manifestations criantes de l’incivisme se font encore jour. Pour lui, toutes ces situations éprouvent au plus haut point les CCA souvent en première ligne de leur gestion. « Sur la question sécuritaire, elle a mis en exergue la faiblesse du maillage administratif et sécuritaire qui complique les opérations sur le terrain, y compris la gestion humanitaire. Non seulement le maillage est insuffisant, mais en plus, certaines de nos structures ont été désertées en raison de l’insécurité générée par les attaques terroristes », a regretté le ministre.

Le défi, a-t-il dit, est double parce que « non seulement, nous devons reprendre toutes nos positions en créant bien sûr les conditions propices, mais aussi nous devons renforcer le

Le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré a rappelé que la mise en œuvre réussie du référentiel de développement passe aussi par la restauration de l’autorité de l’Etat.

tissu administratif par un meilleur découpage qui rapproche davantage l’administration des populations, d’où l’intérêt de ces chantiers multiples sur lesquels travaille le gouvernement». D’où également l’impérieuse nécessité du redécoupage territorial, un dossier- phare de notre département en cours de traitement, a affirmé le ministre. « A l’occasion de la lutte contre les actions terroristes, nous nous sommes rendu compte qu’il y a des pans entiers de notre territoire qui ne sont pas bien maillés ni par l’administration ni par les services de sécurité de l’Etat.

C’est un chantier qui est engagé et une commission technique est en train de réfléchir et déposera bientôt ses conclusions qui vont permettre de lancer des concertations au niveau des régions pour permettre au gouvernement d’en faire la synthèse pour tirer un dossier final qui sera soumis à la Représentation nationale. Le dossier ne sera certainement pas prêt pour les élections municipales de 2022», a justifié Clément Sawadogo.

Assumer la toute responsabilité

Si la lutte contre le terrorisme a été imposée par des hommes incultes, il a reconnu que d’autres fléaux minent notre société et compliquent le travail de l’Etat et des CCA en particulier. « Deux faits majeurs survenus ces derniers temps illustrent cette triste réalité, la tuerie ignoble des trois agents du CCVA à Banlo et la mort de huit personnes à Sabcé dans les décombres de la mine de Bissagold », a-t-il dit, déploré. Il a expliqué qu’à toutes ces situations, il convient d’ajouter l’effet néfaste des réseaux sociaux, exploités de façon diabolique par les auteurs de fausses nouvelles et de rumeurs insipides et fallacieuses, qui

Le ministre en charge de l’administration territoriale, Clément Sawadogo : « nous devons renforcer le tissu administratif par un meilleur découpage qui rapproche davantage l’administration des populations ».

créent de nouveaux défis, entraînant une redéfinition de la nature et des contours de la mission des CCA.

Pour être, à la hauteur de tels défis, il a expliqué qu’il faut des CCA de types nouveaux, proactifs et réactifs, alliant intelligence et méthodes innovantes, y compris la maîtrise des TIC. En effet, outre le défi sécuritaire, celui du développement constitue la préoccupation majeure au regard des multiples attentes de nos concitoyens, a souligné le ministre. A cet effet, étant les dépositaires de l’autorité de l’Etat, les participants ont échangé aussi avec le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, sur les engagements présidentiels et le référentiel national de développement, le rôle des CCA dans la mise en œuvre du programme présidentiel, les conditions de réussite de sa mise en œuvre au niveau régional, provincial et départemental.

« Votre rôle est donc essentiel dans la mise en œuvre réussie du PNDES-II. Vous devez vous l’approprier, l’expliquer, le porter, assurer son suivi-évaluation, veiller à ce que nos concitoyens le connaissent et se l’approprient », a indiqué le chef du gouvernement. Il a signifié que la mise en œuvre réussie de ce référentiel passe aussi par la restauration de l’autorité de l’Etat. C’est pourquoi, il les a invités à assumer en toute responsabilité leurs fonctions à travers leurs attitude, discours, contribution au changement des mentalités et leur leadership en tant que garants de l’application des textes de lois et règlements. Il les a également invités à relever le défi de la mobilisation sociale qui consiste à rassembler et à fédérer les forces vives de leurs circonscriptions administratives autour des projets de développement.

Abdel Aziz NABALOUM

Justine MONNE (stagiaire)

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