Adoption de la Charte de la Transition : des burkinabè se prononcent

A la suite de l’adoption de la Charte et de l’Agenda de la Transition par les forces vives, des citoyens burkinabè ont donné leurs appréciations sur la durée de la Transition et le contenu de la Charte, le lundi 1er mars 2022, à Ouagadougou.

Arouna Sawadogo, étudiant en Histoire et Archéologie : « Le nombre de ministres est assez élevé». « Concernant la durée de la Transition, je pense qu’elle est assez courte. Mais, cela dépendra de l’évolution de la situation. Le plus important est que les autorités actuelles prennent en compte les aspirations de la société, du pays. Nous avons soif de sécurité, car elle est primordiale. Si pour résoudre ce problème, ils doivent aller même au-delà de trois ans, je n’y vois pas d’inconvénient. Economiquement parlant, nous sommes un pays qui a de la peine à se développer. Donc, je trouve que le nombre de ministres (25) est un peu trop élevé. Il fallait tout au plus 20 ministres et fusionner certains ministères. Pour ce qui est du Parlement de la Transition, je pense qu’on pouvait aller au-delà du nombre retenu (71) ».

Souleymane Sidibé, étudiant en Histoire et Archéologie : « Ce sont les résultats qui nous importent » « Je pense que le délai importe peu. Ce sont les résultats qui nous importent. Même s’ils arrivent à résoudre le problème en une journée, cela va nous plaire. Ce sont les résultats que nous attendons. Au niveau des députés, je pense que le nombre n’a pas aussi assez d’importance. Si je prends le cas du régime précédent, nous avions plus de 100 députés et qui viennent juste d’être demis sans remplir pleinement leur fonction. Il y a d’autres qui n’avaient pas leur place à l’Assemblée nationale. C’était juste des représentations physiques sans connaitre réellement les besoins de leurs localités. Même avec 5 députés qui ont l’esprit patriotique, nous pouvons résoudre nos problèmes. Il faut aller dans le but de servir la Nation et non dans le but de se servir. Le citoyen lambda peine à avoir de quoi se nourrir et s’il faut nommer des ministres avec des salaires exorbitants, il faut revoir à ce niveau. Il faut que tous ceux qui prendront part à cette Transition aient l’esprit patriotique afin de sortir le pays de cette crise et non l’enfoncer. Que chacun remplisse pleinement et fidèlement son rôle ».

Ismaila Kiemtoré ,étudiant en Lettres modernes : « J’approuve entièrement le contenu de cette charte » « J’approuve entièrement le contenu de cette Charte. Parce qu’elle est ambitieuse, rigoureuse et prend en compte les préoccupations de toutes les couches de la société. Je pense que cette Charte a été proposée pour aider le président Paul-Henri Damiba à bien mener sa mission de restauration de l’intégrité du territoire du pays comme l’indique le nom de son mouvement. Le nombre de ministres et de députés me semble aussi raisonnable. Ils connaissent sans doute le nombre d’acteurs dont ils ont besoin pour mener à bien leurs missions ».

Issouf Lingani, citoyen : « La durée est assez raisonnable » « Il faut dire que c’est la première fois dans l’histoire. Donc, c’est à saluer pour avoir réduit le nombre de ministres comparé à celui des années antérieures. Cela va réduire les dépenses et permettre au pays d’économiser en quelque sorte, surtout que notre pays a du mal à se développer. La durée est assez raisonnable. Si les trois années leur permettent de lutter contre le terrorisme, ils peuvent y aller. Si au bout de trois ans nous voyons que l’objectif de départ a été atteint, pourquoi ne pas les laisser continuer à gérer les affaires de l’Etat ? »

Richard Silga, artiste-musicien, coordonnateur de Tous unis pour un Burkina apaisé (TOUBA) : « le Burkina Faso est à la croisée des chemins ». « En tant que membre de la société civile, de nombreuses décisions ont été prises sans nous avoir consultés. Mais, si lors des assises nationales, ils ont tenu compte de notre environnement sociologique et culturel, c’est tant mieux. Il faut tenir compte de la réalité du pays en rédigeant la Charte et ne pas juste adopter les décisions, juste pour les adopter. Car, cela nous ramènera à la case de départ. Il faut associer toutes les composantes. Comme tous les autres pays, le Burkina Faso est à la croisée des chemins. Toute décision qui doit être prise doit tenir compte de ses aspects sociologiques et culturels. Je me demande si des hommes de culture ont été impliqués dans l’élaboration de la Charte. Cela est très important pour moi. Le Burkina a survécu depuis la nuit des temps grâce à ses différentes ethnies qui composent la culture. Si dans la Charte, notre souveraineté a été maintenue, je suis tout à fait d’accord. Nous demandons à ces autorités de la Transition de mettre à l’écart toutes ces personnes qui tendent à se remplir les poches et prendre plutôt en compte toutes les composantes de la société ».

Propos recueillis par

Soumaïla BONKOUNGOU &

Miriène OUEDRAOGO

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